Dans un entretien vidéo d’Alex Marlow de Breitart avec la spécialiste de l’information internationale du média, Frances Martel, les deux journalistes sont revenus mardi sur la capture de Nicolas Maduro au Venezuela – qu’ils approuvent pleinement. Ils montrent comment le pays, si riche avant l’arrivée de Hugo Chavez et de sa variante locale du communisme, a sombré dans l’horreur après avoir « nationalisé », ou plutôt volé les biens personnels et industriels. Cette plongée dans la misère n’a rien à envier à ce qui s’est passé ailleurs dans le monde avec l’arrivée du socialo-communisme. Le coup de force de Trump, sans aller pour le moment jusqu’à un renversement de régime, a ceci de particulier, ont-ils noté d’emblée, qu’il ne s’est inquiété de l’avis de personne sur le plan international avant de lancer les hélicoptères des forces spéciales sur Caracas. « Il se moquait éperdument de ce que pensaient la France, l’Allemagne, l’UE, les Suisses »…
Mais un autre aspect de ce coup audacieux est encore plus original. On a pris un dictateur – et sa femme – mais on ne les a pas exécutés sur-le-champ comme les Ceaucescu ou Kadhafi : ils ont été exfiltrés vers les Etats-Unis, inculpés selon les règles habituelles, et ils auront droit à une procédure pénale classique et à toutes les garanties qui y sont associées, y compris le droit de se taire, de se faire représenter par des avocats, de plaider non coupable, de bénéficier de cet « état de droit » dont Trump est si volontiers présenté comme le fossoyeur.
Sous Chavez et Maduro, le Venezuela est devenu exsangue
C’est si vrai que Maduro était paraît-il tout étonné de se voir signifier ses droits ; il est vrai qu’en dictature, on n’a pas l’habitude, et on s’en soucie d’autant moins qu’on est aux manettes.
Voici en tout cas quelques faits évoqués pendant la conversation et qui méritent d’être retenus au sujet de l’histoire récente du Venezuela, si riche en ressources et qui, après la chute de Cuba sombrant dans le communisme, était devenue la nation la plus prospère d’Amérique latine.
La principale richesse était le pétrole, mais tous n’étaient pas riches et Hugo Chavez a joué sur ce fait pour se faire démocratiquement élire en 1999, combinant les promesses en direction des plus pauvres et un patriotisme de façade qui pouvait plaire au peuple.
A peine arrivé au pouvoir, il a fait exproprier toutes les sociétés pétrolières sur place en accaparant au passage de nombreux avoirs américains puisqu’elles étaient pour la plupart étatsuniennes. Celles-ci s’étaient certes enrichies mais cette richesse avait déjà largement profité aux Vénézuéliens.
Chavez a également pris l’industrie chimique, les raffineries, les terres agricoles, n’omettant pas au passage d’éliminer, physiquement ou par l’exil, les ingénieurs et experts qui avaient les connaissances nécessaires au fonctionnement des industries lourdes.
Le Venezuela a sombré économiquement malgré ses fabuleuses ressources pétrolières
C’est de là que date l’effondrement des stocks de pétrole : le secteur était désormais géré par les copains de Chavez qui n’avaient aucune idée de ce qu’il fallait faire pour exploiter cette richesse : il s’était passé la même chose à Cuba où c’est le sucre qui a commencé à manquer avec l’arrivée de Castro, alors que c’était la principale ressource de l’île.
Chavez a su pourtant manipuler l’Iran, Cuba, la Chine et la Russie qui l’ont assez financé pour garder son régime debout.
A sa mort, en 2013, c’est Nicolas Maduro, ancien chauffeur de bus devenu ministre des Affaires étrangères de Chavez, qui a pris sa suite, une nouvelle fois à la suite d’une élection démocratique face à un opposant détesté. L’une des responsabilités qui lui avait été confiée fut de tisser des liens avec le Hezbollah…
Très rapidement, la catastrophe économique que Chavez avait su empêcher pour partie devait éclater avec toute sa force. En 2014 et 2015, on commençait à entendre que les Vénézuéliens se nourrissaient dans les poubelles ; voire en tuant les animaux du zoo. D’alors date aussi la décision de Maduro d’envoyer les chars contre la population désespérée : des manifestants, y compris des mineurs de 14 ans, furent tués. Entre cela et la torture, la population n’avait guère les moyens de faire tomber Maduro, d’autant que celui-ci avait pris le soin de mettre en place un désarmement général.
Certes, on a continué à organiser des élections au Venezuela mais avec un veto de fait sur les véritables opposants : n’y concouraient qu’une poignée de communistes « autorisés » et Maduro gagnait toujours.
Pendant ce temps, 8 millions de personnes choisissaient l’exil…
Le Venezuela a sombré économiquement tandis que Maduro s’appuyait sur les cartels
Maduro est-il vraiment un narcoterroriste, comme l’affirme l’administration Trump ? Selon Frances Martel, il l’est certainement aujourd’hui, mais le cartel qui l’a enrichi était d’abord celui de ses fils, et il était en état de fonctionnement et déjà très profitable avant que Maduro lui-même n’y fît son entrée active.
Frances Martel ajoute que Maduro a profité des forces armées et des infrastructures militaires pour trafiquer la cocaïne produite en Colombie, notamment par les FARC, autre organisation terroriste communiste. Il n’avait guère le choix, dit-elle : c’était devenu la principale source de revenu alors que le pétrole vénézuélien partait pour rien vers Cuba, vers la Chine en échange de leur soutien, notamment devant l’ONU.
La Chine a ouvert une ligne de crédit de 5 milliards de dollars en faveur du Venezuela de Maduro en 2016 (ce n’était pas la première fois) pour l’aider à préserver une certaine stabilité, remboursable en pétrole, raffiné sur place par des Iraniens, mais de manière insuffisante du fait de leur manque d’expertise. De son côté Maduro répétait à l’envi qu’il fallait envahir Taïwan. Les deux pays communistes étaient donc étroitement liés et l’action de Trump a sûrement pris cela en considération.
Sachant que la Chine a besoin de ce pétrole pour assurer sa propre stabilité, note Frances Martel, Trump a joué prudemment en l’assurant qu’elle pourrait continuer d’y avoir accès, alors que les Etats-Unis sont prêts à assurer une augmentation de la production en assurant son raffinage, qui exige des procédures particulières au vu de sa qualité. C’est une expertise que les Etats-Unis possèdent parce que c’étaient eux, justement, qui géraient la chose avant le chavisme, apportant infrastructures et connaissances.











