Aimeriez-vous qu’on vous baisse le chauffage en plein hiver, sans votre consentement et à distance ? C’est le scénario qui pourrait devenir réalité à partir de l’hiver 2027-2028 au Royaume-Uni où les fournisseurs d’électricité officiels sont en voie d’obtenir le droit de prendre le contrôle direct des pompes à chaleur. Ainsi l’a voulu Ed Miliband, le ministre de l’Energie et du Net zéro de l’ex-Premier ministre Keir Starmer ; il a été tout récemment bombardé aux Affaires étrangères.
En attendant il venait de mettre en place un Big Brother d’un nouveau type, chargé de veiller à ce que le Royaume-Uni ne soit pas exposé à l’écroulement de son réseau électrique dont la course au « net zéro » a organisé la fragilité. Le « non » au nucléaire suivi de la promotion des énergies intermittentes que sont l’éolien et le photovoltaïque ont rendu la production incertaine. En même temps elle a justifié la multiplication des pompes à chaleur fonctionnant à l’électricité, et donc l’augmentation de la demande. La suite était prévisible.
Faire de la pub pour les pompes chaleur, puis rationner leur fonctionnement
Le plan « Smart Secure Electricity Systems » mis sur pied par Miliband et les siens vise à permettre aux responsables du réseau électrique national de mobiliser les fournisseurs comme Octopus Energy ou British Gas de rationner l’électricité attribuée aux fameuses pompes à chaleur qui seraient mises au ralenti au moment où les usagers en ont le plus besoin, pendant les coups de grand froid.
Usagers, soit dit en passant, qui se sont tournés vers ce type de chauffage réputé écolo-compatible sous la pression des autorités. C’est le choix « vertueux » pour la planète, et s’agissant d’une religion, celle de la Terre Mère, il est bien normal qu’il s’accompagne d’ascèse. Forcée, en l’occurrence.
Pompes à chaleur et véhicules électriques consomment trop d’électricité
Le gouvernement britannique a déjà approuvé le plan, après que le Département pour la sécurité de l’énergie et le net zéro a fait savoir qu’il s’agirait d’un moyen de « contrôle de charge » : l’objectif annoncé est de rendre les pannes géantes « moins probables ». Une politique de Gribouille en apparence, mais ses effets étaient tellement inévitables qu’il s’agit en fait d’une politique tout court, voulue et assumée.
Sans surprise, les points de charge des véhicules électriques pourraient également être concernés par des réductions de kilowatts « significatives » gérées à distance par les fournisseurs.
Rationner l’électricité en échange d’une baisse des tarifs
Le plan ne s’imposerait pas à tous mais serait mis en place dans les foyers volontaires contre une baisse des tarifs.
On aura noté cependant qu’il repose sur l’échange d’informations automatiques entre les pompes à chaleur et autres points domestiques de recharge de véhicules : en clair, Internet. Aujourd’hui, le Royaume-Uni compte 223.000 pompes à chaleur ; l’objectif est d’en ajouter 450.000 par an d’ici à 2030 – et depuis avril 2025, chacune d’entre elle est obligatoirement connectable au Web.
Qu’est-ce qui empêchera, demain, les pouvoirs publics de gérer de manière centralisée les restrictions de courant ou, « mieux », la limitation d’autorité de la chaleur à laquelle on pourra prétendre chez soi ? Après tout, on ne rechigne pas non plus à limiter l’accès à la climatisation. Et puis quel moyen délectable de sanctionner des sujets non-conformistes : le crédit social pourrait y trouver une nouvelle déclinaison.
D’autant que cela pourra s’étendre, c’est techniquement concevable, à n’importe objet connecté.











