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Exposition/PEINTURE
André Derain, 1904-1914, la décennie radicale ♥♥


 
André Derain, 1904-1914, la décennie radicale est l’exposition temporaire principale proposée actuellement par le Centre Georges Pompidou à Paris. Ce musée d’art moderne s’intéresse donc à ce que les historiens et critiques d’Art qualifient sans fausse pudeur de « décennie intéressante » de Derain (1880-1954). On pourrait pu du reste raccourcir cette décennie de quelques années, jusque vers 1910-1912, sans trop de dommages. Derain est resté célèbre pour sa participation au fauvisme (1905-1910), dont il est un des participants majeur avec Matisse, Braque, Vlaminck, Dufy. L’exposition propose de nombreuses comparaisons avec Matisse et Dufy en particulier. Derain n’avait pas été un génie précoce, et s’est découvert une vocation de peintre lors de son service militaire. Après cette période fauviste, il est revenu à un style figuratif pâle, terne, peu inspiré, typique du « retour à l’ordre » des années 1920, quasiment en place dès 1913-4, comme l’attestent les ultimes œuvres proposées à l’exposition…Derain a été, comme Maquet, et même plus que lui, l’homme d’une période.
 

André Derain, 1904-1914, la décennie radicale, un grand intérêt historique

 
André Derain, 1904-1914, la décennie radicale permet donc de retrouver la démarche fauviste. Tous les tableaux ne sont pas beaux, ce qui n’est du reste pas étonnant dans l’approche des fauves, avec en particulier des portraits souvent peu flatteurs. Par contre les paysages peuvent vraiment séduire. Derain a peint l’Ile-de-France, sa région d’origine, et les littoraux du Midi méditerranéen. Les promeneurs le long de la Seine, en aval de Paris, reconnaîtront avec joie leurs paysages favoris, vers Chatou ou Le Pecq. Les vues de la Méditerranée sont très connues, à juste titre, en particulier celles du gros village portuaire de Collioure, à proximité de la frontière espagnole, ou de la montagne de l’Estaque, au nord-ouest de Marseille. Les couleurs si vives, excessives, peu naturelles, des fauves, peuvent prendre tout leur sens face à la lumière si forte du Midi.
 
André Derain, 1904-1914, la décennie radicale présente un grand intérêt historique, en proposant une rétrospective complète sur cette période essentielle. Elle explique très clairement la démarche de l’artiste, mise en perspective avec ses études, ses documents de travail – dont de nombreuses photographies, pas toutes décentes, signalons-le pour les enfants. Tout n’est pas beau dans l’exposition, il faut bien l’avouer. Toutefois, quelques chefs d’œuvres authentiques éblouissent l’œil : il ne faut pas manquer d’admirer toute la période de Collioure (1905), dont les magnifiques Le séchage des voiles, qui ose un usage intensif du blanc, ou Port de Collioure, le cheval blanc, qui témoigne d’une nette filiation technique avec le pointillisme. Un passage à Londres a été aussi particulièrement productif, avec un remarquable Big Ben (1906), heureuse variation en bleu sur une vue très connue.
 
Pour les amateurs de peinture, André Derain, 1904-1914, la décennie radicale est donc à voir.
 

Hector JOVIEN

 
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André Derain 1904 – 1914. La décennie radicale :

– Expositions du 4 octobre 2017 au 29 janvier 2018 de 11h à 21h ou de 11h à 23h.
– Galerie 2 – Centre Pompidou, Paris.
– Accès avec le billet Musée et expositions
– Nocturnes jusqu’à 23h tous les jeudis soirs

Tarif :

Plein : 14 €
Réduit : 11 €

Billet « Musée et Expositions » :

Le billet est valable le jour indiqué pour une seule entrée dans tous les espaces d’exposition, au musée et pour la Vue de Paris.