Traquer le racisme chez les tout-petits devient la règle au Pays de Galles

Traquer racisme tout-petits Galles
 

De nouvelles directives ont été distribuées auprès des professionnels de la petite enfance au pays de Galles. Désormais, les tout-petits et écoliers qui en crèche ou à la garderie ou encore à l’école primaire se rendent coupables d’un « incident raciste » pouvant être considéré comme un « crime de haine » (selon la terminologie antiraciste britannique) devraient faire l’objet d’un signalement d’urgence. Les nounous, puéricultrices et institutrices sont sommés d’appeler la police et, après cette concertation avec les forces de l’ordre, prendre les mesures qui s’imposent, notamment en consignant tous les détails de l’incident.

 

Les tout-petits racistes au Pays de Galles sont probablement blancs…

Si l’incident raciste n’atteint pas la gravité du délit – ce sera le cas le plus fréquent, dit-on, sachant que la responsabilité pénale démarre à 10 ans au pays de Galles – on se contentera de mettre en place une pédagogie permettant d’amener le coupable à la raison. Si cette voie échoue et si le malfrat se montre récalcitrant, il sera toujours temps de mettre en place une « voie disciplinaire » en prenant contact avec la DARPL (Diversity and Anti-Racism Professional Learning), une institution publique de formation continue des travailleurs de l’éducation et de la petite enfance, créée dans l’objectif de « faire du pays de Galles une nation antiraciste » d’ici à 2030. Affaire lucrative puisque, depuis 2021, et les manifestations Black Lives Matter, ce groupuscule universitaire a bénéficié d’1,3 million de livres de fonds publics (payés par les Gallois). C’est lui, d’ailleurs, qui a diffusé l’intéressant livret sur la traque du racisme chez les tout-petits, qu’ils en soient la cible ou la victime de la part des enfants ou des adultes.

Comme l’antiracisme est fondamentalement un racisme en sens contraire, les directives du programme de l’éducation insistent sur la nécessité de faire comprendre aux enfants, dans leur groupe de jeu ou à la crèche, l’existence du « privilège » blanc et de ses répercussions. Il est notamment proposé de réaliser des audits auprès des enfants pour que chaque petit puisse évaluer sa propre conscience de cette réalité sur une échelle de 1 à 5.

La déco est importante aussi : livres, poupées, posters et objets doivent être divers, de telle sorte que la position antiraciste des responsables de groupe soit visible ; cela s’étend même aux collations proposées. Il en va de même pour les jeux de rôle, les déguisements et les jouets.

 

Traquer le racisme tous azimuts dans les structures d’accueil de l’enfance

Le totalitarisme, on le sait, s’étend à tous les aspects de la vie. Cela se vérifie encore ici puisque les directives annoncent : « Les habitudes en matière d’utilisation des toilettes varient d’une culture à l’autre. Ces habitudes peuvent être très différentes des vôtres, mais cela ne signifie pas pour autant qu’elles soient insalubres ou incorrectes. »

Les directives évoquent également les préjugés inconscients et prévoient des séances d’autocritique, puisque chaque travailleur devra s’interroger sur sa compétence et son ouverture quant au signalement du racisme parmi les enfants ou les adultes.

En passant, on pourra à tous les niveaux enseigner aux enfants « la beauté/complexité de la mélanine ». D’autant qu’il est important de se rendre compte que le comportement peut être jugé à travers un prisme eurocentrique ou personnel. La mauvaise interprétation de normes culturelles qui diffèrent des nôtres peut entraîner des observations injustes ou incorrectes.

Où l’on comprend que l’idée de l’enfant construisant son propre savoir n’est qu’un aimable mythe à champ d’application limité. Il faut les formater, et il faut les formater avec l’idée qu’on est soi-même le problème. On lit ainsi à la page 20 du livret : « Le personnel est en grande majorité composé de Gallois blancs. Cela signifie que presque tous les dirigeants et membres du personnel des établissements gallois auront eu le privilège de ne pas avoir à se soucier des microagressions quotidiennes ni du racisme systémique et institutionnel. »

Donner une image positive des adultes et des enfants blancs aux petits « racisés » ne semble pas faire partie des consignes…

 

Jeanne Smits