La présidente de l’Assemblée nationale, qui a été prise si souvent ces derniers mois en flagrant délit d’acte ou d’opinion douteux, a exprimé fortement son opposition à « l’imprescriptibilité » des viols sur les mineurs. Elle a expliqué notamment : « Il ne faut pas faire croire aux victimes qu’elles pourraient bénéficier d’un procès équitable 40 ans, 50 ans après les faits. » C’est du bon sens et la perspective d’être bien jugé 40 ans après les faits pourrait freiner les plaintes immédiates, allant à l’inverse de l’intention du législateur. Elle a fort bien montré ensuite qu’un procès sérieux ne peut avoir lieu quarante ou cinquante ans après les faits, pour des raisons pratiques. Elle a enfin très justement mis en garde contre la course à l’échalotte entre les victimes au gré de l’actualité. Elle aurait dû aller au bout de sa logique et demander la suppression de l’imprescriptibilité pour tous les crimes. Avec le temps, les preuves matérielles s’effacent, les témoins disparaissent ou leurs souvenirs se déforment. L’imprescriptibilité est une sottise. Et c’est aussi une folie, par laquelle la justice des hommes prétend se substituer à celle de Dieu.











