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Quand le pape François parle du péché écologique, il fait erreur sur le “changement climatique”

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Détruire sciemment la nature, est-ce un péché ? Dans Laudato si’, le pape François l’a affirmé, et il a dit début septembre lors de la Journée mondiale de la Création, que les catholiques devaient confesser leurs « péchés contre la nature », ajoutant la « miséricorde » envers celle-ci à la traditionnelle liste des œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle. Covoiturage et tri sélectif feraient partie des nouvelles obligations du chrétien, le tout pour empêcher le réchauffement global. Ce nouveau « péché écologique » ne convainc pas nombre de scientifiques, dans la mesure où la question du « changement climatique » est loin, très loin d’être fixée. Tout part d’une dangereuse erreur d’appréciation, à moins qu’il ne s’agisse d’une volonté délibérée, ce que ces hommes n’ont pas voulu envisager.
 
Il ne faut pas oublier non plus à quel point la question du « changement climatique » sert en réalité à modifier la politique globale dans le sens du mondialisme, tout en réclamant un insupportable contrôle de la population.
 
Le pape a ouvertement lié ses conseils moraux à la question du « réchauffement global », assurant que l’année 2015 avait été « la plus chaude jamais enregistrée » et que 2016 le serait « probablement davantage ». Il le rendait co- responsable de la « crise des migrants qui brise le cœur ».
 

Deux scientifiques parlent du péché écologique

 
LifeSiteNews a interviewé deux scientifiques indépendants, spécialistes du climat mais aussi « climatosceptiques », Thomas Sheahen et Hal Doiron. Avec les climatosceptiques, ils soulignent que les pauvres auront bien plus à souffrir de la cherté des « énergies renouvelables » qui sont promues au nom d’un illusoire réchauffement.
 
Tom Sheahen a déclaré d’emblée : « J’ai vraiment beaucoup de sympathie pour les avertissements du pape François à propos de la destruction de la planète. J’ai pu rendre visite à l’Argentine et observer que ses remarques concernant l’“immense dépotoir” sont justifiées. C’est vraiment un péché de maltraiter la planète pour sa propre convenance. Mais le changement climatique, c’est tout à fait autre chose. (…) Personne ne nie que le climat change  ; il le fait tout le temps, pour des raisons totalement naturelles. Cependant, il le fait selon des échelles de temps très diverses… Il n’y a rien que nous puissions y changer, nous pouvons seulement nous adapter au changement perpétuel du climat.
 
« C’est une grande erreur de confondre le changement climatique avec la pollution. Ce sont deux choses entièrement différentes. Nous ne savons pas comment contrôler le climat, mais nous savons comment contrôler la pollution. Si d’autres pays avaient des contrôles environnementaux sur leurs usines comme ceux que l’on trouve en Amérique, l’air n’y serait pas malodorant ou l’eau peu sûre. Pensez un instant aux usines “tertiaires” de traitement des eaux d’égouts : on peut boire l’eau qui en sort. Nous savons faire les choses comme il le faut sur le plan de l’environnement. »
 

Réchauffement ou changement climatique

 
Il souligne ensuite qu’à l’échelle du globe, les êtres humains ne représentent pas grand-chose. Tous les hommes mis ensemble pèseraient 0,3 gigatonnes. « Toute notre industrie réunie n’a pas le poids du phénomène “El Niño” », ajoute Sheahen.
 
Pense-t-il que l’affaire du « CO2 responsable du réchauffement est un hoax » ?
 
Lorsqu’il travaillait au National Bureau of Standards (qui a changé de nom depuis), Tom Sheahen mesurait l’absorption des infrarouges par le CO2 : « Il se peut bien que j’ai été la dernière personne à l’avoir fait car les résultats sont exactement ce que l’on avait constaté il y a 100 ans. Dans les 100 mètres, la bande la plus importante, le CO2 absorbe complètement : c’est ce que nous appelons la “saturation”. Dans l’atmosphère, l’absorption par le CO2 était saturée à plus de 90 % à l’époque pré-industrielle et l’augmentation du CO2 atmosphérique de 300 à 400 parties pour 1 million n’ajoute qu’un à 2 % d’absorption. Tout ce que cela fait, c’est de faire décaler légèrement l’altitude depuis laquelle la vapeur d’eau – qui est de très loin le gaz à effet de serre dominant – irradie de l’énergie infrarouge vers l’espace. Aujourd’hui les données empiriques – les mesures réalisées à travers le monde par des satellites – montrent clairement que malgré l’augmentation du CO2, la température moyenne de la terre n’augmente pas rapidement », affirme-t-il.
 
Et de souligner que les modèles informatiques comportent toujours des variables et des paramètres qu’on ne connaît pas précisément, et dont on se contente d’espérer qu’ils ne pèsent pas trop sur les résultats, sans pouvoir en être certain pourtant.
 

Le pape François s’appuie sur des erreurs

 
Il accuse plusieurs personnes de l’entourage du pape, et notamment Marcelo Sanchez-Sorondo que celui-ci a fait venir d’Argentine, de lui donner des conseils « désastreux », ce qui n’empêche pas Mgr Sorondo d’avoir été nommé à la tête de l’Académie pontificale des sciences sociales, puis à celle de l’Académie pontificale des sciences. « Sorondo s’est contenté de croire tout ce que lui racontaient les élites de l’ONU et l’a inséré quasiment mot à mot dans Laudato si’ dans les sections 23 à 26. (…) Sous Benoît XVI, le cardinal Martino était à la tête de l’Académie pontificale des sciences, et il s’assurait de ce que les deux côtés se fassent entendre au sujet du climat. Martino comprenait qu’il y a véritablement une controverse scientifique, et de ce fait il n’y avait pas d’annonce générale du Vatican sur le sujet à cette époque-là. Les employés de Benoît XVI connaissaient et respectaient le vrai rôle de la science. »
 
Hal Doiron, ancien de la NASA, a répondu dans le même sens aux questions de LifeSite. « Le fait de déverser des déchets toxiques susceptibles de tuer les animaux et les êtres humains dans les rivières, c’est évidemment un péché que je devrais confesser… Mes parents m’ont appris à reconnaître le bien et le mal dans beaucoup de domaines et ma responsabilité à l’égard d’une bonne gestion de l’environnement ne m’a pas été révélée par les prises de position de François », affirme-t-il.
 
« Le problème que j’ai eu avec la partie de son message relative au changement climatique, c’est là où le Vatican semble mettre sur le même plan les émissions de CO2 dans l’atmosphère et un acte de pollution constitué par l’émission de substances évidemment toxiques et vraiment nocive. Alors que de nombreux scientifiques, hommes politiques et juges peuvent se dire en accord avec cette définition des émissions de CO2 comme polluantes, en tant que scientifique qui a étudié les bénéfices et risques nets du CO2 atmosphérique, je n’en fais pas autant. Je ne suis pas d’accord pour dire que des conclusions scientifiques complètes et définitives ont été atteintes démontrant que le CO2 serait un polluant au même sens que d’autres substances évidemment nocives et toxiques autour desquels il n’y a aucune controverse », explique Hal Doiron.
 

Le CO2 n’est pas un produit toxique en soi

 
Tout est question de proportion, rappelle-t-il. Ainsi les plantes poussent-elles mieux avec plus de CO2, tandis que les effets négatifs sur la santé humaine ne sont constatés qu’à partir de 8.000 parties pour 1 million dans l’atmosphère, à savoir plus de 20 fois le niveau actuel de 400 ppm. Savoir quelle proportion pourrait causer des problèmes pour le climat, « quelque parts entre les 150 ppm dont les plantes ont besoin pour pouvoir pousser et les 8.000 parties pour 1 million que les êtres humains peuvent facilement tolérer, relève du domaine de la spéculation, cela reste très incertain ».
 
« La réponse correcte n’est pas une science certaine sur laquelle le pape François pourrait s’appuyer avec confiance pour définir le moment où les émissions de CO2 deviendraient peccamineuses. Certainement, il ne veut pas dire que le fait d’exhaler du CO2 à 40.000 parties pour un million comme le fait un être humain en expirant est un péché. Serait-il d’avis que le fait d’avoir une famille de 10 enfants pourrait augmenter les niveaux atmosphériques de CO2 suffisamment pour constituer un péché ? », interroge le scientifique.
 
Hal Doiron souligne que la terre, par des processus naturels, « a fait l’expérience de niveaux de CO2 atmosphérique atteignant les 7.000 parties pour un million soit 17,5 fois plus que les 400 ppm actuelles, alors que la combustion d’énergie fossile depuis l’an 1700 représente tout au plus 100 ppm de la valeur actuelle ». « Je ne crois pas que la science ait déterminée quel serait un niveau idéal de CO2 atmosphérique, ni à partir duquel moment des effets néfastes sur le climat seraient constaté. Je recommanderais au pape François de prier pour obtenir la sagesse d’un bon discernement sur cette question avant de décider ce qui est un péché et ce qui ne l’est pas. »
 
A la question précise de LifeSiteNews sur l’influence de l’ONU sur le raisonnement écologique du pape François, Doiron répond :
 
« Il y a beaucoup trop d’influence exercée par le biais du projet politique de l’ONU, focalisée sur la création d’un contrôle gouvernemental global dirigé par l’ONU, la redistribution de la richesse globale et le contrôle de la population globale qui font tous partie du vrai sens du “ développement durable”. Pour ma part je recommanderais au pape François de porter son attention sur l’importante quantité de problèmes moraux qui accompagnent les buts recherchés par l’ONU à travers sa position anti-CO2 et pour le “développement durable”. »
 

Le péché écologique selon le pape François ne respecte pas la méthode scientifique

 
En tant que scientifique, il encourage la recherche et l’analyse de données réelles. « De manière constante, ces approches démontrent que notre climat est peu sensible au CO2 atmosphérique, et elles ne sont pas en accord avec les projections climatiques de modèles de simulation climatique non validés qui sont à l’origine des scénarios alarmistes. Mon expérience à la NASA est que nous n’avions pas le droit d’utiliser des modèles non validés pour des décisions critiques de construction ou d’opérations impliquant la sécurité humaine. Les données disponibles montrent qu’il n’y a pas un problème climatique d’évolution rapide, requérant une action rapide de correction. Les problèmes devraient être définis en termes de déviation de la norme, en tenant compte des questions quoi, où, quand et comment, si nous voulons réellement connaître les causes qui sont à leur racine. Cette manière de penser rationnelle, l’analyse des causes premières et l’approche pour la prise de décision que j’ai apprises au cours de ma carrière dans les missions spatiales habitées n’a pas été appliquée à la question du réchauffement climatique. »
 
Il poursuit : « Notre climat n’a pas dévié des variations limites normales et naturelles au cours de ces 10.000 dernières années de climat très stable. Il nous reste beaucoup de temps pour enlever les incertitudes excessives des projections de modèles actuels non validés, et pour mieux comprendre ce problème potentiel, avant de décider de la meilleure manière de réduire les vrais risques que nous pourrions définir. Notre équipe de recherches constituée de scientifiques et d’ingénieurs de la NASA à la retraite, très expérimentée, a développé un modèle climatique simple qui indique un maximum d’un degré Celsius de réchauffement global moyen d’ici à 2100 dans un cadre politique d’usage sans restriction des ressources d’énergie fossile. Ce modèle projette également le fait que lorsque toutes les réserves aujourd’hui identifiées de charbon, de pétrole et de gaz naturel auront été consommées, les températures globales moyennes de surface n’auront augmenté que de 1,2 °C au maximum. Nous devrions nous accorder au moins cinq années supplémentaires pour éliminer les importantes incertitudes présentes dans les projections sur le changement climatique d’origine humaine, grâce à une meilleure direction des recherches et à la focalisation sur les principales priorités de recherche, en nous appuyant sur les méthodes d’analyse éprouvées, cohérentes avec la méthode scientifique, avant de commencer à décider ce que nous devons faire à ce propos, à supposer qu’il faille faire quelque chose. »
 

Anne Dolhein