La décision de Donald Trump d’ordonner le retrait des Etats-Unis de pas moins de 66 organisations internationales fait l’effet d’une bombe : dans Le Monde hier, l’information était en tête des articles les plus lus, et à juste titre, car il s’agit d’un indicateur majeur de l’esprit qui anime désormais l’administration américaine. Défense de la souveraineté, désaveu du mondialisme que ces organismes sont si nombreux à promouvoir, idée qu’une nation a le droit de protéger ses propres intérêts, rejet du wokisme ; résistance face à des politiques imposées au nom du « climat » : voilà les raisons qui expliquent le coup de force de Trump. Cela s’ajoute à d’autres démarches de libération nationale : sous son impulsion, les Etats-Unis avaient déjà quitté des organisations comme l’OMS et le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, mais aussi l’UNESCO auquel était attribué « une feuille de route idéologique et mondialiste pour le développement international ».
Donald Trump a signé mercredi le mémorandum présidentiel actant le fait que 66 organisations internationales dont les Etats-Unis faisaient partie (et subventionnaient par le fait) « ne servent plus les intérêts américains ». 31 d’entre elles sont en lien avec l’ONU. Les US quittent en particulier la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUC, conclue en 1992 à Rio), et s’il est vrai que Trump et son équipe n’ont jamais caché leur volonté de les désengager de la soumission à des politiques fondée sur la supposée responsabilité des « pays riches » à l’égard des catastrophes annoncées du fait des variations du climat, c’est aujourd’hui la pièce maîtresse du dispositif qui est renversée par les Etats-Unis.
Trump signe le retrait des Etats-Unis des organisations globalistes
Les Etats-Unis ne font plus, non plus, partie du GIEC, le comité des experts scientifiques de l’ONU sur le climat et quittent par la même occasion Agence internationale pour les énergies renouvelables, l’Union pour la conservation de la nature.
Autre très bonne nouvelle : Trump a décidé le retrait du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), l’un des plus gros promoteurs de la culture de mort via la contraception et l’avortement, l’organisme étant fondamentalement malthusien, et d’ONU-Femmes qui est aussi en pointe dans ces thématiques.
« L’administration Trump a jugé ces institutions redondantes, mal gérées, inutiles, coûteuses, inefficaces, instrumentalisées par des acteurs poursuivant des objectifs contraires aux nôtres, ou menaçant la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation », a déclaré le Département d’Etat au sujet de la salve de retraits.
Le secrétaire d’Etat Marco Rubio a pour sa part accusé les organisations visées de promouvoir une « idéologie progressiste », dénonçant notamment « les campagnes pour “l’égalité de genre” et l’orthodoxie climatique ».
31 organismes de l’ONU verront disparaître une partie de leur financement
Le mémorandum présidentiel exige l’arrêt de toute coopération et financement des organisations visées de la part des ministères et des agences exécutives des Etats-Unis « pour autant que la loi le permet », et fait suite, selon la Maison Blanche, à un passage en revue de chaque organisation inter-gouvernementale, convention, et traité auxquels ils sont partie. Deux motivations sont avancées : soit ces institutions sont au service de programmes « globalistes » qui contredisent les priorités américaines, soit elles gèrent des questions importantes d’une manière si inefficace qu’il vaut mieux y répondre autrement par le biais de l’argent du contribuable, jusqu’ici dépensé à coups de milliards sans retour significatif.
La liste totale des organisations quittées a été publiée sur le site de la Maison Blanche et comprend notamment le Forum global du contre-terrorisme, le Forum global sur la migration et le développement, et, côté ONU, les divers organismes ECOSOC, la Conférence de l’ONU sur le commerce et le développement, ONU Océans et bien d’autres. L’entité la plus symbolique est peut-être l’Alliance des civilisations des Nations unies, créé par Kofi Annan en 2005 pour « embrasser et promouvoir la diversité culturelle, le pluralisme religieux et le respect mutuel ». En clair : affirmer le relativisme obligatoire et le refus de la hiérarchisation des cultures, avec des valeurs « ancrées dans le Pacte pour l’avenir, adopté lors du Sommet de l’avenir, qui s’est tenu à New York en septembre, et dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et ses 17 objectifs ».
Des organisations internationales pour la gouvernance globale
La Maison Blanche a également précisé que nombre des organisations visées font la promotion de politiques du climat « radicales », de programmes idéologiques en conflit avec la souveraineté et la force économique des Etats-Unis, et de la « gouvernance globale ».
C’est tout le contraire de la rhétorique de la Chine et de la Russie ; Xi Jinping n’a-t-il pas déclaré en 2023 que Moscou et Pékin devaient collaborer davantage pour « prendre la tête de la réforme de la gouvernance mondiale » ? Deux ans plus tard, en octobre dernier, Poutine affirmait à Sotchi que l’Initiative de gouvernance globale de la Chine est étroitement « alignée » avec la vision russe de la sécurité eurasiatique.
Qui défend le mieux la souveraineté ?











