Le budget de Toronto consacre des milliards au « zéro émissions nettes », pour zéro résultat

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Le conseil municipal de Toronto a adopté récemment son budget opérationnel pour 2024 : d’importantes dépenses sont prévues, soit 17 milliards de dollars canadiens pour cette seule année (soit environ 11,5 milliards d’euros), avec une augmentation des taxes foncières à la clef. Ce n’est pas seulement en France que la propriété immobilière est sur la sellette ! Le budget d’investissement, lui, atteint les 49,8 milliards de dollars canadiens pour les 10 prochaines années. Et une part non négligeable de ce budget pharaonique, adopté alors que la capitale économique du Canada traîne une dette considérable qui devrait atteindre les 36 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie, va servir à atteindre l’objectif « zéro émission nette ». C’est un exemple type de la manière dont la lutte contre le réchauffement climatique pèse sur le contribuable – en appauvrissant et en faisant progresser le socialisme par le biais du détournement des richesses au profit de l’Etat et des autorités publiques.

Ce qui pèsera sur les habitants de Toronto affectera également les autres habitants du Canada puisque le Madame le maire de la ville, Olivia Chow, épaulée par son conseil municipal, réclame des transferts de liquidité de la part de la province et du gouvernement fédéral.

 

Toronto veut zéro émissions nettes d’ici à 2040

L’opération s’appelle « TransformTO Net Zero » et vise à mettre fin aux émissions positives nettes de CO2 de la ville qui, même en admettant par hypothèse que celles-ci contribuent à un réchauffement climatique d’origine anthropique, n’en représenteraient qu’une infime fraction au niveau global.

Le budget de la ville de Toronto précise qu’en 2024, 1,5 milliards et 63,6 millions de dollars canadiens seront alloués à cette cause sous forme d’investissements et de dépenses directes respectivement. D’ici à 2033, l’opération prévoit 12,9 milliards en budget d’investissement. C’est énorme pour cette ville de 2,9 millions d’habitants. Et ce n’est pas tout : au cours des 30 prochaines années, la communauté de Toronto veut débourser 145 milliards pour réduire ses émissions.

Soit 145 milliards pour rien, ou quasi. Fabiano Micoli de MercatorNet a fait le calcul. En admettant – hypothèse, une fois de plus, mais dans ce cas plus généreuse que celle de 0,006°C par an retenue par le gouvernement américain – que le réchauffement depuis 1850 atteint 0,0096°C par an, la contribution de Toronto s’obtient par une règle de trois des plus simples. Officiellement, le Canada est « responsable » d’1,5 % des émissions de gaz à effet de serre globales. Et Toronto concentre environ 7,6 % de la population totale du Canada. 0.0096 x 0.015 x 0.076 ≃ 0.00001°C par an. C’est totalement insignifiant.

 

Le budget prévoit 145 milliards de dollars canadiens sur 30 ans

Autrement dit, même en admettant le discours des alarmistes du climat, la mobilisation de 145 milliards de dollars canadiens, soit près de 100 milliards d’euros (près de 50.000 dollars par habitant pendant les 30 prochaines années, plus de 1.600 dollars par an toutes choses étant égales par ailleurs), servirait à freiner la hausse des températures globales de… rien du tout.

On pourrait objecter que l’effet de masse produit par des investissements similaires au niveau global sera plus sensible (à condition, toujours, de considérer que le réchauffement est causé par l’homme, malgré tout ce qui contredit cette affirmation). Mais à quel prix ? L’exemple de Toronto suppose déjà des dépenses gigantesques ; à l’échelle mondiale, elles deviennent inimaginables.

Parmi les dépenses annoncées dans le cadre de « TransformTO Net Zero », il y a un programme de diffusion de la bonne parole : Expand Neighbourhood Climate Action Champions Program, qui enverra des prédicateurs dans les rues pour prôner des actions communautaires contre le réchauffement auprès des habitants. « Si vous habitez à Toronto, j’espère que vous dormirez mieux la nuit en sachant que des missionnaires du climat vont venir frapper à votre porte pour vous éduquer au sujet du climat », note le journaliste.

 

Toronto est dans la course aux zéro émissions nettes comme Amsterdam ou Paris

Toronto fait partie d’un groupe de quelque 800 villes à travers le monde qui se mobilisent tout particulièrement contre la « crise climatique » – Paris en fait partie. Le conseil municipal de Toronto n’a pas seulement donné son feu vert à des dépenses qui pèseront très lourdement sur les administrés ; il a en outre décidé que toutes les actions entreprises par la municipalité, y compris les décisions financières, devront être évaluées au préalable à travers un « prisme climatique ». Cela veut dire que la réduction des émissions de gaz à effet de serre constituera le critère premier et le plus important lors des décisions budgétaires, loin devant des questions comme la sécurité ou l’aide aux plus démunis (il meurt 3 sans-abris par semaine dans les rues de Toronto), et ne parlons même pas des droits de la propriété privée.

Fabiano Micoli invite tous les habitants de la planète vivant dans l’une des 2.355 « juridictions » (ville, région, Etat) dans le monde à avoir déclaré l’« urgence climatique » à vérifier le montant des dépenses qu’on y engage en faveur du zéro émissions nettes. Et de faire les calculs selon le modèle qu’il propose. Et surtout, de protester et de contredire, faute de quoi les autorités seront encouragées à abuser toujours plus les contribuables.

 

Anne Dolhein