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Bataille d’Alep : alliance militaire Russie USA contre la rébellion islamique

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Selon le ministre russe de la défense, les négociations entre la Russie et les USA en vue d’une alliance militaire contre la rébellion islamique, pour l’instant limitée à la bataille d’Alep, seraient sur le point d’aboutir. Le département d’Etat américain ne dément pas.
 
Pour Sergei Shoigu, le ministre russe de la défense, l’alliance est presque conclue, après une « phase de négociations très active » avec ses collègues américains : «  Nous arrivons pas à pas à un plan militaire – je ne parle ici que pour la bataille d’Alep – qui nous permettra de combattre ensemble pour apporter la paix de sorte que les gens puissent retourner chez eux. » Du côté des USA, au département d’Etat, on se contente de noter «  le communiqué de presse du ministre de la défense de Russie » et l’on n’a «  rien à annoncer pour l’instant ».
 

La rébellion islamique lâchée par l’Occident pour la bataille d’Alep ?

 
Qui ne dit mot confirme, car il est de notoriété publique que les USA ont proposé une alliance militaire à la Russie contre les groupes armés que les deux pays considèrent comme terroristes. Le projet, qui a fuité dans le Washington Post, prévoit une attaque conjointe non seulement contre l’État Islamique en Syrie et au Levant (ISIL), mais aussi contre Jabhat Al-Nosra, ce qui est une tête à queue dans la stratégie anglo-saxonne, puisque les USA et le Royaume Uni ont soutenu, armé, financé Al Nosra. Cette organisation, cousine d’Al Al-Qaïda, sentant venir le revirement des USA, a annoncé sa rupture avec Al-Qaïda et vient de changer de nom pour celui de Jabhat Fatah al-Sham à la fin du mois de juillet. Al Nosra a joué un rôle clef dans l’intensification de la bataille l’Alep.
 
On se souvient que la prise de la partie orientale d’Alep, la capitale économique de la Syrie, a permis l’essor de la rébellion islamique. Ces derniers mois Assad en a entrepris la reconquête avec l’aide de l’aviation russe, et les troupes gouvernementales ont réussi à encercler la ville, mais la semaine dernière les rebelles ont réussi une contre-attaque qu’Assad s’efforce de réduire aujourd’hui, avec succès prétend-il. La bataille d’Alep est capitale : si les rebelles la gagnent, ils peuvent se relancer, si ce sont les troupes gouvernementales, on s’acheminera vers la fin de la guerre. Avec la victoire d’Assad et de son alliée la Russie, donc la défaite des USA et de leurs alliés occidentaux, dont le but de guerre affiché était le départ d’Assad.
 

L’alliance militaire Russie-USA but de la guerre en Syrie ?

 
On comprend que le changement de stratégie fasse jaser aux USA. On y avait fortement réactivé contre la Russie de Poutine les appréhensions de la guerre froide, tant en Ukraine qu’au Moyen Orient, notamment pour justifier le soutien assez surprenant octroyé par le leader du monde libre et démocratique à une« rébellion anti-Assad » islamique, extrémiste, djihadiste et souvent terroriste. Maintenant, on agite à l’inverse la nécessité de réduire le terrorisme islamique pour justifier une marche arrière spectaculaire.
 
Comment expliquer cette étrange valse-hésitation ? Il y a peut-être une explication strictement militaire, à savoir que, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, les USA n’ont pas en la matière la suprématie qu’on s’était habitué à leur reconnaître. Le récent bombardement par la Russie d’un camp dont se servaient les forces spéciales anglaises et américaines aurait ébranlé les USA. On peut aussi risquer une hypothèse politique : la guerre de Syrie, en apparence tout à fait absurde du point de vue de l’Occident qui l’a lancée, et qui n’a pour l’instant servi qu’à accroître la puissance du terrorisme islamique, pourrait avoir pour véritable but ce qui est en train d’arriver : une alliance militaire entre la Russie et les USA, chose impensable avant l’invention de l’État islamique.
 

Pauline Mille