fbpx

Le pape François s’attaque aux Gardes suisses

pape Francois Gardes suisses
 
Le commandant de la Garde suisse, Daniel Amrig, a été « remercié » ce mercredi. Il partira à la fin de janvier. Une ligne dans L’Osservatore Romano, pas la moindre explication : pour les observateurs romains, le congédiement du chef de son « armée privée » s’inscrit dans une série qui s’allonge de limogeages et de renvois qui frappent aussi bien des cardinaux que des évêques : « encore un scalp » ! Le pape n’aime pas l’apparat ; c’est même l’une des caractéristiques les plus publiques de son pontificat. S’il s’attaque aux Gardes suisses, chuchote-t-on à Rome, c’est parce que François veut privilégier un style plus détendu, plus familier.
 
Le Daily Telegraph met sur le compte d’une « gouvernance plus inclusive » la décision qu’il attribue de fait au souverain pontife en personne – dont la gouvernance est, comme contribue à le prouver cet épisode, des plus autoritaires.
 

Le pape, le Suisse et le cappuccino

 
Mais si le style, c’est l’homme – et ici l’homme François est vraiment sur le devant de la scène – et il ne s’accommode pas de la discipline militaire. Le commandant de la Garde suisse irriterait le pape par sa rigueur « trop stricte », voire « teutonne ».
 
On raconte à Rome que François a été horrifié un matin de croiser devant ses appartements privé un jeune Garde debout, qui aurait passé sa nuit ainsi pour assurer la sécurité du pape. « Assieds-toi », lui dit François. « Je ne peux pas, c’est contraire aux ordres », réplique le soldat. « C’est moi qui donne les ordres ici », déclare François, qui s’en va acheter un cappuccino pour le jeune militaire.
 

Des Gardes suisses trop militaires

 
Après 500 ans de bons et loyaux services, d’héroïsme et d’abnégation, la Garde suisse, forte de 110 hommes que l’on imagine fiers de servir, détonne dans ce pontificat qui privilégie le minimalisme et les « périphéries ». François déteste les contraintes de la sécurité – et au passage, cause de nombreux maux de têtes aux services chargés de l’assurer, qui, faute de pouvoir prévoir et sécuriser ses mouvements, voient leur travail considérablement augmenté. Il voudrait une Garde moins « militaire ».
 
Il semblerait que Daniel Amrig puisse être remplacé par son second, Christoph Graf, au style plus « paternaliste ». Est-ce vraiment ce que les Gardes suisses attendent ?