Patrick Dupond, deux lesbiennes anglaises, un coq : l’homosexualité, norme intouchable !

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Leïla Da Rocha et Patrick Dupond


 
Deux informations insolites le confirment, l’homosexualité est devenue en Occident une norme intouchable. La première touche aux querelles bien anglaises entre deux lesbiennes et leur voisin à propos d’un coq. La deuxième est la déclaration d’amour du danseur étoile Patrick Dupond à sa compagne.
 
Marchwood est un village au fond des pâtures anglaises où Agatha Christie aurait volontiers situé l’un de ses crimes. Ce n’est heureusement que d’une querelle entre voisins que le tribunal de Southampton se trouve saisi aujourd’hui. Un couple de lesbiennes y élevait un coq dans son jardin. Un voisin, homme d’affaires à la retraite, estimait que l’animal faisait trop de bruit avec ses cocoricos, et que cela enlevait à la valeur de son cottage. En naquit une brouille qui s’envenima et se termine devant les juges. Impossible, et d’ailleurs inutile, d’en narrer le détail en quelques lignes. Toutes les ressources de la chicane et de l’originalité anglaises y furent employées, tant par les deux lesbiennes amoureuses de leur coq que par l’irascible voisin.
 

Le coq, les deux lesbiennes anglaises et Percy Sledge

 
N’en gardons que l’important, ce que reprochent les deux lesbiennes au businessman, qui est d’avoir passé en boucle, à en faire péter ses hauts parleurs, un vieux tube des années soixante, When a man loves a woman, chaque fois qu’il était nécessaire de couvrir les cris du coq. Non qu’elles aient une aversion particulière pour son auteur interprète Percy Sledge, mais parce que le choix du titre révèle l’intention homophobe du voisin. Imposer plus de cent fois d’affilée « quand un homme aime une femme » à deux lesbiennes est une charge hypocrite contre l’homosexualité.
 
L’ancien danseur étoile de l’opéra de Paris Patrick Dupond s’est rendu coupable de la même faute, en plus ostensible. Agé de cinquante-huit ans, l’homme, qui fut victime en 2000 d’un accident de la route, s’est reconverti en exploitant une école de danse à Soissons avec une ancienne basketteuse professionnelle, Leila Da Rocha, qui est aussi sa compagne. Ils s’installent aujourd’hui à Bordeaux, et, sans doute pour se faire un peu de publicité, Patrick Dupond vient de donner à Paris Match une grande interview où il affirme : « J’ai découvert l’amour avec une femme ».
 

L’icône Patrick Dupond a trahi l’homosexualité

 
C’était déjà grave de la part d’un danseur qui fut plus qu’une étoile, une icône de l’homosexualité internationale, d’ailleurs nommé à trente et un ans directeur du ballet de l’opéra national de Paris par Pierre Bergé. Mais la suite est pire. Il raconte comment il en est arrivé là. Alors que « déçu » de lui-même et du monde il pensait partir « se reconstruire » au Japon, il reçoit la visite de Leila Da Rocha, et c’est le coup de foudre. Dix-sept ans après, le bonheur est toujours là, et, plus insupportable encore, lui fait critiquer sa vie d’avant. Ainsi juge-t-il que sa vie de vedette était « totalement autocentrée ». Il faisait le tour du monde, claquait son argent, exerçait de grandes responsabilités mais « n’était pas heureux ». Il était devenu factice, « ça m’arrangeait de me mentir à moi-même ». Il vivait avec ses partenaires masculins « dans un mensonge », une « parodie de l’amour ». Et de lancer cette flèche du Parthe : « En ce qui me concerne, l’homosexualité a été une erreur ».
 

Quand Internet défend une norme intouchable

 
Arrgle ! Squirgle ! Il y a tout de même des choses qu’on n’a pas le droit de dire ! L’homosexualité est intouchable en Occident. Aussitôt, les internautes se sont réveillés sur Twitter. Le regard vigilant d’une multitude de little brothers et sisters s’est posé sans indulgence sur ce dérapage et a rappelé le malheureux Patrick Dupond à la norme. Audrey X. déplore son « étrange formulation ». Flore Galaud, rédactrice en chef adjointe de la chaîne LCI, s’inquiète : « Terrible et irresponsable, le message véhiculé par Patrick Dupond dans les colonnes de Paris Match, mon homosexualité a été une erreur ». Et Fabien Y. s’interroge : « Se rend-il compte de l’effet dévastateur de ces mots ? » Un autre développe : « Dire que l’homosexualité a été une erreur peut être dévastateur pour un ou une homo qui a du mal à s’assumer ou, plus généralement pour toute personne qui s’interroge sur sa sexualité. C’est un reniement d’une partie de soi. C’est rendre une orientation sexuelle responsable de son manque d’épanouissement ».
 

L’homosexualité ne saurait rendre malheureux

 
On notera que Patrick Dupond est politiquement correct jusqu’au bout de ses chaussons de danse, qu’il n’a pas omis de se réjouir que Leila Da Rocha soutienne « de grandes causes, la paix dans le monde, le combat contre le racisme ». Mais il a commis la faute d’écorner, même en passant, rien que pour lui-même, la norme exigible de tout homme public.
 
Son attention principale n’était pas fixée sur l’homosexualité, mais, d’une manière très classique, sur le malheur de vivre qui le prenait parfois parmi ses paillettes : « Dix-sept mille personnes vous acclament sur scène, mais vous n’avez personne avec qui partager ce moment. Quand je rentrais chez moi, j’étais heureux de retrouver mes animaux mais j’étais seul. Ou seul à deux, ce qui revient au même ». C’est donc évidemment son existence vide et trompeuse qu’il déplorait, mais pour les ayatollahs LBGT, cela n’est pas permis : l’homosexualité est une norme intouchable, elle ne peut pas être compatible avec le malheur, et les propos de Patrick Dupond sont terribles, irresponsables, dévastateurs. Peut-être même qu’il écoute Percy Sledge avec Leïla.
 

Pauline Mille