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Manuel Valls d’Evry à Barcelone : quand la politique chevauche la vie privée

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Il vient d’expliquer sa candidature à la mairie de Barcelone par un « bouleversement de sa vie privée ». Pour Manuel Valls, même avant Evry, vie privée et politique furent toujours liées, il arrivait qu’elles se chevauchent. C’est une sorte de Bel Ami du mondialisme transfrontières.
 
Quand il épousa l’institutrice Nathalie Soulié, rencontrée sur les bancs de la Fac, en 1987, Manuel Valls posait aux côtés de Michel Rocard avec quelques autres ambitieux, Hamon, Moscovici, Mélenchon, Bartolone et Cambadélis. Contrairement à la plupart d’entre eux, il choisit de courir aux honneurs du côté droit de la deuxième gauche, le côté fermé où celui qui chevauche l’ambition doit se garder à la fois des Fabius et des Bayrou. Et c’est ainsi qu’il fut élu à Evry, maire puis député. 
 

L’épouse de Manuel Valls plus glamour que celle d’Ayrault

 
Il devint quelque chose au PS et laissa tomber son épouse et ses quatre enfants pour filer le parfait amour avec une violoniste du Sud-Ouest qui avait un grand père juif moldave et jouait pour Voulzy et Françoise Hardy, Anne Gravoin. Pour lui, « une musicienne, c’était un peu plus glamour qu’une prof d’allemand ». J’avoue n’avoir pas d’opinion personnelle sur cette grave question, mais je sais que ce fut une pierre jetée dans le jardin de l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault quand Manuel Valls lui succéda à Matignon. A l’époque, la glamoureuse Anne Gravoin n’était pas loin de chevaucher la chimère avec lui et se serait bien vue première Dame de France, puisque c’est ainsi qu’elles parlent et pensent. Manuel Valls, ayant usé et abusé de l’article 49-3 qui permet de faire passer n’importe quelle loi par le vote bloqué, s’acquit une solide réputation d’homme de droite de la gauche et put passer le manche à Cazeneuve pour se préparer pour la présidentielle.
 

Privé d’Elysée il se replie sur Evry : c’est la vie politique !

 
Il se voyait déjà tout en haut de l’affiche mais il n’eut pas de chance et tomba lors de la primaire sur son copain Hamon, toujours aussi bas du front, mais apprécié de l’apparatchik en raison de ses limites. Patatras, notre beau Manuel fut battu. Il se replia sur Evry pour lécher ses blessures, bramant à la presse, en janvier 2017 :» Je reste ce que j’ai toujours été : l’élu d’Evry, qui m’a tant appris. Evry, c’est aussi ma sève, ma source. » Il lui fallait cela car Anne la glamoureuse, déçue dans ses espoirs élyséens, divorçait. C’est alors que la vie privée de notre Valls lui fit réussir l’un de ces changements de front qui font sa force. Le PS marquait mal à l’époque, il fut réélu de justesse à Evry, en l’absence bienveillante d’un candidat de la République en marche. Il s’était mis en ménage avec une députée de cette casaque, Olivia Grégoire, ancienne assistante de Raffarin (la pauvre fille), qui, ayant fait carrière à la gauche de la droite, se retrouvait avec son nouvel homme dans le grand bain macronien.
 

Quand Manuel Valls chevauche une nouvelle ambition

 
Las, bien des esprits avisés se demandaient si Macron est un bon placement à long terme. Et puis notre Manuel Valls, tout en restant à Evry, sa source et sa sève, savait y avoir été très mal élu et n’avait plus d’espoir d’y être réélu. Il espéra une place de ministre, mais ne parvint jamais à traverser la rue du Faubourg Saint Honoré pour rendre visite à Macron. Il commençait à désespérer en privé quand le destin jeta sur sa route une sémillante quinquagénaire, riche héritière catalane de surcroît, Susana Gallardo. C’est elle qui le poussa à se déclarer candidat à la mairie de Barcelone, en deux langues s’il vous plait, castillan et catalan. Né à Barcelone en 1962, naturalisé français vingt ans plus tard, Valls revient à sa première source en même temps qu’à sa future sève.
 

Barcelone, Susana, la grande vie : Ubi bene, ibi patria

 
L’homme nie par ses actes et ses choix la Nation, l’Etat, qu’il a prétendu servir. Le service public demande une fidélité qui ne dépend pas de l’intérêt privé de celui qui s’y consacre. Manuel Valls s’en fiche. Quand son confort et son ambition ont soufflé vers Paris, il s’est fait naturaliser, s’est mis dans une écurie, a chevauché les bons bourrins et a fait sa route. Quand la bise fut venue, il lui a fallu choisir une solution de repli. Rentrer au pays, avec le petit pincement au cœur de l’immigré qui a connu la grande ville. Mais Barcelone n’est pas mal non plus, les Ramblas, la Sagrada familia, et puis c’est très branchouille. En outre, je ne voudrais pas être terre à terre, mais avec Susana, plus de souci à se faire pour la matérielle. Ça va peut-être détendre, le petit Manuel, il va arrêter de froncer les sourcils pour un oui pour un non. Ça nous fait chaud au cœur pour lui. Et pour tous ceux de son espèce. Les nomades qui nous gouvernent. Les gens qui sèment le bonheur tout autour de la terre. Ubi bene, ibi patria.
 

Pauline Mille