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En Alberta, au Canada, la taxe sur le carbone pourra coûter des millions aux écoles

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Selon l’opposition officielle, le Parti conservateur Wildrose, la nouvelle taxe sur le carbone pourra coûter des millions aux écoles et faire grimper les frais de scolarité. La taxe environnementale sur les émissions de gaz à effet de serre, imposée en Alberta depuis le 1er janvier 2017, a fait augmenter les prix à la pompe de 4,5 centimes de dollars le litre, pour une taxe de départ à 20 $ la tonne de carburant.
 
La province de l’or noir est la deuxième province au Canada à imposer cette fameuse taxe, après la Colombie-Britannique. Seulement, est-ce bien l’enseignement, l’éducation qui devraient subir le coût de « l’écologiquement responsable » ?
 

Jusqu’à 18 millions de dollars en 2018 pour les écoles en Alberta

 
« Les chiffres sont tout simplement énormes », a déclaré la responsable de l’éducation du parti d’opposition officiel Wildrose. Selon une note d’information gouvernementale obtenue par l’opposition, la taxe sur le carbone coûtera aux conseils scolaires de l’Alberta entre 8 et 12 millions de dollars cette année et jusqu’à 18 millions de dollars l’an prochain.
 
De fait, ce sont les parents qui risquent de payer des frais de scolarité plus élevés en raison du coût accru du chauffage des écoles et du transport des élèves et des étudiants. Tout particulièrement dans les divisions scolaires rurales, où les enfants passent parfois des heures par jour dans les autobus scolaires…
 
La taxe carbone a pris effet le 1er janvier, ajoutant 20 $ par tonne au prix du diesel, de l’essence, du gaz naturel et du propane. Elle doit monter à 30 $ par tonne au 1er janvier 2018 et atteindre 50 $ d’ici 2022, une somme exigée par Ottawa dans le cadre du plan fédéral sur le climat.
 
Le gouvernement néo-démocrate a fini par obtempérer pour obtenir l’approbation de deux projets de pipeline par le gouvernement fédéral… des éléments vitaux pour la province de l’or noir largement minée par la chute du prix du pétrole.
 

La taxe carbone dans « le cadre du plan fédéral sur le climat »

 
La porte-parole du ministre de l’éducation de l’Alberta a déclaré que comparativement aux 6,9 milliards de dollars de financement des conseils scolaires reçus au cours de l’exercice 2016-17, l’absorption de ces nouveaux coûts devrait être gérable.
 
Mais les conseils scolaires attendent des preuves plus tangibles. Une école de la ville de Stettler a calculé que le prélèvement équivaudra à 90.000 $ par année, soit le coût d’un enseignant. Une autre s’attend à payer 1 million de dollars de plus. Ils ne savent pas si leur budget du printemps sera augmenté en conséquence…
 

Une taxe qui va influer sur l’ensemble de l’économie

 
Plus globalement, bien que le gouvernement ait prévu un système d’exemption de la taxe pour les Albertains à faible ou à moyen revenu, le gouvernement a calculé qu’une famille moyenne devra dépenser 443 $ de plus en 2017.
 
Le Parti Wildrose craint, lui, qu’on approche des 1.000 $ en raison des multiples conséquences de cette nouvelle taxe sur l’ensemble de l’économie. En revanche, l’introduction de la taxe carbone permettra au gouvernement de générer 274 millions de dollars de revenus pour l’année en cours et 1,7 milliard de dollars pour l’année 2018.
 

La France est plus avancée

 
Au global, pourtant, les Albertains et même les Canadiens sont encore assez bien lotis côté prix à la pompe. En Alberta, il est en moyenne à 89,2 cents le litre ! Et le total des taxes représentent environ 35 % du prix à la pompe, soit 38,5 cents par litre, en 2015.
 
Par comparaison, en France, nous sommes en 2016 à 67 % du prix à la pompe ! Un « délire fiscal », selon l’Automobile club association… Et cela augmentera puisque la fameuse taxe carbone (la Contribution Climat Energie ou CCE), qui s’accroîtra déjà de 8,50 € par tonne de CO2 en 2017 – nous sommes à 30,50 € par tonne – devra s’élever à 56 euros en 2020, puis 100 euros en 2030…
 
Un surcoût évident pour tous, en particulier pour les familles, alors qu’elles ont un bilan carbone par tête nettement inférieur aux autres.
 
Mais le climat en vaut tellement la peine…
 

Clémentine Jallais