Le cardinal Luis Cabrera, archevêque de Guayaquil et président de la conférence épiscopale d’Equateur, a présidé au renouvellement de la consécration du pays au Sacré-Cœur de Jésus, à l’occasion de sa fête le 12 juin. L’événement a marqué le 152e anniversaire de la première consécration au Sacré-Cœur de l’Equateur.
« Nous renouvelons la consécration de l’Equateur au Cœur de Jésus, car nous voulons à nouveau placer notre confiance en Lui. Nous voulons que son amour inspire et motive nos familles, nos communautés, nos institutions et nos décisions personnelles », a affirmé le cardinal Cabrera au cours de son homélie, expliquant que la consécration consiste à « présenter notre vie comme une offrande à Dieu ». Il a ajouté que, de la même manière que les cellules du corps et du cœur se renouvellent, il est bon de renouveler ce type d’actes et de « renouveler les décisions d’aimer, de servir, de pardonner, de travailler et de marcher dans l’espérance, c’est pourquoi chaque jour nous sommes appelés à renouveler l’alliance avec le Seigneur. »
La consécration de l’Equateur au Sacré-Cœur, renouvelée 152 ans plus tard
Le cardinal Cabrera a précisément lu le décret de consécration de 1874, indique la page Facebook de son archidiocèse, pour renouveler cet acte, mais cette fois en l’absence des autorités civiles… Le communiqué de l’archidiocèse lance cet appel aux Equatoriens : « Unissons-nous dans la prière, pour demander au Sacré-Cœur de Jésus qu’il triomphe en Equateur et dans le monde entier. »
Avant la fin de la messe, le cardinal a lu la prière de renouvellement de la consécration qui offre et consacre « depuis aujourd’hui et pour toujours la République d’Equateur… au Cœur adorable de Jésus, Roi des rois et Seigneur des seigneurs ».
L’Equateur fut la première nation au monde à réaliser officiellement sa consécration au Sacré-Cœur, mais aussi au Cœur Immaculé de Marie, le 25 mars 1874. C’était sous la présidence et avec l’impulsion de Gabriel García Moreno, bête noire de la franc-maçonnerie internationale – notamment d’Allemagne, à l’instigation de Bismarck, et de plusieurs pays d’Amérique latine – qui aussitôt décidait de son élimination physique… La consécration fut faite conjointement par l’archevêque de Quito, Mgr José Ignacio Checa y Barba et Gabriel Garcia Moreno, en la capitale équatorienne, tandis que tous les évêques du pays en faisaient autant dans leurs cathédrales.
L’Equateur, le Sacré-Cœur et Gabriel Garcia Moreno
C’est à l’occasion de la consécration que ce grand président catholique décida de la construction à Quito, capitale de la République de l’Equateur, d’une grande basilique du Vœu national. Elle fut renouvelée en 2024 à l’occasion du Congrès eucharistique international de Quito.
Ayant eu vent de cette condamnation à mort, Garcia Moreno déclara : « Je crains Dieu, mais Dieu seul. Je pardonne de bon cœur à mes ennemis, je leur ferais du bien si je les connaissais et si j’en avais l’occasion », ajoutant, malgré la tristesse que cela lui causait, qu’il était « content d’être détesté et calomnie à cause de Dieu » et le serait plus encore s’il lui était accordé la grâce de verser son sang pour Celui qui, étant Dieu, avait voulu verser le sien pour nous sur la croix.
Garcia Moreno est mort en martyr. Le 5 août 1875, il apprit que l’attentat était programmé pour le lendemain. La Porte latine raconte :
« Il ne modifia rien de son programme quotidien très chargé puis, passa une partie de la nuit en prières. Le lendemain, 6 août, était à la fois le jour de la Transfiguration et premier vendredi du mois. Dès six heures du matin, selon son habitude, il se dirigeait vers l’église Saint-Dominique pour assister à la messe et recevoir la sainte communion. Les groupes des conjurés l’épiaient sur la place, mais ils n’osèrent rien faire à ce moment. A 13 heures, passant devant la cathédrale, Garcia Moreno y entra pour une adoration avant de se rendre au palais du gouvernement. Comme il s’y attardait, l’un des conjurés vint lui dire qu’on désirait lui parler au palais pour une affaire pressante ; il sortit donc. Arrivé à l’entrée du palais, Rayo qui le suivait le frappa d’un énorme coutelas, suivi aussitôt des coups portés par ses comparses, armes blanches et révolver. Rayo acheva le moribond en criant : “Meurs, bourreau de la liberté !” – “Dieu ne meurt pas !” furent les dernières paroles de Garcia Moreno. »











