
L’encre de l’accord conclu entre le Saint-Siège et PĂ©kin sur la reconnaissance des Ă©vĂŞques de l’Eglise patriotique officielle schismatique et le droit du parti communiste chinois de nommer et d’approuver des Ă©vĂŞques Ă©tait Ă peine sèche que l’on apprenait la destruction de deux sanctuaires dĂ©diĂ©s Ă la Vierge Marie. Ce vandalisme d’Etat s’inscrit dans une volontĂ© de plus en plus affirmĂ©e du parti communiste de contrĂ´ler la pratique religieuse en Chine.
Un mois, donc, après l’accord salué par le Vatican, ce sont les sanctuaires de Notre-Dame des Sept Douleurs à Dongergou (Shanxi) et de Notre-Dame de Joie, connue également comme Notre-Dame de la Montagne, à Anlong (Guizhou), qui sont tombés victimes des pelleteuses. Les deux lieux de culte avaient pour particularité d’être fréquentés aussi bien par les membres de l’Eglise patriotique que par les fidèles de l’Eglise catholique clandestine qui au prix de tant de sacrifices, était restée unie à Rome.
Deux sanctuaires où les catholiques fidèles et les membres de l’Eglise patriotique vénèrent la Vierge Marie
Comme lors de prĂ©cĂ©dentes destructions d’églises catholiques et de temples chrĂ©tiens en Chine, les autoritĂ©s ont prĂ©textĂ© dans le cas d’Anlong l’absence de permis de construire conformes. Mais sur place, les catholiques ont dĂ©clarĂ© Ă AsiaNews que les dĂ©molitions font parti des efforts de « sinisation » du parti communiste qui veut aligner l’Eglise catholique en Chine sur la pensĂ©e officielle du gouvernement sur la culture, la sociĂ©tĂ© et la politique. Les autoritĂ©s auraient dĂ©clarĂ© qu’il y avait « trop de croix », « trop de peintures religieuses » : la seule solution Ă©tait de les dĂ©molir.
Le fait est qu’une semaine plus tĂ´t, en pleine liesse internationale officielle Ă propos de l’accord sino-vatican, les catholiques d’Anlong avaient demandĂ© aux catholiques du monde entier de prier pour leur sanctuaire afin que celui-ci soit prĂ©servĂ© de la destruction.
Plusieurs vidéos mises en ligne par des témoins locaux ont été reprises par AsiaNews. A Anlong, on voit et on entend des engins de chantier munis de marteaux pneumatiques s’attaquer à la façade du sanctuaire. A Dongergou, les images montrent une grue démantelant les statues monumentales de la façade.
La destruction de sanctuaires en Chine s’inscrit dans le projet de sinisation
AsiaNews observe que depuis la signature de l’accord entre la Chine et le Vatican, le rythme des destructions s’est accĂ©lĂ©rĂ©. Serait-ce le fait, comme le disent certains, de la volontĂ© de l’Association catholique patriotique de Chine et du Front uni chargĂ© des activitĂ©s religieuses, de rendre l’accord caduc parce qu’ils y sont opposĂ©s ? C’est ce qu’avance AsiaNews, sans adhĂ©rer ouvertement Ă cette thèse.
On peine Ă y croire dans la mesure oĂą la Chine a tout intĂ©rĂŞt Ă cet accord, dont la rĂ©alitĂ© s’est manifestĂ©e Ă la face du monde par la prĂ©sence de deux Ă©vĂŞques soutenus par le gouvernement communiste, et dont l’excommunication a Ă©tĂ© levĂ©e grâce Ă la signature du texte, au synode sur les jeunes Ă Rome. De toute façon, les dĂ©molitions ne datent pas de ces derniers jours.
Destruction de sanctuaires et attaques contre l’évangélisation en Chine
SupposĂ© « pastoral » en ce qu’il est prĂ©sentĂ© comme rĂ©sultant d’une volontĂ© de rapprocher l’Eglise patriotique et l’Eglise clandestine, l’accord a Ă©tĂ© vivement dĂ©noncĂ© par le cardinal Joseph Zen qui y voit une manière d’obtenir « l’annihilation » de l’Eglise catholique en Chine.
Depuis février dernier, les églises sont interdites aux mineurs. En septembre, de nouvelles restrictions ont visé l’évangélisation, puisqu’il est désormais illégal de mettre en ligne les textes des prières religieuses, des catéchèses et des homélies.



























































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