La restauration de l’église de la Nativité à Bethléem révèle une mosaïque du temps des croisades

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La restauration des mosaïques.


 
Menacée par des fuites d’eau dans sa toiture, la pourriture s’installant dans des poutres, et d’épaisses couches de cire recouvrant sa décoration intérieure, l’église de la Nativité à Bethléem avait besoin d’une sérieuse et profonde restauration. La société italienne qui a remporté l’appel d’offres pour un contrat portant sur plus de 14 millions d’euros estime avoir accompli un peu plus de la moitié de la superbe tâche dont elle s’acquitte avec passion. L’entreprise familiale estime avoir réalisé là l’un de ses chantiers les plus gratifiants : « Ils touchent le ciel avec leurs doigts », a déclaré lundi le directeur Giammarco Piacenti. La plus belle découverte à ce jour des restaurateurs, a-t-il expliqué, est celle qui a permis de mettre au jour une grande mosaïque d’ange qui avait été recouverte de plâtre à la suite d’un tremblement de terre au cours des années 1830. Elle fait partie d’une suite, une procession de sept anges se rendant vers le site de la Nativité, et elle remonte au temps des croisades.
 
C’est un changement de couleur visible dans le plâtre grâce aux caméras thermographiques qui a incité les employés à rechercher ce qui pouvait se cacher derrière lui. « C’est alors que les premières tesselles de la mosaïque sont apparues – bientôt une vague d’euphorie allait traverser l’équipe. C’était une découverte magnifique. »
 

La restauration de l’église de la Nativité fait « toucher le Ciel »

 
D’autres mosaïques restées visibles au cours des siècles font également l’objet d’une restauration soignée : une vraie redécouverte qui passe par l’enlèvement de siècles de crasse.
 
L’église de la Nativité a été construite par sainte Hélène au IVe siècle. La mère de Constantin est surtout connue pour l’Invention de la Sainte Croix, miraculeusement découverte, mais elle a également ouvert ce chantier au-dessus de la grotte où l’on vénère le lieu de la naissance virginale du Christ.
 
Reconstruite au sixième siècle, redécorée au cours des siècles, l’édifice est aujourd’hui sous la responsabilité conjointe et quelque peu conflictuelle des Eglises catholique, grecque orthodoxe et arménienne qui se partagent rigoureusement et jalousement les tâches aux termes d’un accord datant du XIXe siècle.
 

Une mosaïque du temps des croisades à Bethléem

 
Leur rivalité avait jusqu’à une date récente empêché toute velléité de restauration, pour urgent qu’elle fût. C’est sous l’impulsion de l’Autorité palestinienne, qui a attiré leur attention sur le risque de destruction irrémédiable du sanctuaire, que les religieux ont accepté les travaux financés par des dons publics et privés, et notamment par la diaspora palestinienne.
 
Les travaux devraient être achevés pour 2020, date à laquelle, selon Piacenti, Bethléem devrait devenir « capitale de la culture du monde arabe ».
 

Anne Dolhein