Nigel Farage met en garde les élites britanniques sur l’immigration :
le peuple ne se contentera pas du Brexit !

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Dans une tribune publiée le 27 juin sur le site du Telegraph, l’ancien chef du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP), qui est encore député au Parlement européen, met en garde les élites politico-médiatiques de son pays contre la tentation de ne rien faire pour réduire l’immigration. L’homme qui, par la pression exercée par son parti sur les Tories, a poussé David Cameron à organiser un référendum sur le Brexit, rappelle que la campagne en faveur de la sortie de l’Union européenne l’a justement emporté sur la question cruciale de la maîtrise des frontières et de l’immigration.
 
Or les statistiques publiées la semaine dernière par l’Office des statistiques nationales (ONS), qui ont été peu reprises dans les médias, montrent que la population du Royaume-Uni s’est accrue de 538.000 âmes entre juillet 2015 et juin 2016, soit le plus gros accroissement de population depuis 1947, sachant qu’en 2015-2016 l’immigration a compté pour les deux tiers de cette évolution ! Si l’immigration a quelque peu décru au deuxième semestre 2016, et donc après le vote sur le Brexit, elle est restée très élevée, avec une immigration nette atteignant 248.000 personnes pour l’ensemble de l’année 2016 après les 332.000 entrées en 2015. Ainsi que le montrent les statistiques de l’ONS, les nouveaux arrivants sont majoritairement d’origine extra-européenne, même si l’immigration européenne reste elle aussi élevée.
 

Nigel Farage prévient les élites britanniques qui semblent oublier aujourd’hui que le Brexit s’est joué sur l’immigration

 
Nigel Farage attire aussi l’attention dans sa tribune sur l’immigration illégale, qui atteindrait certaines années 250.000 personnes arrivant illégalement ou restant après expiration de leur visa selon David Wood, qui était jusqu’en 2015 responsable des questions d’immigration au ministère de l’Intérieur britannique. Et le député au Parlement européen de mettre en garde contre les propositions d’amnistie, comme celles formulées par le passé par l’ancien maire de Londres et actuel ministre des Affaires étrangères Boris Johnson en faveur des immigrants résidant illégalement au Royaume-Uni depuis au moins dix ans. Ce serait, rappelle Nigel Farage, un très mauvais signal envoyé dans le monde à tous ceux qui voudraient tenter leur chance.
 
Le gouvernement de Theresa May a remporté les élections en renouvelant sa promesse non tenue de ramener l’immigration nette à quelques dizaines de milliers de personnes par an, rappelle Nigel Farage, et 77 % des Britanniques veulent une telle réduction. Si les « Conservateurs » violent à nouveau cette promesse et que le pouvoir continue d’ignorer le problème, le choc du vote sur le Brexit ne sera rien en comparaison des chocs politiques à venir. « Si rien n’est fait pour résoudre cette crise, il en résultera inévitablement quelque chose de très déplaisant », prévient pour finir sur un ton très british l’homme à qui la Grande-Bretagne doit sa sortie de l’UE.
 

Olivier Bault