Parmi les actes qui permettront de gagner l’indulgence plénière associée à l’année jubilaire 2025, il en est une qui est vraiment inédite : outre les pèlerinages aux sanctuaires désignés, les œuvres de miséricorde et de pénitence, dont le jeûne classique, le décret publié par le Vatican le 13 mai 2024 propose aussi le jeûne des « distractions futiles ». Le décret précise que ces distractions peuvent être « réelles ou virtuelles, véhiculées par les médias et les réseaux sociaux ».
Il n’y a pas de doute que les « distractions » modernes, et en particulier les heures passés à jouer en ligne ou à regarder les dernières vidéos mises en ligne sur Facebook, TikTok, Instagram… même lorsqu’elles sont innocentes, occupent toute l’attention et se liguent contre toute espèce de vie intérieure.
L’année jubilaire, une occasion de rompre avec les réseaux sociaux
Le décret signé par le pénitencier majeur, le cardinal Angelo De Donatis, à l’occasion de la « mémoire de la Bienheureuse Vierge Marie de Fatima », l’exprime ainsi :
« L’Indulgence plénière sera également reçue à travers des initiatives qui mettent en œuvre concrètement et généreusement l’esprit de pénitence qui est comme l’âme du Jubilé. Il s’agit en particulier de retrouver la valeur pénitentielle du vendredi, en s’abstenant, au moins durant une journée, de distractions futiles (réelles ou virtuelles, véhiculées par les médias et les réseaux sociaux), de consommation superflue (par exemple en jeûnant ou en pratiquant l’abstinence suivant les normes de l’Eglise ou des évêques), ainsi qu’en attribuant une somme d’argent aux pauvres, en soutenant des activités religieuses ou sociales, en particulier en faveur de la défense et de la protection et de la qualité de la vie en toutes ses étapes, de l’enfance abandonnée, des jeunes en difficulté, des personnes âgées dans le besoin ou isolées, des migrants des différents pays “qui abandonnent leur terre à la recherche d’une vie meilleure pour eux-mêmes et pour leurs familles”, en consacrant une part convenable de son temps libre à des activités bénévoles, en faveur de la communauté, ou à d’autres formes d’engagement. »
Du jeûne des distractions virtuelles à la confession
Le décret prévoit également de faciliter l’accès au « sacrement de pénitence », en étendant les cas où les prêtres pourront donner l’absolution de péchés « réservés » à l’évêque ou au Saint-Siège, et en demandant aux prêtres de se rendre davantage disponibles pour la confession (« individuelle », précise le décret) :
« La Pénitencerie invite tous les prêtres à faire le don généreux d’eux-mêmes, afin d’offrir largement aux fidèles la possibilité de profiter des moyens du salut. A cette fin, ils rendront publics les horaires des confessions, en accord avec les curés et les recteurs d’églises, se rendant présents au confessionnal, programmant des célébrations pénitentielles à un rythme fréquent. Les prêtres qui, pour des raisons d’âge, n’ont plus de ministère défini, se rendront également disponibles. En fonction des possibilités, on rappellera, conformément au Motu proprio Misericordia Dei, l’opportunité pastorale qu’il y a à entendre les confessions durant la célébration de la messe. »
Le décret précise : « Après avoir dûment instruit les fidèles de la gravité des péchés liés à une censure ou une réserve, les confesseurs détermineront avec une charité pastorale une pénitence sacramentelle capable de favoriser une réelle repentance, et selon les cas, de réparer les éventuels conséquences ou scandales. »
Enfin, le décret rappelle que l’indulgence obtenue est « applicable aux âmes du purgatoire ».