ENFANTS La légende de Manolo Cinéma ♠

La légende de Manolo

 
La légende de Manolo illustre une très mauvaise idée au fond, celle de film d’horreur pour enfants – concept contradictoire dans les termes. Nous déconseillerons donc aux parents d’y emmener leur progéniture. Le film est diffusé exprès à peu près au moment d’Halloween. Cette fête néo-païenne est promue pour remplacer la Toussaint ; elle cultive un pseudo-folklore morbide, de très mauvais goût et souvent pire.
 
Sur le plan de l’animation ou de la structure narrative, La légende de Manolo est une réussite, pas ennuyante pour les enfants et à la portée du jeune public. Ce qu’il peut y avoir d’effrayant demeure sous le seuil du tolérable pour les enfants. Le film comporte en outre un intérêt sociologique pour l’adulte, qui est de rappeler la tendance lourde au syncrétisme de croyances catholiques et païennes précolombiennes au Mexique, avec la nette prédominance des secondes.
 

La légende de Manolo, catéchisme du paganisme

 
Les dieux aztèques possèdent dans La légende de Manolo une existence réelle, perceptible, avec des caractères humains, de bonnes ou mauvaises humeurs, des vices, tandis que l’évêque, les prêtres, les sœurs catholiques participent comme éléments, mi sympathiques mi ridicules, du décor. Un évêque au masque de catcheur, hommage au sport national, concélèbre en sa cathédrale un mariage avec un dieu païen, gigantesque et rigolard, qui bénit aussi l’assistance. Il y a diffusion à travers le film d’une forme de catéchisme du paganisme mexicain actuel, d’autant plus dangereux que globalement réussi sur le plan du cinéma. Les morts, ceux qui sont restés vivants dans les souvenirs de leurs descendants et connaissances, vivraient en un monde très coloré une fiesta permanente. Ceux qu’on a oubliés passeraient en un autre monde, lui sombre et triste. Ceci s’oppose frontalement à la foi catholique. La conduite personnelle, bonne ou mauvaise, n’influerait en rien sur le destin post-mortem des âmes humaines. Du fait de son message, La légende de Manolo est donc à fuir par les spectateurs catholiques et particulièrement par le public visé, les enfants.