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Même en cas de Brexit sans accord, maintien du droit de séjour des citoyens UE

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Même en cas de Brexit sans accord, maintien du droit de séjour des citoyens UE

 
Des documents fuités par le gouvernement de Theresa May viennent de révéler que le Royaume-Uni accordera aux immigrés originaires de l’Union européenne le droit de rester dans le pays en cas de Brexit sans accord. Les citoyens UE disposeraient ainsi d’une autorisation de séjour unilatérale, sans contrepartie pour les Britanniques voulant résider sur le territoire de l’Union, et assortie de l’accès aux services de santé de la NHS ainsi qu’aux diverses pensions, retraites et allocations sociales.
 
Selon les documents cités par le Telegraph de Londres, qui y a eu accès, le souci du cabinet de Mme May est d’éviter une pénurie de main-d’œuvre qui pourrait s’installer en cas de redépart de nombreux travailleurs originaires de l’Union européenne, à quoi s’ajouterait une volonté d’adopter une « posture de supériorité morale » se traduisant par ce maintien de l’accès aux différents dispositifs de sécurité sociale financés par le contribuable britannique.
 

Le Royaume-Uni envisage le maintien de tous les droits des citoyens UE sur son sol

 
Les plans mettent en avant le fait que le Royaume-Uni, en cas de Brexit sans accord, doit pouvoir s’appuyer sur les forces de travail actuellement présentes dans le pays, alors que le manque de main-d’œuvre pourrait devenir important dans les secteurs de la santé, de l’aide sociale, du bâtiment et du tourisme. Il s’agit surtout de postes subalternes qui attirent notamment les Européens des pays les moins riches de l’UE.
 
Les détails du plan devraient être publiés dans une série de 83 dossiers techniques en voie de préparation pour la mise en place d’une sortie de l’UE sans accord, la première publication étant attendue pour la semaine prochaine.
 
L’idée de maintenir les droits des citoyens UE avec ou sans accord a été portée à la connaissance de tous les ministres dès le mois dernier : dossier ultra-sensible puisqu’il concerne quelque 3,8 millions de « migrants » en provenance de l’Union européenne déjà présents sur le sol britannique, qui continueront de pouvoir amener leur conjoint et leurs « plus proches parents », autorisés à bénéficier à leur tour de la protection sociale britannique, aux termes de l’accord sur les « droits citoyens » conclus avec l’Union européenne en décembre 2017 pour le scénario du Brexit négocié.
 

Le Brexit sans accord n’affecterait pas le droit au séjour des migrants UE déjà présents

 
Pour Jacob Rees-Mogg, chef de file des conservateurs eurosceptiques en faveur d’un vrai Brexit, négocié ou non, l’initiative est tout à fait acceptable : « J’ai toujours pensé que nous devons faire une offre unilatérale dans ce domaine. Les migrants UE sont venus ici légalement, et le Royaume-Uni n’est pas le genre de pays qui applique des lois rétroactives. Ils doivent avoir, en gros, les mêmes droits que les citoyens britanniques : ni mieux, ni moins bien. »
 
L’ancien ministre du Brexit, David Jones, est plus circonspect : pour cet autre conservateur eurosceptique, l’affaire doit être fondée sur la réciprocité. « Nous avons de très nombreux Britanniques dans l’UE et leurs intérêts doivent être pris en compte. Nous devons prendre soin des nôtres », a-t-il commenté.
 

Un droit au séjour unilatéralement maintenu pour les citoyens UE

 
En attendant, il faut rappeler que le Brexit a largement été voté par des Britanniques lassés de voir une importante population allogène, notamment en provenance des pays d’Europe de l’Est, affluer au Royaume-Uni. Certes, la sortie de l’Union assurerait le tarissement du flot, mais il n’est pas sûr que cela suffise à rassurer la population de souche.
 

Anne Dolhein