Mgr Aquila de Denver, Etats-Unis, rappelle aux catholiques leur devoir au moment de l’élection présidentielle

Mgr Aquila catholiques devoir élection présidentielle Etats Unis Denver

Mgr Samuel Aquila (lunettes de soleil), à la tête de 1.800 catholiques, mène une procession du Saint-Sacrement autour de l’avortoir de Planned Parenthood à Denver (Colorado) le 5 mars 2016 pendant la campagne des 40 Days for Life (10 février-20 mars).


 
L’archevêque de Denver, Colorado, vient de publier une tribune dans la revue américaine hispanophone El Pueblo Católico sur le thème « Voter en tant que catholique en 2016 ». Mgr Samuel J. Aquila n’y mâche pas ses mots, affirmant que lors du vote du 8 novembre prochain les catholiques doivent avoir pour premier critère la défense de la vie humaine et la liberté religieuse, alors que les Etats-Unis se trouvent confrontés à un choix où « les deux candidats laissent beaucoup à désirer ».
 
« Les électeurs catholiques doivent être conscients de ce que disent les partis politiques sur des thèmes essentiels. Le droit à la vie est le droit le plus important et le plus fondamental puisque la vie est indispensable pour l’exercice de n’importe quel autre droit », écrit-il. Mgr Samuel Aquila témoigne de ce que depuis le jour où il a émis son premier vote, en 1972, il n’avait jamais « vécu des élections comme celle de cette année ». A propos de Hillary Clinton comme de Donald Trump, il souligne que les deux candidats « ont peu de crédibilité et ils ont fait des commentaires qui m’ont hérissé la peau ».
 

L’archevêque de Denver parle clair aux catholiques

 
Le prélat raconte ensuite comment lors d’un dîner avec un groupe de catholiques « formés », parmi lesquels certains apportaient leur soutien à Clinton et d’autres à Trump, on lui avait demandé son opinion.
 
« En premier lieu, je leur ai fait part de mon désaccord avec les deux candidats. Puis je leur ai dit qu’ils devaient analyser les programmes des deux parties, en mettant l’accent sur les thèmes relatifs à la vie humaine (…). Ils savaient que “les catholiques ne peuvent en bonne conscience soutenir des candidats qui approuvent l’avortement” », a-t-il expliqué.
 
Le meilleur guide, a souligné l’archevêque, consiste à « permettre que ce soit la rencontre personnelle avec le Christ et l’Eglise qui soit le guide des décisions politiques ». « Je dis cela en croyant que cette vérité sur nous-mêmes et sur le monde où nous vivons est révélée en Lui et à travers Lui. Notre société souffre et elle souffre depuis longtemps parce que peu de personnes vivent une vie intègre, où ce qui est “personnel” n’est pas séparé de ce qui est “public” », a-t-il souligné, rappelant que « lorsqu’ils ont été confrontés aux questions sur la vie, les hommes politiques catholiques des deux équipes ont fait primer leur propre idéologie sur la foi et sur l’obligation de vivre cette foi dans le domaine public. »
 

Mgr Samuel Aquila est « hérissé » par les deux candidats à l’élection présidentielle

 
Mgr Aquila ne s’est pourtant pas contenté de renvoyer les électeurs catholiques à leur conscience, s’attachant à éclairer celle-ci à partir des faits. Il a souligné l’importance particulière de l’intention du parti démocrate de faire révoquer l’amendement Hyde, « disposition approuvée par les deux partis pour rester en vigueur dans le cadre du budget fédéral et toute autre loi relative aux dépenses pendant 40 ans », et qui interdit l’utilisation de l’argent fédéral au profit de l’avortement. Le parti de Hillary Clinton cherche également à désactiver l’amendement Helms qui interdit aux Etats-Unis de soutenir l’avortement à l’étranger.
 
De son côté, le parti républicain apporte son soutien à l’amendement Hyde et il a « renforcé son engagement au service de la défense de la vie en demandant la suspension du financement pour le Planned Parenthood, en interdisant l’avortement par démembrement et en s’opposant au suicide assisté ».
 
A propos de la liberté de conscience et de la liberté religieuse, qui sont mises à mal par l’Obamacare qui « oblige à fournir des moyens contraceptifs, la stérilisation et certains moyens abortifs dans le cadre des plans de santé des employés », Mgr Aquila a souligné leur importance en rappelant que l’administration Obama a prétendu obliger les petites sœurs des pauvres à « violer leur conscience » sur ces chapitres.
 

Le devoir des catholiques au moment de voter passe par le respect de la vie

 
« Il y a d’autres thèmes qui peuvent être légitimement débattus entre chrétiens, comme le fait de savoir quelle politique est la plus efficace pour venir en aide aux pauvres, mais quiconque suit le Christ doit s’opposer à tout moment à la mort directe infligée à un être humain innocent. Il n’y a pas d’exception légitime par rapport à cet enseignement » a-t-il affirmé. Il a souligné également que l’Eglise ne peut pas changer son enseignement, comme le prétendent certains politiques et même des catholiques, que ce soit sur l’avortement, l’union de personnes homosexuelles, ou l’euthanasie : « Il s’agirait d’une négation du Christ » qui conduirait à se séparer, soi-même, de la vie : « Plus nous nous éloignons de Jésus-Christ et de son enseignement, plus nos églises seront vides », écrit Mgr Aquila.
 

Un évêque qui parle clair sur l’obligation des catholiques en politique

 
« Nous en sommes aujourd’hui là où nous sommes parce que de nombreux catholiques et d’autres personnes croyantes ont choisi les chemins du monde et non les chemins du Christ. Ils n’ont pas été le levain qui transforme la société, mais ils ont justifié le mal et la culture du déchet que nous devons, comme nous le rappelle sans cesse le pape François, toujours rejeter », souligne le prélat, avant d’interpeller directement les catholiques. « Si nous ne sommes pas capables de faire cela, le gouvernement viendra remplir ce vide. En effet, le gouvernement se convertirait en “Dieu” pour imposer ses croyances aux citoyens. C’est pourquoi mon conseil aux catholiques au moment de voter aux prochaines élections présidentielles est d’abord celui-ci : “Regarde qui forme ta conscience : ta rencontre personnelle avec Jésus-Christ et l’Eglise – la voix de Dieu qui ne peut contredire la vérité ou la révélation – ou l’idéologie d’un quelconque parti politique. »
 
« Si tu vis ta foi catholique tu ne pourras pas être complétement en accord avec quelque parti politique ce soit, et c’est bien ainsi » a-t-il conclu tout en appelant chaque catholique à remplir son obligation de participer au processus politique. « Pour beaucoup, le vote aux prochaines élections consistera à choisir le moindre mal (…). Tu écouteras sûrement beaucoup plus au cours des jours et semaines à venir. Gardons notre pays et notre Etat au cœur de nos prières quotidiennes, et demandons à Dieu protection et bénédiction en ces temps difficiles que nous vivons, et qui nous posent de si grands défis. Avec charité, en priant pour la conversion de ceux qui soutiennent la culture du déchet et de la mort. »
 

Anne Dolhein