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Cambadélis reconduit comme premier secrétaire du PS

Cambadélis reconduit comme premier secrétaire du PS
 
Les militants socialistes ont reconduit jeudi le trotskiste Jean-Christophe Cambadélis au poste de Premier secrétaire du PS, un scrutin qui légitime sa motion et la ligne politique de François Hollande et de Manuel Valls. Pour le changement, les Français attendront donc encore…
 
Avec quelque 70 % des voix, Jean-Christophe Cambadélis n’a donc laissé qu’un petit tiers des voix à la motion des frondeurs, emmenée par Christian Paul. Ce résultat est, somme toute logique, puisque la motion du patron du parti socialiste avait déjà rallié 60 % des suffrages lors du premier tour.
 

Cambadélis reconduit à la tête du PS

 
A la veille du congrès du parti, qui se tiendra à Poitiers du 5 au 7 juin, François Hollande semble donc conforté dans sa position de candidat naturel de la gauche – ou du moins des socialistes – à la prochaine élection présidentielle, ce qui le dispenserait de subir l’étape, toujours délicate après des mois de contestations et de résultats négatifs, d’une nouvelle primaire.
 
Confronté à une succession de revers politiques et diplomatiques, ce résultat est au moins une satisfaction, sinon pour le chef de l’Etat, du moins pour le candidat dont François Hollande a d’ores et déjà endossé les habits, notamment à l’occasion des discours tenus ces derniers jours.
 
François Hollande – comme Jean-Christophe Cambadélis d’ailleurs – devra néanmoins prendre garde à deux faits pour le moins significatifs.
 
Le premier consiste en la nécessité d’infléchir tout de même sa politique – même s’il prétend affirmer le contraire. D’une part, parce que la motion des frondeurs atteint tout de même aux alentours de 30 % des suffrages lors du scrutin qui a reconduit Cambadélis à la tête du PS. Et d’autre part, parce que Martine Aubry, qui lui a en définitive donné la victoire en se ralliant à la motion de la direction du parti, attend sans aucun doute que les engagements (qui ont forcément été pris à son égard à cette occasion) soient tenus.
 

Le premier secrétaire doit maintenant veiller au changement

 
D’ores et déjà, François Hollande et Manuel Valls ont laissé entendre, parfois à mots couverts, qu’il serait procédé, dans les semaines à venir, à des « ajustements ». Rue de Solférino, on estime, en tout état de cause, qu’il ne peut en être autrement sans remettre en cause la victoire remportée hier par le premier secrétaire. « Cambadélis va être obligé d’obtenir des victoires symboliques », y affirme-t-on.
 
Plus que symboliques même. Car le patron du PS sait qu’il lui faut travailler à un nouveau rassemblement de la gauche. Une opération délicate, compte-tenu des déceptions affichées tant par les écologistes que par le Front de gauche et le Parti communiste. Mais s’il n’y parvient pas, François Hollande peut dire adieu à tout espoir de réélection…
 
Il faut faire vite ! Le PS a exactement six mois pour renouer ces alliances avec les déçus du quinquennat. Très exactement jusqu’aux élections régionales des 6 et 13 décembre prochains. En cas d’échec lors de cette nouvelle échéance électorale, il est plus que douteux que les socialistes parviennent à faire mieux en 2017.
 

Une majorité de socialistes déçus

 
D’autant que, et c’est le second fait à prendre en considération, la victoire de Jean-Christophe Cambadélis pourrait n’être que passagère. En effet, c’est un peu moins de la moitié des 132.000 adhérents qui s’est déplacé pour nommer le premier secrétaire du parti.
 
Ce qui signifie que cette victoire sur laquelle tente de s’appuyer François Hollande repose en réalité sur des ressources très faibles. Au sein même du parti, les déçus sont toujours majoritaires. Si le changement n’arrive pas réellement maintenant, autant dire que l’union de la gauche en 2017 est jouée – et perdue… – d’avance.
 

François le Luc