Après l’incendie d’un siège du Parti communiste dans la ville de Morón, dans la province de Ciego de Avila à Cuba, les manifestations contre le pouvoir se poursuivent tous les jours depuis près de deux semaines. Selon le journaliste José Raúl Gallego, celui-ci envoie désormais ses troupes spéciales, les Boinas Negras, dans certains lieux pour essayer de contenir la colère populaire et l’empêcher de s’exprimer. L’incendie de Morón s’en est pris au symbole même de la faillite cubaine, le Parti, mais il n’était pas isolé : c’est un peu partout dans l’île que les habitants sortent dans la rue pour dénoncer le manque d’électricité, de nourriture et même d’eau, puisque même l’acheminement de celle-ci est bloqué pendant des jours, voire des semaines, dans certaines localités.
Soulèvements à Cuba contre le pouvoir communiste
Samedi soir, de nouvelles « casserolades » ont protesté contre ce qu’ils appellent les « apagones », ou coupures de courant, alors que la crise économique frappe l’ensemble de la population. Si le régime castriste incrimine le blocage pétrolier imposé par les Etats-Unis contre Cuba pour viser son leader Miguel Díaz-Canel, les slogans des manifestants ne laissent pas de place au doute. Ils réclament des changements, critiquent le gouvernement et n’hésitent pas à s’approcher des lieux de pouvoir. Désormais, la police et l’armée sont mobilisées contre la population, comme le confirment d’autres journalistes qui ont constaté une importante présence des forces de l’ordre, notamment sur la Calzada de Diez de Octubre à La Havane. En régime communiste, rien ne change.
Le manque de pétrole n’explique pas tout. Les centrales thermoélectriques sont dans un état de dégradation important à Cuba, tout comme l’ensemble du réseau électrique, pour cause de manque d’entretien pendant des années. Le riz, l’huile d’olive, la farine et la viande manquent de plus en plus et l’inflation galope.
La pénurie à Cuba provoque la colère contre le pouvoir communiste
Gallego partage notamment sur son compte Facebook les images d’une église de La Havane où la population locale applaudissait dimanche l’arrivée pour l’office de l’ambassadeur des USA, Mike Hammer. Ce sont des gens ordinaires qui ne donnent en aucun cas l’image d’un peuple soulevé contre l’impérialisme, comme le voudrait le récit officiel.
En somme, il semblerait que les pressions de Donald Trump sur Díaz-Canel et ses hommes ne soient pas mal perçues sur place. Le journaliste écrit au sujet de la vidéo : « Regardez bien les visages de ces gens, pour comprendre qu’ils ne sont pas des mercenaires, qu’ils ne sont pas à la solde de la CIA, qu’ils ne sont ni des vendus ni des anti-cubains. Non. Ce sont des gens ordinaires qui en ont assez de vivre comme des animaux, opprimés par une poignée de vieillards et leurs proches qui mènent la grande vie, et qui voient aujourd’hui, pour la première fois en 67 ans, une lueur d’espoir. D’où qu’elle vienne. »
Dans une autre petite vidéo, il montre les voitures militaires et policières qui circulent et commente : « Quand on vient te dire que les ambulances n’ont pas de combustible à cause de Trump, montre cette vidéo. C’est ça toutes les nuits, partout à Cuba. Des patrouilles, des camions, des transports de troupes spéciales armées patrouillent dans les rues pour faire peur à la population et arrêter quiconque ose protester pour réclamer ses droits. »











