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Heartofdarkness : la campagne de l’UE contre la radicalisation sert l’Etat islamique !

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Une campagne à destination des jeunes Européens pour prévenir le phénomène de la radicalisation violente… voilà ce que voulait réaliser l’UE, avec moult vidéos, spots et diffusions sur les réseaux sociaux. Parler plus haut et plus fort que l’État islamique, en somme, qui recrute sur ces mêmes réseaux avec une facilité déconcertante… Mais le résultat de Heartofdarkness est pour le moins faiblard : pire, selon Eli Hadzhieva, fondatrice et présidente de Dialogue for Europe et ancienne attachée au Parlement européen, ces vidéos financées par l’UE pourraient même se révéler de judicieux outils de recrutement pour les islamistes !
 
En cause : un discours culpabilisant pour la société européenne et volontairement ignorant des ressorts de l’islamisme.
 

La propagande sur Internet : la source majeure des attentats

 
L’Europe n’a jamais tant fait pour sa sécurité et la gestion de ses frontières (du moins avec les idées qu’elle professe). A la mi-décembre, la Commission européenne a présenté de nouveaux projets de renforcement des systèmes d’information, en particulier le SIS (système d’information Schengen), afin de mieux lutter contre le terrorisme et la criminalité transfrontière.
 
Surtout, note Eli Hadzhieva sur Euractiv, tous les experts se focalisent sur la propagande sur Internet favorisant l’extrémisme violent, un des principaux moteurs, pour eux, des 38 attentats terroristes dont l’UE a été victime depuis août 2015.
 
Le mois dernier, le troisième forum ministériel sur l’Internet de l’UE a souligné la nécessité de redoubler d’efforts pour détecter la propagande terroriste et assurer son élimination effective.Une base de données de contenus terroristes connus a déjà été créée – Europol se charge régulièrement de les faire supprimer par les fournisseurs d’accès à Internet.
 

Une campagne web intitulée « Heartofdarkness »

 
Et depuis deux ans aussi, le projet européen Semantic Analysis against Foreign Fighters Recruitment Online Network (SAFFRON), financé par le Fond de Sécurité Intérieure de l’Union Européenne, se voue à détecter, analyser et contrer toutes les activités Internet de recrutement direct et indirect de combattants étrangers, et tous les signaux montrant une radicalisation d’un individu.
Forts de leur expérience de ce terrain virtuel, les responsables ont monté une campagne, tout au long de l’année 2017, intitulée « Heartofdarkness », du nom de la célèbre nouvelle dystopique de Joseph Conrad.
 
Sa cible : les jeunes de 15 à 30 ans. Ses moyens : de courts épisodes Web largement diffusés sur les réseaux sociaux, basés sur des expériences et des faits réels, comportant des témoignages, des mises en scène, des clips…
 

 
Mais il s’est trouvé un certain nombre de parlementaires pour en relever la pertinence. Il a même été souligné que ces vidéos pourraient en fait être considérées comme des outils de recrutement pour des groupes tels que l’État islamique – une contre-performance remarquable.
 

La radicalisation : le résultat du racisme européen

 
Il suffit d’aller les voir, ces spots : l’impression est bien celle-là.
 
Jeunes réfugiés politiques, immigrants de deuxième et troisième générations, jeunes Européens convertis à la foi musulmane… la campagne a voulu montrer en images et en paroles le processus de radicalisation. Mais dans ces clips, jamais il n’est question de ces imams de quartiers ou de ces prêcheurs extrémistes du net, encore moins des violences du Coran. C’est la société européenne qu’on vise, énième preuve que le discours idéologique de culpabilisation a porté ses fruits et marqué durablement les esprits…
 
Frustration, stigmatisation et répression, tels sont les mots qui reviennent.
 
« Discrimination » évoque un chauffeur de taxi vivant à Barcelone qui parle de ses difficultés de vivre en tant musulman face à la défiance des gens, de son sentiment d’être inférieur ou ennemi. Ne lui reste plus qu’à montrer qui il est vraiment ! Le clip de rap intitulé « A New World » fait froid dans le dos, brossant le portrait de quatre banlieusards en rogne contre le monde qui les entoure : « Au nom de Dieu, je vais avoir ma revanche. Terrifier un monde qui ne me respecte pas » ! Le spot « Prendre position » appelle à l’action parce que « ne rien faire n’est pas acceptable » et montre un citoyen de l’UE brûlant son passeport pour rejoindre les rangs des combattants de l’État islamique…
 

 
D’autres vidéos ajoutent des images héroïques de guerre, font écho à la « vie terrible » des réfugiés syriens et des autres en Europe, dressent les portraits de combattants étrangers portant des drapeaux de l’État islamique, ou encore font pleurer sur des enfants victimes des combats en Irak et en Syrie… autant d’arguments qu’utilisent les extrémistes eux-mêmes pour faire monter le ressentiment et la haine, jusqu’à l’engagement !
 

 
La radicalisation, le résultat du racisme européen ? Quelque part, elle ne peut s’en trouver dès lors que justifiée…
 

Les arguments de l’UE sont ceux de l’Etat islamique

 
Quant à leurs tentatives d’explicitation de l’islamisme, elle est pour le moins confuse, voire trompeuse. L’une des vidéos propose une redéfinition du djihad comme un combat contre soi-même et dessine à côté d’un partisan du djihad militaire, un Croisé… chacun son extrémisme.
 

 
Elle dépeint aussi les Frères musulmans comme « pacifistes », se distanciant des enseignements ouvertement violents de Sayyid Qutb. Mais elle ne dit rien de l’idéologie fondatrice des Frères musulmans dont l’objectif est l’établissement, violente s’il le faut, d’un Califat… !
 
L’Europe ferait mieux de s’occuper de l’intégration de cette jeunesse en errance dans ces nations qui ne sont pas celles de leurs parents, nous dit Eli Hadzhieva. Certes, mais les valeurs laïques de l’Europe déchristianisée sont de faibles adversaires pour ces idéologies. Le patchwork mondialiste qui se dessine avec les migrations est voué au conflit – ou à la réformation de l’islam.
 

Clémentine Jallais