La Phrase : « On vend de l’indépendance à ceux qui l’achètent »

 

Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Economie, a résumé par cette phrase sa vision de l’offre française sur le marché mondial des armes. Si la France est deuxième exportatrice d’armes au monde, avec 9,2 % des parts de marché, loin derrière les Etats-Unis (42 %), c’est qu’elle a su concevoir et maintenir une chaîne industrielle complète et indépendante pour produire tous les systèmes d’armes. Cela lui permet aussi d’acheter à sa propre industrie 90 % des armes dont elle a besoin, et de garantir aux pays qui lui achètent des armes une production indépendante. L’Union européenne n’utilise pas, hélas, cet atout déterminant. L’Europe, à cause de la guerre en Ukraine et depuis que Donald Trump a demandé aux membres non-Américains de l’OTAN d’assumer leur part de défense, est aujourd’hui la première acheteuse d’armes (38 % du marché). Hélas, cet effort d’équipement se tourne vers des matériels US. En somme, quand les citoyens européens mettent la main au portefeuille pour s’armer, ils font les profits de l’industrie américaine. Et se soumettent par la même occasion au commandement américain, qui conserve un droit de regard sur l’utilisation des armes vendues par l’industrie américaine. Un exemple pour mieux comprendre : si l’Inde se fournit massivement en avions de combat Rafale, ce n’est pas seulement qu’il a prouvé son efficacité au combat, c’est aussi que son utilisation ne peut être bloquée par les USA.