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Pour le directeur de la CIA, John Brennan, les attentats prouvent qu’il n’y a pas assez de « surveillance » de la part des gouvernements

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Le directeur de la CIA, John Brennan (Archives/Maison Blanche)


 
Comme le dit The New American, ce serait dommage de laisser perdre une si bonne crise. Le directeur de la CIA, John Brennan, a dénoncé dès lundi dernier, moins de trois jours après les attentats de Paris, les « lamentations » à propos de la surveillance gouvernementale qu’il rend au moins en partie responsables des morts et des blessés. Ces inquiétudes à propos des agences de sécurité des Etats, de l’espionnage tous azimuts, avec les fuites sur certains programmes de surveillance, ont rendu plus difficile l’identification des « sociopathes assassins » de l’Etat islamique.
 
Il visait naturellement des révélations faites par Edward Snowden en 2013, qui ont eu pour conséquence au moins quelques restrictions sur les droits de surveillance des gouvernements et sur l’espionnage informatique généralisé aux Etats-Unis et en Europe.
 

John Brennan, directeur de la CIA, veut plus de « surveillance » de la part des gouvernements

 
Le message est clair : la surveillance universelle n’a d’autre but que de protéger les innocents – comme si la surveillance des innocents pouvait vraiment permettre de repérer les personnes mal intentionnées, « radicalisées ».
 
Le simple volume des données à filtrer rend déjà la tâche extrêmement difficile : elle consiste à créer une botte de foin pour aller chercher des aiguilles au lieu de les acheter à la mercerie. Il n’y a plus de merceries ? Eh oui, c’est un partie du problème : la surveillance réelle des terroristes sur le terrain demande un travail bien plus artisanal.
 
Pour John Brennan, les lois votées pour entraver – si peu – les capacités de surveillance de la NSA en juin font partie des choses qui ont permis le passage à l’acte à Paris. S’exprimant devant le Center for Strategic and International Studies, il a déclaré : « D’après ce que peux prévoir, cette opération n’est pas la seule que l’Etat islamique avait dans les tuyaux. Il ne va pas se contenter de sa violence à l’intérieur des frontières syriennes et irakiennes. » Autrement dit, il est grand temps de laisser les grandes oreilles de l’Etat envahir chaque vie privée !
 

Les attentats pour justifier la surveillance des innocents

 
Les attentats de Paris, perpétrés un 13 novembre, ont demandé une longue préparation d’après les forces de l’ordre. Sans doute a-t-elle démarré avant qu’Obama ne se voie forcé à réduire un peu la boulimie d’espionnage des services de renseignement américains… qui n’avaient donc rien vu.
 
Et en France, presque tous les terroristes qui ont participé aux fusillades étaient fichés S : menace pour la sûreté de l’Etat. Tout comme ceux qui menèrent l’attaque contre Charlie Hebdo, ou l’auteur présumé de l’attaque du Thalys. Si l’ample surveillance que permet encore la loi n’a même pas permis de suivre ceux-là, c’est bien qu’on n’a pas pu, ou pas voulu prendre le problème à l’endroit.
 

Anne Dolhein