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Trois procédures et une audition : la Commission européenne attaque Budapest devant la Cour de Justice de l’UE et le Parlement européen discute de l’état de droit en Hongrie

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D’une certaine manière, c’était la fête de la Hongrie jeudi dernier dans les institutions de l’Union européenne. Dans la seule journée du 7 décembre, on a eu droit en effet à trois procédures devant la Cour de Justice de l’UE engagées par la Commission européenne et à une audition de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen sur le respect de l’état de droit en Hongrie en vue d’une éventuelle procédure de sanction au titre de l’article 7 du traité de Lisbonne. A tel point que le premier ministre hongrois Viktor Orbán a qualifié ce tir groupé d’attaque « à l’arme automatique ».
 
L’audition de la commission LIBE a permis d’entendre les récriminations contre le Fidesz de divers politiciens socialistes hongrois et d’ONG comme le Comité Helsinki financées par l’Open Society Foundations de George Soros. Cette audition se déroulait sous la présidence de la députée néerlandaise Judith Sargentini, membre du Groupe des Verts/Alliance libre européenne, une coalition de partis écolos et de partis régionalistes (valenciens, catalans, corses, flamands, écossais, etc.). Mme Sargentini a commencé sa carrière politique dans le Parti socialiste pacifiste créé par une coalition de socialistes et de communistes néerlandais favorables au désarmement nucléaire unilatéral face à l’URSS et à la création d’un État fédéral mondial avec un régime socialiste « démocratique ».
 

L’ombre de George Soros derrière la discussion sur la Hongrie au Parlement européen

 
Pour clore l’audition de jeudi dernier, la vice-présidente du groupe des libéraux, Sophie in ’t Veld, également néerlandaise, a appelé le groupe PPE à exclure au nom des valeurs démocratiques le Fidesz de ses rangs. En 2011, Mme in ’t Veld appelait dans le Guardian à lutter contre l’influence des Eglises chrétiennes dans toute l’Union européenne au nom de la laïcité. En 2016, elle reconnaissait dans un article de l’EU Observer que le choix de la Pologne et de la Hongrie comme cible des attaques des institutions européennes était complètement arbitraire mais elle défendait ce choix sur son profil Facebook. Mme in ’t Veld est le rapporteur du Parlement européen pour « la création d’un mécanisme de l’Union pour la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux » voulu par la Commission. Bien évidemment, Judith Sargentini et Sophie in ’t Veld figurent toutes deux en bonne place sur la liste des alliés de l’Open Society Foundations au Parlement européen.
 

Les procédures de la Commission européenne devant la Cour de Justice de l’UE

 
Les procédures engagées par la Commission européenne devant la Cour de Justice de l’UE concernent quant à elles trois dossiers :
 
• Le refus par la Hongrie du système de relocalisation des demandeurs d’asile arrivés illégalement en Grèce et en Italie, selon un système de quotas obligatoires. Dans cette affaire, la Hongrie est attaquée devant la Cour de Justice en même temps que la Tchéquie et la Pologne.
 
• La nouvelle loi hongroise sur l’enseignement supérieur, accusée de viser spécifiquement l’Université d’Europe centrale fondée et financée par le milliardaire américain d’origine juive hongroise George Soros. En avril, Soros avait été reçu à Bruxelles par Jean-Claude Juncker et Frans Timmermans pour discuter de cette loi hongroise. S’agissait-il de mettre au point une riposte commune ?
 
• La nouvelle loi hongroise sur les ONG, qui oblige ces dernières à déclarer aux autorités et au public les financements reçus de l’étranger, sauf s’il s’agit de fonds publics européens et sauf s’ils sont inférieurs à 7,2 millions de forints (env. 23.400 euros) par an. Cette exigence de transparence déplaît beaucoup aux ONG hongroises libérales-libertaires, pro-avortement et immigrationnistes financées par les fondations de Soros, et elle semble curieusement déplaire aussi à Bruxelles où l’on parle pourtant d’habitude beaucoup de transparence et d’information du public.
 
Pour le premier ministre Viktor Orbán, qui commentait le soir-même ces actions de la Commission européenne dans une interview à la télévision Echo TV, on retrouve derrière les trois procédures le spéculateur américain George Soros « dont les problèmes conduisent à la question de l’immigration » et de la réalisation de son plan en 6 points pour une Europe multiculturelle sans frontières.
 

Olivier Bault