Manœuvres dans l’Oregon pour interdire la chasse, la pêche et même la lutte contre les nuisibles

Manœuvres Oregon interdire chasse
 

Une pétition d’initiative citoyenne lancée dans l’Etat de l’Oregon aux Etats-Unis pourrait aboutir à un scrutin populaire sur les droits des animaux dès novembre prochain, dans la mesure où elle vient de dépasser les 117.173 signatures exigées pour sa prise en compte officielle et sous réserve de vérification de celles-ci, sans doute d’ici à début juillet. L’IP 28, qui cherche à faire adopter une loi baptisée PEACE (People for the Elimination of Animal Cruelty Exemption) visant à éliminer les exemptions dans le domaine de la cruauté envers les animaux, propose des mesures extrêmes.

Et bien sûr, c’est la définition de la cruauté qui pose problème.

Son adoption aboutirait non seulement à l’interdiction de la chasse, de la pêche et du piégeage – même pour se nourrir – qui font partie de la vie rurale historique dans cet Etat, mais aussi à celle de l’abattage d’animaux d’élevage, de l’élevage, de la gestion de la faune, du contrôle des nuisibles et même des rodéos : tout cela deviendrait délictueux. Et comme la majorité des habitants de l’Oregon ne sont pas des fermiers ou des chasseurs et qu’on y est particulièrement sensible au discours progressiste, il n’est pas sûr qu’elle soit rejetée.

 

L’Oregon a autorisé l’euthanasie en 1997, mais pourrait interdire la chasse et la pêche

L’Oregon n’est-il pas le premier Etat des Etats-Unis à avoir légalisé l’euthanasie ? Il est même pionnier mondial dans le domaine puisque sa loi date de 1997.

Mais s’il est bon de tuer des personnes humaines, il faut bien se garder d’en faire autant avec les animaux définis dans le projet de vote populaire comme étant un mammifère, un oiseau, un reptile, un batracien ou un poisson. Désolée pour les insectes… (Le riz sauvage, lui, fait déjà l’objet de revendication de droits.)

Le texte vise à ce que les lois contre la cruauté à l’égard des animaux ne bénéficient plus d’aucune exemption et pénaliseraient le fait de blesser ou de tuer ce type d’animaux, que ce soit intentionnellement, en toute connaissance de cause ou par imprudence, à quelques très rares exceptions près, comme les soins vétérinaires ou la légitime défense en cas de danger. « L’imprégnation forcée et la masturbation » des animaux seraient interdites par la même occasion, et seul un vétérinaire pourrait pratiquer une insémination artificielle.

 

Interdire chasse, pêche, atteintes sexuelles aux animaux et dératisation ?

Les mêmes animaux placés sous la garde d’êtres humains devraient recevoir une alimentation conforme à leurs besoins, un couchage, la protection vis-à-vis des éléments, l’espace nécessaire à l’exercice – autant d’exigences qui, pour être naturelles, n’entraînent pas forcément des contrôles publics comme on les imagine dans le cadre d’une telle loi.

On aura remarqué que l’idéologie qui sous-tend le projet s’aligne merveilleusement sur celle du culte de Gaïa et sur la marche vers l’abolition de la distinction entre les espèces, et en particulier sur l’idée de considérer l’homme comme un animal parmi les autres.

L’IP 28 s’appuie au moins pour partie sur le sentimentalisme suscité par plus d’un siècle de films anthropomorphes où les souris sont mignonnes et astucieuses, et où le poisson recule avec horreur devant l’hameçon. Avec ça, on vous taxera de pression psychologique indue si vous parlez de la souffrance et de la peur d’un bébé à naître devant le scalpel de l’avorteur.

 

Jeanne Smits