En décembre 1979, le gouvernement de Margaret Thatcher proposa de construire un nouveau réacteur chaque année pendant dix ans, soit dix au total. Un seul fut construit : Sizewell B. Une étude, menée par l’Adam Smith Institute (ASI), a révélé que près de deux douzaines de nouveaux réacteurs nucléaires proposés par les gouvernements britanniques successifs depuis les années 1980 ont échoué, laissant le pays de plus en plus dépendant du gaz. Dans le même temps, la France a mis en service plus de 45 réacteurs nucléaires, qui fournissent aujourd’hui jusqu’à 70 % de son électricité. L’ASI a constaté que le succès de la France dans la construction de centrales nucléaires était une des principales raisons pour lesquelles les consommateurs français bénéficiaient de factures 40 % moins chères qu’au Royaume-Uni. Mitchell Palmer, économiste à l’Institut Adam Smith, a déclaré que les projets de réacteurs disparus avaient été abandonnés à cause d’une réglementation excessive qui les rendait impossibles ou tout simplement non rentables à construire. « Les ménages britanniques sont sacrifiés sur l’autel d’une politique énergétique défaillante. Payer 40 % de plus que les Français est la conséquence de décennies de réglementation excessive. (…) Whitehall a imposé 7.000 modifications de conception pour la centrale en construction à Hinkley Point, dans le Somerset, tandis que nos voisins construisaient une flotte standardisée et récoltaient les fruits d’une consommation énergétique rationnelle. » Une vision un peu trop flatteuse de la situation, mais qui montre la lucidité en la matière de Giscard et de son ministre André Giraud, et le tort qu’ont eu certains de leurs successeurs d’écouter les sirènes des Verts et de l’industrie allemande, ce qui a privé la France d’une part importante du fruit de ses efforts.











