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25 % des adolescentes de 14 ans se sont déjà auto-mutilées au Royaume-Uni

25% adolescentes 14 ans auto mutilées Royaume Uni
 
Signe d’un mal-être sans précédent chez les jeunes filles britanniques, des chiffres récents indiquent que le quart des adolescentes âgées de 14 ans se ont déjà auto-mutilées au Royaume-Uni, alors que pour la première fois, on constate davantage de filles malheureuses à l’école que de garçons. La Children’s Society s’appuie sur les données d’une enquête réalisée auprès de 11.000 personnes, dont l’extrapolation permet selon cette association d’affirmer que près de 110.000 enfants âgés de 14 ans, soit 76.000 jeunes filles et 33.000 garçons, se sont livrés à l’auto-mutilation au cours d’une année.
 
Réalisée auprès de jeunes âgés de 11 à 15 ans, l’enquête leur demandait de noter sur 10 leur niveau de bonheur sur différents plans. Il en ressort que l’écart se creuse entre filles et garçons : en moyenne, ces derniers affichent un contentement évalué à 8,17 sur 10, contre 7,8 sur 10 pour les filles.
 

Les filles plus malheureuses que les garçons au Royaume-Uni

 
Si les filles sont pour la première fois depuis 2003 plus malheureuses que les garçons à l’école, elles restent significativement plus satisfaites pour tout ce qui concerne le travail scolaire. Cela vaut notamment pour les examens : ce n’est pas la pression des études qui pèse sur ces demoiselles. Ce sont semble-t-il les aspects sociaux de la vie scolaire qui affectent nombre d’entre elles.
 
« Tout cela suggère qu’il y a peut-être autre chose qui affecte la manière dont les jeunes filles vivent l’école. Nous avons constaté que les plaisanteries et les commentaires à l’école sur leur aspect physique et leur activité sexuelle, tout comme le partage de photos ou de vidéos montrant les corps des condisciples, ont un fort impact sur les jeunes filles », observe Matthew Reed, responsable exécutif de la Children’s Society. Et de souligner que certains garçons peuvent au contraire se sentir « boostés » par ce type d’attention publique – « cela n’est pas vrai pour les filles ».
 
« Toutes ces choses font que les jeunes filles ont des sentiments plus négatifs sur leur propre apparence et sur leur vie dans l’ensemble, et cela peut aider à expliquer pourquoi elles ont davantage tendance à se sentir déprimé ou à s’auto-mutiler », a-t-il ajouté.
 

25 % des adolescentes de 14 ans se sont auto-mutilées au cours de l’année passée

 
Mais il a une explication supplémentaire : alors que 46 % des jeunes qui affirment ressentir une attraction homosexuelle se sont livrés à l’auto-mutilation, Matthew Reed veut trouver une explication politiquement correcte. Tout en reconnaissant que pour les filles, l’inquiétude à propos de leur propre allure physique est un grand facteur lié à l’auto-mutilation, il estime que la manière dont les jeunes perçoivent leur sexualité et les « stéréotypes de genre » peuvent avoir un rapport avec leur état de tristesse. Il réclame le déblocage de fonds publics pour répondre à ce qu’un autre responsable, Roy Perry de l’Association du gouvernement local, appelle une « crise de la santé mentale des jeunes ».
 
Le Dr Max Davie, responsable de la promotion de la santé au Collège royal des pédiatres, estime pour sa part urgent la mise en place d’un enseignement complet sur les stéréotypes de genre et la sexualité au sein des nouveaux programmes d’éducation sexuelle.
 

Le malheur des jeunes, résultat d’une démission devant le politiquement correct ?

 
Ou comment faire feu de tout bois pour prétendre régler des problèmes en y ajoutant des facteurs aggravants…
 
Si les jeunes, et notamment les jeunes filles, souffrent de manière inédite, n’est-ce pas parce que le discours sur le genre est omniprésent, et qu’on encourage les incertitudes et les flottements de l’adolescence pour en faire des absolus qu’il faudrait respecter ? N’est-ce pas parce que l’éducation mixte au collège, à l’âge le plus difficile – ne l’appelait-on pas l’âge ingrat ? – met une pression insupportable sur les jeunes, et spécialement sur les filles qui ressentent le besoin de plaire ? N’est-ce pas en raison de la pression des réseaux sociaux et de l’encouragement tous azimuts – quoi qu’en disent les autorités – du partage de photos impudiques, qui aboutit souvent au cyber-harcèlement ?
 
Si le problème de santé mentale est tel, il mérite certainement qu’on en recherche les causes de manière plus précise !
 

Anne Dolhein