Pour la première fois aux Pays-Bas, un enfant de moins de 12 ans a été euthanasié l’année dernière en application d’un règlement gouvernemental de février 2024 autorisant la mise à mort d’enfants d’un à 12 ans « souffrant de manière insupportable, sans perspective » d’amélioration et sans possibilité de traitement ou de soins palliatifs, sa mort étant jugée prévisible dans un avenir proche. Le cas a été soumis à la commission d’évaluation spéciale – composée de quatre médecins ayant des spécialités diverses, un juriste et un spécialiste d’éthique – qui examine a posteriori les cas d’avortement tardif pour raison médicale, ainsi que les euthanasies sur les nouveau-nés possibles jusqu’à leur premier anniversaire depuis 2004 selon le « protocole de Groningue ».
Au terme du règlement qui a étendu la possibilité d’euthanasier des enfants, moyennant une concertation avec leurs parents avant leur 12e anniversaire (date à laquelle s’applique la loi sur l’euthanasie), il appartient à cette commission d’émettre un jugement sur la conformité de l’euthanasie. Conformément au règlement qui impose cette démarche, ce jugement a été transmis au Collège des procureurs-généraux ministère public, qui devra à son tour décider si le médecin exécutant doit être poursuivi. Le rapport de la commission, le plus souvent déterminant, sera prochainement rendu public par celle-ci, a indiqué le ministre de la Santé, Sophie Hermans, dans une lettre à la chambre basse néerlandaise rendant compte des activités de la commission en 2025.
La première euthanasie d’enfant aux Pays-Bas a été rendue publique
Avant le règlement gouvernemental, les enfants de moins de 12 ans étaient jugés incapables de prendre une telle décision en toute connaissance de cause, et leur mise à mort délibérée n’était donc pas légale. Dans la situation actuelle, le médecin peut prendre la décision avec les parents et, « si possible, également avec l’enfant », précisent les indications officielles du gouvernement néerlandais. Le médecin doit en tout cas s’assurer que l’euthanasie ne sera pas pratiquée contre la volonté de l’enfant.
Les Pays-Bas suivent ainsi la Belgique, qui a autorisé l’euthanasie des mineurs quel que soit leur âge, en 2014. Depuis lors, il n’y a eu que fort peu de cas en Belgique, le premier s’étant présenté deux ans après cette extension de la loi.
Dans tous les cas, c’est peut-être la forme la plus abominable de l’euthanasie, celle où la douleur des parents se conjugue avec les souffrances d’un enfant qui dépend encore totalement d’eux et à la mort duquel ils participent d’une certaine manière directement. Cette souffrance et cette douleur sont en quelque sorte instrumentalisées pour entraîner une transgression délibérée du commandement fondateur : « Tu ne tueras pas l’innocent. »
On attend toujours les circonstances de cette première euthanasie d’enfant
Les circonstances exactes de cette euthanasie d’enfant qui a eu lieu l’an dernier au Pays-Bas n’ont pas encore été révélées. On peut supposer que l’enfant était atteint d’une maladie grave et incurable. Rien, vraiment rien ne pouvait-il être fait pour soulager ses souffrances ?
Il faut noter que lorsque le gouvernement avait décidé de publier un règlement autorisant ces euthanasies de mineurs, trop controversées pour être soumises au vote du Parlement, semble-t-il, il avait reconnu qu’il était possible, dans les cas les plus extrêmes, de mettre en place une sédation profonde, sans intention de donner la mort mais uniquement de lutter contre la douleur avec l’unique moyen se révélant efficace. Mais cette solution, pas immorale en soi, n’est pas acceptée par certains. C’est par choix, voire par idéologie que le glissement vers l’euthanasie des mineurs s’est opéré.
Et que dire du plus grave : l’enfant, s’il en était capable, a-t-il reçu le moindre soutien spirituel ? Et ses parents ?
Tout cela se passe dans un pays qui a perdu très largement le sens du surnaturel et qui voit la mort donnée comme une solution au mal. Face à de telles situations, on ne peut qu’implorer la miséricorde de Dieu.











