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La mort du numéro 2 de l’Etat islamique

Mort numéro 2 Etat islamique

Ashton Carter, le secrétaire américain à la Défense.


 
La mort d’Abdel Rahmane al-Qadouli, annoncée vendredi par les Etats-Unis, est présenté par ceux-ci comme un coup dur pour l’Etat islamique. Il s’agissait, en effet, du numéro 2 du califat autoproclamé. Il aurait été tué, ainsi que plusieurs autres djihadistes, au cours d’un raid aérien américain mené en Syrie.
 
Né à Mossoul à la fin des années 1950, Abdel Rahmane Al-Qadouli était diplômé en physique. Il rejoint Al-Qaïda en Afghanistan en 1998, avant de revenir en Irak où il aurait été le bras droit d’Abou Moussab Al-Zarqaoui, le chef d’Al-Qaïda en Irak, tué par les Américains en 2006. Après la mort de Zarqaoui, il est fait prisonnier. Libéré en 2012, il semble avoir préféré suivre la vision du djihad prônée par Abou Bakr Al-Baghdadi, qui devait fonder l’Etat islamique, plutôt que de se rattacher à celle héritée de Ben Laden.
 

La mort d’Abdel Rahmane al-Qadouli

 
A l’occasion d’une conférence de presse, le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter a notamment déclaré : « Nous éliminons systématiquement le cercle des dirigeants de l’Etat islamique, et l’armée américaine a tué plusieurs terroristes clés de l’Etat islamique cette semaine, dont, pensons-nous, Haji Iman [l’un des surnoms d’Abdel Rahmane al-Qadouli], qui était l’un des principaux responsables de l’Etat islamique, agissant comme leur ministre des Finances et responsable de plusieurs complots extérieurs. »
 
« Il y a quelques mois, a-t-il poursuivi, j’ai dit qu’on s’attaquerait à l’infrastructure financière de l’Etat islamique. On a commencé à frapper les sites de stockage d’argent liquide, et maintenant on se débarrasse de leurs leaders qui gèrent leurs finances. »
 
Le ministère américain de la Justice avait offert jusqu’à 7 millions de dollars pour des informations permettant d’atteindre d’Abdel Rahmane al-Qadouli, et Ashton Carter estime que son élimination donnera « un coup de frein aux capacités de l’Etat islamique à conduire des opérations en Irak et en Syrie, et à l’étranger ».
 

L’Etat islamique perd son numéro 2. Et Palmyre…

 
L’enthousiasme américain est peut-être un peu excessif. On ne cesse de nous expliquer que l’Etat islamique serait protéiforme, ce qui laisse entendre que les personnes individuelles n’y ont que peu d’importance. Certains analystes ont même déclaré, à propos des attentats survenus en Europe, que les djihadistes recrutaient, autant que faire se peut, dans le milieu local.
 
Toutes ces considérations peuvent être contradictoires. Elles peuvent être également complémentaires. Elles prouvent, en tout état de cause, que l’on n’a pas – pas encore… – une connaissance exacte de l’Etat islamique.
 
Un autre point est à prendre en considération. Vendredi, l’armée syrienne, appuyée par l’aviation russe, a repris le contrôle de Palmyre. Cette défaite de l’Etat islamique marque un recule de l’Etat islamique sur le terrain, certainement plus quantifiable que la mort d’un homme. Mais il va de soi que, pour les Américains, une victoire à mettre au crédit du président syrien Bachar el-Assad ne peut avoir que moins d’impact…
 

François le Luc