En ce 13 mai, la fête de Notre-Dame de Fatima rappelle avec insistance ses demandes de prière et de pénitence, et particulièrement de la pratique des premiers samedis et de la récitation du chapelet, seule voie vers la paix et le triomphe de son Cœur Immaculé. C’est l’occasion de rappeler le beau sermon marial qu’a prononcé Léon XIV à Pompéi, le 8 mai 2026, sur la place Bartolo Longo devant le sanctuaire de la bienheureuse Vierge Marie du Saint-Rosaire de Pompéi. Il a voulu explicitement marquer par ce déplacement en Italie l’anniversaire de son élection à la chaire de Pierre : « C’était précisément le jour de la Supplique à la Vierge, cette très belle journée de la Supplique à la Vierge du Saint Rosaire de Pompéi ! Je devais donc venir ici, placer mon service sous la protection de la Vierge Sainte », a-t-il dit au cours de son homélie.
Pompéi fête cette année le 150e anniversaire de la pose de la première pierre de ce sanctuaire par saint Bartolo Longo – que Léon XIV a lui-même canonisé le 19 octobre dernier – avec son épouse la comtesse Marianna Farnararo de Fusco.
A Pompéi, Léon XIV tourne les regards vers le Rosaire
En voici quelques passages à méditer et à chérir, pour mieux aimer le Rosaire et le réciter avec plus de ferveur.
Ayant évoqué la salutation de l’ange lors de l’Annonciation, le pape a dit :
« Grand mystère ! Tout se réalise dans la puissance de l’Esprit Saint, qui couvre Marie de son ombre et rend fécond son sein virginal. Ce moment de l’histoire possède une douceur et une puissance qui attirent le cœur et le portent à cette hauteur contemplative où germe la prière du Saint Rosaire. Une prière, née et développée progressivement au cours du deuxième millénaire, qui plonge ses racines dans l’histoire du salut, et qui trouve précisément comme un prélude dans le salut de l’Ange à la Vierge. “Je vous salue, Marie !” La répétition de cette prière dans le Rosaire est comme l’écho du salut de Gabriel, un écho qui traverse les siècles et guide le regard du croyant vers Jésus, vu avec les yeux et le cœur de sa Mère. Jésus adoré, contemplé, assimilé dans chacun de ses mystères, afin que nous puissions dire avec saint Paul : “Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi” (Ga 2, 19).
« Précédé par la proclamation de la Parole de Dieu, inséré entre le Notre Père et le Gloria, le Je vous salue Marie qui se répète dans le Saint Rosaire est un acte d’amour. N’est-il pas propre à l’amour de répéter sans se lasser : “Je t’aime” ? C’est un acte d’amour qui, sur les grains du chapelet, comme on le voit bien dans le tableau marial de ce Sanctuaire, nous fait remonter vers Jésus et nous conduit à l’Eucharistie, “source et sommet de toute la vie chrétienne”. Saint Bartolo Longo en était convaincu lorsqu’il écrivait : “L’Eucharistie est le Rosaire vivant, et tous les mystères se retrouvent dans le saint Sacrement sous une forme active et vitale.” Il avait raison. Dans l’Eucharistie, tous les mystères de la vie du Christ se retrouvent, pour ainsi dire, concentrés dans le mémorial de son sacrifice et dans sa présence réelle. Le Rosaire a une physionomie mariale, mais un cœur christologique et eucharistique. Si la Liturgie des Heures rythme les temps de la louange de l’Eglise, le Rosaire rythme le mouvement de notre vie en la ramenant sans cesse à Jésus et à l’Eucharistie.
« Des générations de croyants ont été formées et préservées par cette prière, simple et populaire, et en même temps capable d’élévations mystiques et dépositaire de la théologie chrétienne la plus essentielle. Qu’y a-t-il en effet de plus essentiel que les mystères du Christ, que son saint Nom, prononcé avec la tendresse de la Vierge Marie ? C’est en ce Nom, et en aucun autre, que nous pouvons être sauvés. En le répétant dans chaque Je vous Salue Marie, nous faisons en quelque sorte l’expérience de la maison de Nazareth, comme si nous entendions à nouveau la voix de Marie et de Joseph durant les longues années où Jésus vécut avec eux. (…)
« Depuis ce Sanctuaire, dont la façade fut conçue par saint Bartolo Longo comme un monument à la paix, nous élevons aujourd’hui avec foi notre Supplique. Jésus nous a dit que la prière faite avec foi peut tout obtenir. Et saint Bartolo Longo, en pensant à la foi de Marie, la définit de “toute-puissante par grâce”. Par son intercession, que vienne du Dieu de la paix une effusion surabondante de miséricorde, qui touche les cœurs, apaise les rancœurs et les haines fratricides, et éclaire ceux qui ont des responsabilités particulières de gouvernement.
« Frères et sœurs, aucune puissance terrestre ne sauvera le monde, mais seulement la puissance divine de l’amour, cette puissance divine de l’amour que Jésus, le Seigneur, nous a révélée et donnée. Croyons en Lui, espérons en Lui, suivons-Le ! »
De Pompéi à Fatima
En choisissant de se rendre ainsi à Pompéi, observe Michael Haynes du Catholic Herald, le pape Léon XIV a réussi en ce jour à détourner la perspective d’un simple bilan d’un an de pontificat pour donner la préséance à sa promotion du rosaire, dans un sanctuaire du rosaire très aimé fondé par un ancien sataniste qui a dû sa conversion (ou plus exactement qui a été arraché aux griffes du mal) grâce au chapelet dont il est devenu l’apôtre.
Léon XIV a d’ailleurs tenu à expliciter davantage son choix de nom de pape au cours de son homélie à Pompéi, affirmant avoir voulu se mettre dans les pas de Léon XIII qui, « entre autres mérites », a également eu celui d’avoir « développé un vaste magistère au sujet du saint Rosaire ».
Alors qu’il y a une évidente volonté d’une partie de son entourage d’exploiter la confusion créée au cours du pontificat de son prédécesseur, Léon XIV a montré en quelque sorte qu’il voulait changer l’axe des regards. En les fixant sur le Christ et sur Marie, Mère de Dieu il affirme, pour le moins, un retour à l’essentiel.











