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Espagne : la commission islamique demande à toutes les communautés autonomes d’organiser l’enseignement de l’islam

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La commission islamique d’Espagne (CIE) a entamé une série de rendez-vous avec les conseils d’éducation des 17 communautés autonomes du pays afin de demander que dès la rentrée prochaine, toutes les écoles proposent un cours de religion islamique à toutes les étapes de la scolarité. Cela suppose évidemment d’engager des professeurs à la charge de l’État.
 
La commission islamique estime que la demande est aujourd’hui suffisante et qu’un « problème » existe désormais dans tous les centres éducatifs où les parents ne se voient pas remettre en début d’année un formulaire pour choisir l’option « enseignement de l’islam ».
 

Enseignement de l’islam dans les écoles d’Espagne

 
La première rencontre a eu lieu au Conseil de l’Education de la communauté de Madrid, où le président de la CIE, qui est également président de l’Union des communautés islamiques d’Espagne (UCIDE), Riay Tatary, a rencontré la vice-conseillère à l’éducation non universitaire. La rencontre, décrite comme « agréable », a duré une heure, et elle aura porté ses fruits puisque les responsables de l’Education se sont engagés à recueillir des informations sur les enseignants postulants, et qu’ils ont évoqué également la préparation des manuels et la définition d’un curriculum d’enseignement religieux islamique depuis la maternelle jusqu’aux classes terminales.
 
La conseillère d’éducation Carmen Gonzales s’est également engagée à faire parvenir à tous les établissements concernés la plainte des parents musulmans ou des élèves eux-mêmes qui n’ont pas pu choisir l’option « religion islamique » à ce jour.
 
Tout cela conduit la CIE à affirmer qu’elle a « bon espoir » de voir la mise en place de professeurs de religion islamique à la rentrée prochaine.
 

La Commission islamique réclame son dû auprès des communautés autonomes

 
Tatary affirme avoir aussi insisté sur la « nécessité de normaliser la vie des musulmans dans ce domaine, comme des citoyens normaux, sans aucun privilège », car ils se sentent aujourd’hui « doublement discriminés » dans la mesure où il existe des professeurs pour enseigner d’autres religions.
 
L’Espagne compte aujourd’hui très exactement 281.725 élèves musulmans, parmi lesquels quelque 200.000 ne reçoivent pas d’enseignement religieux. A Madrid, ils sont 37.150 ; il n’y a aucun professeur d’islam actuellement, pas plus que dans treize autres communautés autonomes.
 
Selon un accord signé par l’Etat espagnol avec la Commission islamique d’Espagne en 1992, les écoles publiques doivent respecter le droit des parents de faire recevoir un enseignement religieux islamique dans les écoles publiques et privées sous contrat, et ce à tous les niveaux. Un avenant à l’accord signé en 1996 précise que les centres éducatifs doivent recueillir lors de l’inscription et à chaque nouvelle étape scolaire les demandes des élèves qui veulent suivre un enseignement islamique, tandis que la CIE est chargé de communiquer les noms des personnes qu’elle juge aptes à enseigner cette matière.
 

L’enseignement de l’islam aux frais de l’Etat espagnol

 
Ce que demandent aujourd’hui ces responsables musulmans d’Espagne n’est donc pas exorbitant par rapport aux termes de la réglementation espagnole. Et il faut tenir compte aussi du droit premier des parents sur l’éducation de leurs enfants.
 
Mais la vraie question, c’est de savoir à quel point on peut considérer l’islam comme une religion parmi d’autres, lui qui se comporte dès que cela lui est matériellement possible comme un Etat dans l’Etat. Il y a aussi fort à parier que les critiques adressées à l’enseignement de l’islam dans des écoles publiques espagnoles ne fragilisent les droits de la religion catholique. C’est la conséquence logique du relativisme.
 

Anne Dolhein