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Elon Musk : l’intelligence artificielle (AI) présente beaucoup plus de dangers que la Corée du Nord

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Elon Musk a cofondé OpenAI en 2015 avec Sam Altman.


 
« Si la sécurité de l’intelligence artificielle ne vous inquiète pas, vous avez tort. Elle représente un risque bien plus gros que la Corée du Nord. » C’est par ce tweet délibérément brutal qu’Elon Musk a réitéré, vendredi soir, ses avertissements à propos des dangers de l’AI, plaidant pour une « régulation » de sa mise en œuvre dans la vie de tous les jours : il faut lui mettre la bride, estime le créateur de start-ups futuristes et entreprises de luxe comme Tesla et PayPal.
 
Elon Musk a lui-même fondé une association à but non lucratif consacrée à l’intelligence artificielle, OpenAI, qu’il faisait précisément concourir vendredi soir dans un tournoi de jeux vidéo. Personne n’avait été averti de la participation d’OpenAI au jeu « Dota 2 ». Et contre toute attente, le robot a remporté la victoire dans ce jeu de bataille qui mobilise plusieurs joueurs en ligne qui luttent par équipes – à travers des héros virtuels – pour capturer un drapeau sur le territoire d’une équipe ennemie.
 

La Corée du Nord moins dangereuse que l’AI

 
Musk s’est vanté par tweet d’avoir fait développer le premier robot d’AI capable de vaincre des êtres humains à un tel jeu vidéo : « OpenAI, le premier à avoir vaincu les meilleurs joueurs mondiaux aux eSports compétitifs. Nettement plus complexe que des jeux de plateaux traditionnels tels échecs & Go. »
 
Le robot a été créé par une équipe d’OpenAI dont le cofondateur, Greg Brockman, a expliqué que le joueur virtuel a été entièrement formé en jouant contre lui-même : ne « sachant » rien, celui-ci était mis en compétition avec une copie conforme de lui-même en se confrontant donc à un égal selon les règles du Dota 2 auquel il a joué pendant l’équivalent de « milliers de vies ».
 

Elon Musk met de nouveau en garde contre les dangers de l’intelligence artificielle

 
Le robot a été testé lors d’un jeu de démonstration – en dehors des matches dotés de prix importants – pendant la rencontre « The International » à Seattle, aux Etats-Unis, où il s’est mesuré avec le champion ukrainien Danil « Dendi » Ishutin. Le concurrent AI est arrivé sous forme de boîte de la taille d’une boîte à pizza, recouvert de draperies noires et flanqué de gardes bodybuildés qui l’ont connecté à l’ordinateur de jeu. Dendi pensait l’emporter à peu de frais – mais s’est trouvé face à un adversaire redoutable qui a gagné les deux (courts) premiers rounds. Plutôt que de s’exposer à une série noire, le joueur humain a préféré concéder sa défaite, expliquant plus tard que son robot d’adversaire avait été un partenaire « amusant » et qui posait un réel « défi ».
 
« Je suis sûr qu’il est possible de le battre. Mais il ne laisse pas de place à l’erreur, fût-elle minime », a tweeté l’Ukrainien.
 
La victoire du robot marque une étape : si l’AI avait déjà su maîtriser le jeu de PacMan celui-ci représente une complexité toute relative par rapport à Dota 2.
 

Elon Musk travaille au développement de l’intelligence artificielle

 
Pour Elon Musk c’est bien la preuve qu’il faut intervenir pour « harnacher » la puissance de l’intelligence artificielle. « Personne n’aime être soumis à des régulations mais tout – voitures, avions, aliments, médicaments etc. – ce qui représente un danger pour le public est régulé. L’AI doit l’être aussi », a-t-il encore tweeté à la suite de cette victoire de la machine sur l’homme.
 
Mais si la mise en garde est sans doute nécessaire et salutaire, Elon Musk œuvre à sa façon pour l’humanité augmentée. L’an dernier le PDG de SpaceX annonçait que les hommes finiraient par régresser au niveau de « chats domestiques » à côté d’ordinateurs de plus en plus puissants au fur et à mesure que ceux-ci s’imposeront. Il en tirait argument pour prôner la mise en place d’une « couche d’intelligence artificielle » au moyen d’une « dentelle neurale » sur le cerveau humain : « Je crois que l’une des solutions qui semble peut-être la meilleure serait d’ajouter une couche d’AI – une troisième couche digitale qui pourrait fonctionner correctement et en symbiose avec le reste du corps », avançait-il lors de la « Code Conference 2016 » de Vox Media en Californie.
 
C’est une technique à laquelle les neuro-technologistes travaillent déjà et dont Elon Musk a affirmé : « Si nous pouvons créer une interface neurale à large bande passante avec votre moi digital, alors vous ne serez plus un chat domestique. »
 
Et l’âme, dans tout ça ?
 

Anne Dolhein