Prières de rue à la Tour Eiffel : une conquête symbolique

Prières rue Eiffel conquête
 

Les prières de rue musulmanes ont débord obstrué, voilà quinze ans, les rues de Marseille, sous prétexte que les fidèles étaient trop nombreux pour les salles ad hoc. Elles investissent les lieux touristiques comme Disneyland Paris, ou historiques comme la Tour Eiffel, ici deux personnes, là dix, le nombre ne fait rien à l’affaire, l’image fait tout. La question n’est pas de tomber dans le byzantinisme républicain et de se demander si c’est conforme à la lettre ou à l’esprit de la loi laïque, mais de constater que, comme pour le voile, l’islam avance – droit devant, à visage découvert. Il s’affiche dans le paysage mental du pays, dans son histoire, sa spiritualité. C’est d’autant plus significatif que la Tour Eiffel eut en son temps une fonction analogue : bâtie pour les cent ans de 1789 dans un matériau lui-même révolutionnaire, le fer, elle manifestait que la République a-chrétienne dominait le ciel de Paris, ravissant cette fonction à Notre Dame. Comme la République bat de l’aile aujourd’hui, la nature ayant horreur du vide, une mosquée invisible l’a supplantée.