2026 : un été de propagande climatique

2026 été propagande climatique
 

Dans l’agenda idéologique et politique, l’été était naguère un moment de trêve. On regardait le tour de France, puis des vieux films avec Michèle Mercier ou Les sous-doués en vacances, pendant que Bercy publiait en catimini une hausse de l’électricité. La révolution arc-en-ciel a changé tout ça. L’été devient un grand moment de propagande politique. 2026 en donne un exemple éclatant : aucun domaine n’a été omis. Sur le grand remplacement, tout l’appareil médiatique s’est employé à minimiser l’invasion de Ceuta. L’affaire Fedorova et celle du drone de Leipzig attisent les oppositions. Et sur le front climatique, le principal, les médias ont été grandioses. Incendies et sécheresses en France ont été utilisés au maximum pour terroriser le vacancier, et quand cela s’est apaisé, une coulée de boue dans l’Himalaya (au bilan humain catastrophique, certes, comme tout ce qui touche à la Chine) a nourri dix jours « d’information ».

 

Eté 2026 : des incendies politiques

Notre confrère Médiapart a noté dans l’un de ses papiers du mois d’août que les incendies du Sud-Ouest étaient « politiques ». Il a raison, mais pas dans le sens où il l’entendait : ils ont été utilisés pour terroriser les populations par une propagande climatique constante, tendant à faire croire qu’ils étaient la conséquence d’une inaction climatique de la société et des pouvoirs publics qui refuseraient à la fois de freiner un changement climatique putatif et de s’y adapter. Et cette propagande s’est appuyée sur des images émouvantes et des réalités terribles : personnes déplacées par milliers, coup à l’économie locale, maisons et entreprises détruites, nombreux blessés, deux morts, catastrophe régionale pour la faune et la flore, etc.

 

Réalité du terrain vs propagande climatique

Lorsqu’on dénonce la propagande climatique, il ne s’agit donc pas de nier les incendies de cet été ni leurs effets déplorables, mais de constater trois choses. La première, ils ne sont pas dus au « réchauffement climatique », mais à plusieurs erreurs humaines, dont une décision gouvernementale réduisant la flotte de Canadairs. Deux, les controverses à propos de ces différentes erreurs ont donné de l’ampleur au « bruit médiatique » et accru ainsi la propagande. En particulier, la polémique « sociale » sur la ville du Porge, censément abandonnée au profit du Cap Ferret (il semble que ce soit un fake) a encore enflé cette propagande en lui donnant un petit côté revendicatif cher à la gauche française. Trois, en fait, comme nous l’avons longuement expliqué sur le moment, les incendies de forêt sont moins nombreux, moins étendus, moins nocifs pour l’homme que dans un passé encore récent (cinquante ans).

 

1870, 1911, 1949 : été 2026, rien de nouveau

Sans remonter à 1870 et aux transpirations de George Sand, nous savons que l’été 1911 a été plus brûlant que l’été 2026 et que, les barrages de régulation n’existant pas sur la Seine, celle-ci fut à sec à Paris. Nous savons aussi que les incendies de 1949 dans les Landes (52.000 ha brûlés, 131.000 ravagés), plus étendus que ceux de 2026, furent surtout beaucoup plus meurtriers : 82 pompiers tués et assimilés contre 2 en 2026. Un deuil national fut légitimement observé le 24 août 1949 : en 2026, les nombreux reportages et hommages consacrés aux « soldats du feu », tout aussi légitimes, ont eu pour effet d’ancrer les populations de France dans la conviction que la catastrophe subie en 2026 est quelque chose d’exceptionnel et de nouveau.

 

Malgré la propagande, pas plus de phénomènes extrêmes

Or, il n’en est rien. C’est de la propagande. Les chiffres que nous avons rappelés montrent que, quel que soit le climat et son évolution supposée, les incendies sont moins nombreux et moindres qu’il y a cinquante, soixante, soixante-dix ans. L’homme n’est pas responsable de son climat, donc d’un éventuel changement climatique, mais il répond mieux aux aléas de la nature. C’est particulièrement sensible en France mais cela ne s’y limite pas. Les phénomènes météorologiques extrêmes, inondations, tornades, et, pour ce qui nous intéresse ici, sécheresses, ne sont ni plus nombreux ni plus intenses que voilà un siècle. Une étude précise de Koonin montre que, selon les relevés de l’Agence américaine pour la protection de l’environnement, les grandes vagues de chaleur et de sécheresse ont eu lieu aux Etats-Unis dans les années 1930 : ce sont des données fiables, reconnues comme telles par tous les scientifiques dans le monde.

 

L’assurance confirme : moins de catastrophes climatiques

Notre confrère Contrepoints vient d’apporter un élément de confirmation intéressant sous le titre « Les catastrophes naturelles, notamment climatiques, sont moins nombreuses ». Il se place du point de vue des assureurs, ce qui donne une valeur particulière à ses chiffres, car on n’a jamais vu un actuaire travailler à perte. Selon lui, « après une baisse de 8 % en 2025, les tarifs de la réassurance avaient chuté de plus de 14 % lors des renouvellements du mois de janvier 2026, notamment du fait de sinistres climatiques moins importants ». Le premier semestre 2026 confirme cette baisse significative : en conséquence, les prix de la réassurance ont reculé de 5,5 %. Ce n’est pas une évaluation, c’est une mesure, sonnante et trébuchante. Les réassureurs sont en quelque sorte les assureurs des compagnies d’assurance, et les deux principaux d’entre eux, Swiss Re et Munich Re ont de très bons résultats cette année.

 

Le Népal malheureux objet de propagande

Un mot de la catastrophe himalayenne, elle aussi bien réelle, et très lourde hélas : 1.300 morts, 4.200 disparus. Il faudra du temps et des efforts pour panser et reconstruire. Mais tout de suite, les médias du monde entier et de nombreux responsables politiques, dont le Premier ministre népalais Balendra Shah, ont seriné un récit de propagande : sans « aucun doute », la coulée de boue dévastatrice serait « due au changement climatique ». Avec deux conséquences idéologiques et politiques. Les pays du Sud réclament une « justice climatique », entendez par là un nouveau transfert de richesses du Nord vers le sud. Pour les appuyer, des scientifiques connus pour leur activisme climatique, tel Benjamin Horton, recommandent aux gouvernements du Nord de réduire leurs émissions de CO2 : « L’avenir n’est pas prédéterminé. Chaque fraction de degré de réchauffement évitée compte. » Or, nous savons, bien sûr, que le CO2 n’est pour rien dans la catastrophe himalayenne. Mais la réalité n’a aucune importance : dans le vide des cerveaux, le rouleau compresseur de la propagande climatique a profité de l’été 2026 pour avancer.

 

Pauline Mille