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WESTERN The Salvation (le salut)
Cinéma

the salvation
 
The Salvation ambitionne de renouer avec la tradition stricte des westerns des années 1940-1950. Cette réalisation danoise, en langue anglaise, en reprend scrupuleusement tous les codes. A l’Ouest des grandes plaines des Etats-Unis de 1871, de gentils et courageux fermiers danois, vétérans de la guerre perdue de 1864 contre les Etats allemands coalisés, font face à une horrible bande de bandits français, pillards et meurtriers, y compris de femmes et enfants, qui terrorisent la région. Les habitants de la petite ville perdue, rançonnés, se conduisent pour la très grande majorité avec une lâcheté répugnante. Si l’on ne croit pas comme le (naïf ?) ancien président Nicolas Sarkozy que tous nos compatriotes à l’étranger sont forcément tous des innocents, c’est un peu pénible quand même. Les meurtres sont atroces, provoquant d’autant plus sûrement des chaînes de vengeances. La violence atteint des sommets, chose compensée par son irréalisme, suivant la loi du genre. Les personnages se limitent à des définitions caricaturales. Ceci rend l’intrigue facile à suivre, et permet à tous les acteurs de posséder le jeu sommaire requis, de l’interprète principal Mads Mikkelsen au petit rôle de bandit français d’Eric Cantonna.
The Salvation tient du curieux devoir cinématographique, la réalisation du western conforme au cahier des charges initial. Le spectateur remarque surtout les erreurs dans cet exercice, comme le pasteur faisant des signes de croix de prêtre catholique, ou l’anachronisme du thème du génocide des Amérindiens. Ces derniers ont terriblement souffert certainement du XVIème au XIXème siècle, mais le placage inapproprié de thèmes récemment mis à la mode se sent. De même la tentative d’explication des conduites de certains acteurs par une spéculation capitaliste historiquement fort précoce sur les champs de pétrole convainc peu. Malgré tout, le spectateur, du moins l’amateur de westerns, ne s’ennuie pas. Mais The Salvation ne présente pas en somme un grand intérêt.
 
Hector Jovien