La Cour suprême du Guatemala interdit la distribution d’un manuel de « santé reproductive » de l’ONU favorable à l’avortement

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Inédit ? Inouï en tout cas, la Cour suprême de justice du Guatemala vient de suspendre la distribution d’un manuel de « santé reproductive » promu et financé par le fonds de l’ONU pour la population (FNUAP) destiné aux fillettes et aux adolescentes en raison de son contenu favorable à l’avortement. Sous le titre « droit humain, droits sexuels et reproductifs et prise en charge des fillettes et des adolescentes », la plaquette est désormais interdite, après avoir été distribuée dans le pays depuis 2015 à l’initiative du Procureur des droits humains, Jorge De Leon Duque. L’interdiction couronne les efforts d’une association pro-famille, « La familia importa » qui a porté plainte en juin dernier. La Cour suprême a rédigé à cette occasion une longue décision véritablement remarquable.
 
En ce qui concerne les poursuites, l’arrêt de la Cour suprême ne se borne pas à mettre fin à la propagande diffusée par le document onusien : plus largement, elle ordonne à l’institution officielle de défense des droits de l’homme du Guatemala de « s’abstenir de toute activité qui comprend le soutien et la promotion de l’avortement ou des pratiques abortives, sa présentation comme un droit, la promotion de sa légalisation ou de la transgression du droit à la vie humaine dès l’instant de la conception ».
 

L’ONU distribue un manuel de santé reproductive de propagande pour avortement aux adolescentes

 
L’actuel Procureur des droits humains a trois mois pour « mettre en place le matériel nécessaire pour contrer les dommages causés par ledit manuel ». Autrement dit, à l’interdit s’ajoute une obligation de réparer et d’inverser la propagande mortelle.
 
La cour a également rappelé que le Procureur « a l’obligation grave et solennelle de défendre la vie depuis la conception, une obligation librement et volontairement assumée par le biais du serment de fidélité à la Constitution présentée au Congrès au moment d’accepter sa charge, s’il veut vraiment servir la Nation ».
 
Ainsi, si l’on prétend défendre les droits de l’homme au Guatemala, il faut le faire de manière complète. La décision rappelle que « tout document d’information, toute étude, enquête, publication, campagne ou activité réalisée par le Procureur des droits de l’homme doit toujours assurer la défense des droits fondamentaux garantis par la Constitution ; à défaut, il outrepasserait ses facultés légalement délimités ».
 
Il n’a pas davantage le droit de participer à des campagnes ou recevoir des consignes de la part de « ceux qui, au nom de la supposée défense des droits des femmes en situation de vulnérabilité, sous l’étiquette des “droits sexuels et reproductifs”, dissimulent la promotion de l’avortement ».
 

La Cour suprême du Guatemala met en évidence le scandale de la FNUAP

 
Le document de la FNUAP distribué aux jeunes filles guatémaltèques avec l’estampille de l’ONU et de l’Etat fait ouvertement référence à la « légalité de l’avortement », affirmant qu’il faut « laisser aux femmes enceintes la liberté de décider de l’interruption de la grossesse ». L’arrêt relève de multiples affirmations de ce type.
 
Il est intéressant de noter qu’aussi bien les représentants du congrès du Guatemala, parties à l’instance, que le représentant du ministère public, ont estimé que l’action de l’association familiale n’était pas recevable, n’ayant pas subi de dommages du fait de la distribution de la plaquette.
 
Les magistrats en ont jugé autrement, affirmant que la procédure pouvait avoir une fonction préventive « dont la finalité est d’éviter que ce réalise la violation d’un droit fondamental » d’ordre constitutionnel. Ce qui comprend le soin apporté à ce que les propositions de violer des droits fondamentaux des Guatémaltèques ne puissent avoir droit de cité.
 
«  L’ordre juridique guatémaltèque, qui reconnaît le devoir de l’Etat de garantir la vie humaine depuis la conception, est fondé sur la protection de la personne et de la famille de telle sorte que tout acte qui porte atteinte à celle-ci se trouve interdit et pénalisé. La vie humaine de toute innocent est inviolable », rappellent les juges.
 

Les juges ont interdit la distribution du manuel pro-avortement – et rappelé que l’avortement tue l’innocent

 
Ceux-ci sont allés encore plus loin. L’ensemble de la décision de la Cour suprême du Guatemala insiste sur le fait que la protection des droits de l’homme commence par le premier d’entre eux, qui est celui de voir sa vie respectée dès la conception. Ils rappellent même qu’en faisant la promotion de contraceptifs qui ont un effet anti-nidatoire (qui empêchent l’œuf fécondé de s’implanter sur la paroi de l’utérus) le manuel de la FNUAP fait en réalité de la propagande pour l’avortement. Ils lui reprochent en outre d’utiliser des euphémismes pour parler de l’avortement « en vue d’occulter sa gravité » – l’expression « interruption de grossesse » est nommément citée. Autant, affirment les juges, qualifier l’homicide et le meurtre d’« interruption de la jeunesse, de la vie adulte ou de la vieillesse »…
 
C’est tout aussi tranquillement que les juges rappellent que « l’avortement sans danger » n’existe pas, puisqu’il « n’est jamais sans danger pour le nasciturus, celui qu’on cherche à éliminer ».
 
Ils affirment aussi que c’est une « insulte à la logique » que de réclamer la possibilité de « tuer des femmes » – à peu près la moitié des avortements, forcément – sous prétexte de « droit à la vie des femmes ». Et de rappeler combien l’avortement blesse les femmes exposées par lui à toutes sortes de problèmes de tristesse, de dépression, de culpabilité, de pensées suicidaires liés au « syndrome post-avortement », sans compter les problèmes physiques comme le cancer et les autres complications de l’avortement. « Cela signifie qu’il ne peut pas non plus il y avoir d’avortement “sans danger” pour la femme, qui a le droit de vivre libre de cette violence émotionnelle et physique », affirment les juges.
 
Quatorze juges qui ont signé une décision remarquable de justice, de vérité et de courage… Décidément, tout n’est pas perdu.
 

Jeanne Smits