Le rapport du roi Charles d’Angleterre avec la religion chrétienne, dont il est le supposé défenseur, est curieux. Cette année, Buckingham Palace avait fait savoir qu’il n’y aurait pas de message de Pâques pour les chrétiens du Royaume-Uni et du Commonwealth. La nouvelle a suscité un tollé, d’autant que le roi Charles III venait, en février, de gratifier les musulmans de vœux à l’occasion du Ramadan. Finalement, la famille royale s’est fendue d’un court message le dimanche de Pâques sur son compte Instagram, avec une image montrant une croix vide et les mots « Il est ressuscité », mais Charles n’a rien fait à titre personnel. Cela peut paraître anecdotique, mais l’affaire est hautement symbolique de la spiritualité globale vers laquelle les grands de ce monde veulent précipiter le monde entier.
On peut penser que la famille royale britannique a été ébranlée par les multiples critiques qui ont accueilli l’annonce d’une abstention à sens unique. Certes, seul le message de Noël est traditionnel de la part du roi ou de la reine, mais les signes d’ouverture de Charles III à l’islam ont un peu modifié la donne, puisque les messages envoyés à la communauté musulmane sont encore moins dans la tradition des chefs de l’église anglicane que sont les monarques britanniques.
Un commentaire pointu de la part de l’ancien aumônier de la reine Elisabeth II, Gavin Ashenden, sur son compte Substack, a dû peser. Converti à la religion catholique, il n’en garde pas moins une estime certaine à l’égard de la monarchie et pour sa responsabilité à l’égard du christianisme au sens large.
Le message de Pâques de la « famille royale » : de la limitation de dégâts ?
Le titre de sa chronique dit tout de son approche. « Est-ce ceci, la raison pour laquelle le roi refuse de célébrer la foi qu’il a juré de défendre en prononçant la salutation “Le Christ est ressuscité” ? » Ils pose d’emblée le débat sur le plan théologique en montrant le contraste entre la doctrine catholique et ce que raconte l’islam au sujet du « prophète » Jésus (ou plutôt, « Issa »).
Nous croyons que le Christ est mort et a été enseveli, et qu’il est ressuscité le troisième jour. Ashenden rappelle que dans l’islam, le récit chrétien de la résurrection est une tromperie, que Jésus aurait survécu, soit par substitution de corps, qui aurait permis à un autre d’être crucifié à sa place, ou en raison d’une « incompétence » romaine à travers une crucifixion ratée. Dans tous les cas, celui qui avait annoncé sa propre résurrection d’entre les morts serait donc un menteur ou, au mieux, un faux prophète. C’est en tout cas ce qu’a insufflé l’ange Djibril à Mahomet. Ashenden rappelle à ce sujet qu’il faudrait songer à discerner les esprits : ce n’est certes pas un ange qui disait la vérité.
Il observe ensuite que le roi Charles a dilué le message qu’il diffuse traditionnellement à Noël en l’étendant à toutes les religions, alors même que les mots qu’il a adressés aux musulmans par deux fois déjà à l’occasion du Ramadan sont bien « spécifiques » et « exclusifs ». Et on se demande si, justement, le roi Charles ne s’est pas abstenu pour ne pas contredire les paroles de Djibril. Car puisque celles-ci sont fausses, alors « Mahomet s’est au moins trompé ou, pour le dire plus crûment, est un faux prophète », écrit Ashenden. Il rappelle au passage les mots de saint Paul : « Quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème. »
Le roi Charles III préfère-t-il l’islam au christianisme ?
« Certains se sont discrètement demandé si le roi s’était converti à l’islam en privé. Il nous est impossible de le savoir. Mais nous pouvons affirmer ceci : en célébrant publiquement les fêtes islamiques tout en s’abstenant de célébrer Pâques, le roi a donné l’impression d’avoir une préférence », ajoute l’ancien aumônier de la reine. Etait-ce pour ne pas offenser l’islam ?
Et il réfléchit à la différence fondamentale entre l’islam, que saint Jean Damascène dénonçait comme une défiguration du christianisme, et la foi catholique : « L’islam met l’accent sur le pouvoir divin : l’autorité et, si nécessaire, la force. Le christianisme se propage par le témoignage, la souffrance, le martyre et l’amour », rappelle Ashenden, tout en soulignant les différences civilisationnelles que cela entraîne nécessairement.
Il va jusqu’à approuver discrètement ceux qui demandent l’abdication du roi, en soulignant que la question de fond est de savoir si « Charles est apte à être un monarque chrétien ». « Aujourd’hui, beaucoup pensent qu’il ne l’est pas », se contente-t-il d’observer.
Le roi Charles III, promoteur de la spiritualité globale
Peut-être sont-ce ces mots qui ont incité la famille royale à mettre quand même un message sur ses réseaux sociaux, et d’y inclure les mots « il est ressuscité ». Si Paris valait bien une messe, Londres a pu justifier ce post sur Instagram. Mais une fois de plus, Charles III ne l’a pas signé lui-même.
L’observation antérieure d’Ashenden au sujet du roi reste exacte. S’il est vrai qu’il privilégie l’islam, « ce défenseur des fois les traite toutes comme faisant partie d’une sorte de spiritualité globale ». C’est la spiritualité globale dont nous parlons très souvent sur RTIV : celle qui modifie et modernise les religions traditionnelles afin qu’aucune ne se prétende vraie et que chacune s’incline devant la Terre-Mère, en une marche vers un nouveau panthéisme.
N’oublions jamais que Charles, encore prince à l’époque, a pris la parole avec les têtes d’affiche du Forum économique mondial pour plaider pour un « Grand Reset » au moment de la crise du covid en 2020. C’était déjà la religion de la Terre, complète de sa dimension woke et pro-LGBT. Moins difficile à combiner avec un islam « restructuré », malgré tout, que la religion catholique…











