Le parc national gallois de Brecon Beacons change de nom. Le wokisme a encore frappé !

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Ne dites plus Brecon Beacons ! Ce nom donné au début du 18e siècle aux montagnes qui forment l’épine dorsale du parc national éponyme changera de nom lundi prochain. Il faudra désormais rechercher cette merveille de la nature (mais aussi du patient travail de l’homme) sous son nom gallois de Bannau Brycheiniog. Hélas, les promoteurs du changement fortement teinté de wokisme n’ont pas prévu de dédommagement pour les voyageurs qui se perdront en cherchant ce haut-lieu touristique, ni même de récompense pour ceux qui parviendront à prononcer correctement son nouveau nom.

Pourquoi inviter le wokisme au débat, direz-vous. Eh bien, Brecon Beacons symbolise la domination anglaise sur le Pays de Galles. Mais il y a bien pire : le mot « Beacons » en anglais signifie « balises » ou « feux », et fait référence aux feux allumés sur les sommets à des fins de communication – mais aussi à l’occasion des couronnements, lorsque les autorités locales offraient de gigantesques feux de joie sur les sommets des campagnes. En outre, le blason du parc est orné d’un feu dans un brasero de fer forgé. Et ça, ça ne va pas du tout.

 

Le wokisme ne supporte pas le carbone, même par blason interposé

Dixit Catherine Mealing-Jones, haut fonctionnaire chargée des fortunes du parc national : « Un brasier géant n’est pas une bonne image, vu que nous essayons de montrer la voie en matière de décarbonation. » On efface donc le feu du blason ; on « annule » le nom qui fait penser au feu (et peu importe si personne n’y pensait guère !) ; on choisit de ne retenir que la langue parlée par 8 % à peine des Gallois.

Bannau Brycheiniog se trouve être le deuxième nom du parc depuis sa création en 1957. Imprononçable pour le commun des mortels, il figure certes sur les visuels classiques du parc mais personne ne l’utilisait jusqu’ici. Il fait référence aux « sommets » (« bannau ») et au roi du Ve siècle dont les terres correspondaient grosso modo au parc actuel : Brychan. « Les sommets du royaume de Brychan », en somme.

Cette référence à l’histoire galloise comporte cependant quelques ratés puisque le bon Brychan était irlandais, qu’il a épuisé trois épouses et engendré 63 enfants, ce qui pourrait déclencher les foudres des sectatrices de #MeToo et des partisans de la réduction de la population au nom de « la planète ». Il est vrai que le wokisme est bourré de contradictions internes – elles sont même le carburant de la dialectique qui est au cœur du marxisme culturel dont le wokisme est une déclinaison. Quant à Brychan, il a fini hermite. Pas très woke non plus.

 

Brecon Beacons évoque le feu : c’est mal

Le changement climatique sera-t-il modifié par le changement de nom et de blason ? Même à supposer que l’on adhère au discours officiel à son sujet, la réponse reste « non ». Ce n’est pas parce qu’on voit un brasero sur un blason que tout brûlera pour autant. Et à moins d’interdire à l’avenir le festival de musique subversive « Green Man » qui se tient dans le parc national avec l’approbation des autorités, avec sa mise à feu rituelle d’un gigantesque mannequin d’homme vert, il y aura toujours des feux de joie sur les collines. On n’a pas calculé « l’empreinte carbone » des nécessaires changements de signalisation routière, des papiers à en-tête et autres joyeusetés liées à la nouvelle nomenclature.

Mais qu’à cela ne tienne, l’important c’est de donner des leçons au nom de la jalouse « déesse terre ». Dans le parc de Brecon Beacons nouvelle manière, on réduira d’ailleurs l’élevage au profit de l’horticulture, et on créera des « couloirs » protégés pour les bêtes sauvages. Et l’homme se tiendra à carreau.

De nombreuses personnalités conservatrices ont dénoncé le changement de nom, soulignant que ni les employés du parc, ni les fermiers locaux n’avaient été consultés et que tout cela relève tellement du poisson d’avril qu’il leur a fallu vérifier dans leur agenda que le 1er avril était passé depuis plus de deux semaines.

 

Qu’y a-t-il en un nom ? Shakespeare serait étonné de l’apprendre

Catherine Mealing-Jones a annoncé, comme pour rassurer le bon peuple, que le public pourrait continuer d’utiliser le nom « Brecon Beacons », et même les résidents locaux ne seront pas « contraints » d’utiliser le nouveau nom. Etonnant qu’elle y ait pensé… Il ne manque plus que ça, en effet : une brigade de décarbonation linguistique chargée de traquer toute référence au feu, au charbon, au pétrole ou au gaz dans nos toponymies. Faire table rase n’est-il pas le b-a-ba de toute révolution ?

 

Jeanne Smits