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Retour des djihadistes et de leurs familles en France : la nationalité en question

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Après la défaite de Daech, des familles de djihadistes ayant combattu au Levant demandent à rentrer en France. Leurs avocats affirment que c’est un devoir pour la France d’aider à leur retour. Et ils ont raison, puisqu’on ne les a pas déchus de leur nationalité française, ni modifié le code qui régit celle-ci.
 
La chancellerie estime qu’au premier juin 2017, sur les mille djihadistes français partis opérer en Irak et en Syrie, en comptant trois cent morts, il subsisterait là bas sept cents adultes dont trois cent femmes – soit de nombreuses familles, lestées de quatre cents enfants, dont beaucoup sont nés là-bas. Les combats ayant tourné à leur désavantage, une bonne partie de ces djihadistes et de leurs familles est en prison sur place (Combien ? On l’ignore, puisque les combats ne sont pas terminés en Syrie et que la France n’y entretient pas de relations diplomatiques et se trouve donc privée de renseignements complets et fiables).
 

Du violon en France pour les djihadistes au violon au Levant

 
Plusieurs de ces djihadistes ont fait une demande de retour en France par l’intermédiaire de leurs avocats. Pour ceux qui sont en Irak, la chose semble difficile, les autorités irakiennes tenant à les juger elles-mêmes. Pour la Syrie c’est encore plus difficile, car ces djihadistes ont combattu sur plusieurs fronts contre différentes factions. Prenons l’exemple d’une famille prisonnière des Kurdes qui s’est adressée à Me William Bourdon. On comprend son angoisse, car les Kurdes ne sont pas des tendres, à peine plus tendres que les barbus qu’ils ont pris aux pattes. Leur avocat habille cela avec le vibrato des maîtres du barreau : « Il y a cette espèce d’idée que, puisqu’ils ont côtoyé le diable, ils doivent y rester et mourir là-bas. Les devoirs d’un Etat démocratique ne peuvent pas être ceux-là ». Le devoir de la France serait donc de les aider à se tirer d’affaire. Un devoir « accentué par la présence d’enfants mineurs », auquel les autorités françaises ne sauraient se soustraire car les djihadistes et leurs familles sont prêts à « répondre de leurs actes » et « ont compris qu’ils ont fait l’erreur la plus gravissime de leur vie ».
 

Retour des familles : une obligation légale pour la France ?

 
Une erreur gravissime en effet. Ces djihadistes sont partis combattre en Syrie, aux côtés de ceux qui sont responsables des attentats de Paris et d’ailleurs. En d’autres temps, quand la langue était utilisée pour décrire précisément les choses, on aurait dit qu’ils sont des traîtres et qu’ils ont tourné leurs armes contre la France, qu’ils ont sur les mains du sang français, et que leurs femmes, les ayant suivis, sont complices.
Il est paradoxal et répugnant que ces gens là demandent, aujourd’hui qu’ils croupissent dans les geôles du Levant, l’aide d’un pays qu’ils ont outragé et trahi. Et l’on comprend très bien que Florence Parly, ministre des armées, ait estimé, dans un dérapage soigneusement contrôlé pour satisfaire l’opinion des militaires qu’elle a la charge de séduire, que « bien sûr si des djihadistes périssent dans les combats, c’est tant mieux ». Mais, en droit, ces djihadistes et leurs familles sont citoyens français. On peut sourire quand on entend les médias citer tel djihadiste « brestois » ou « rennais », mais on a l’obligation d’écouter patiemment Me Bourdon justifier la demande de retour faite par une cliente « djihadiste française de 27 ans, originaire de Seine-et-Marne, mère de quatre enfants, partie en 2015 avec son compagnon en Irak et capturée à Mossoul ».
 

Quand la France estimait que les djihadistes font du bon boulot

 
Si j’étais l’avocat du diable, j’ajouterais que la Maison blanche et l’Elysée justifient depuis cinq ans la chasse menée contre « le régime de Damas » et que la France et ses alliés ont armé les djihadistes. Laurent Fabius, alors ministre des affaires étrangères, alla jusqu’à dire qu’une des filiales d’Al Qaïda, Al Nosra, « faisait du bon boulot ». Les djihadistes français peuvent prétendre tirer d’une telle confusion mentale des circonstances atténuantes.
 
Mais surtout, le droit de la nationalité est ce qu’il est. La gauche a rejeté hautement, au nom des droits de l’homme, la déchéance de la nationalité qu’un François Hollande avait mollement demandée pour les terroristes. Les terroristes islamiques qui ont aidé Daech au Levant sont donc des citoyens français à part entière, que la France a le devoir d’aider, leurs avocats ont raison.
 

Le laxisme révolutionnaire de la justice envers les djihadistes

 
Bien sûr, Me Bourdon nous joue du violon lorsqu’il dit de ses clients : « Ils sont prêts à répondre de leurs actes. Ils seront évidemment mis en examen et sans doute incarcérés. Ils le savent et ils comprennent que c’est normal ». En fait, ces gens là, qui ont peur d’un châtiment sans faiblesse au Levant, tablent sur l’incroyable faiblesse de la justice en France. Il faut savoir que sur les 240 djihadistes accompagnés d’une cinquantaine de mineurs de retour en France depuis 2012, seuls 130 majeurs et quelques mineurs ayant combattu ont été incarcérés. Les peines les plus lourdes ont été prononcées voilà dix jours : six djihadistes ont été condamnés à des peines allant de deux ans à 15 ans d’emprisonnement. C’est-à-dire proprement rien en regard de la gravité des faits.
 

Question : pourquoi Chirac n’a-t-il pas changé le code de la nationalité 

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Mais il est inutile d’épiloguer sur la prétendue mansuétude des juges, qui n’est qu’un laxisme systématique, moyen judiciaire d’une révolution qui a pour volet démographique la politique d’immigration. Elle ne triomphe aujourd’hui que parce que la droite qui avait hier la mission de la combattre ne l’a pas fait. Pour éviter que des Français de papier, complètement inassimilés, ennemis de cœur de leur nation d’accueil, ne tournent un jour leurs armes vers elle avant de réclamer son aide consulaire, il y avait une méthode simple. Il fallait et il suffisait de modifier le code de la nationalité. La France en a eu l’occasion en 1987. Chirac et Pasqua avaient promis, en conformité avec la plate forme de campagne du RPR et de l’UDF à l’époque, de réformer le code de la nationalité en restreignant notamment la double nationalité et le droit du sol, de manière à priver de la nationalité française ceux que rien ne prépare à l’assumer. Les absurdes impasses d’aujourd’hui sont le fruit des mensonges et des lâchetés apparentes d’hier. Sous la houlette de l’idéologie révolutionnaire des droits de l’homme, l’Etat français s’est laissé mener à un désordre tel que l’on n’y voit plus d’issue raisonnable et pacifique.
 

Pauline Mille