fbpx

Le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis appelle les socialistes à la clarté

Cambadélis socialistes clarté

Jean-Christophe Cambadelis le 6 mars 2015 à Montpellier.


 
Le premier secrétaire du Parti socialiste a appelé vendredi l’ensemble des cadres du PS, ministres y compris, à se prononcer pour ou contre la candidature de François Hollande en 2017. Pour Jean-Christophe Cambadélis, en cette matière, les choses sont simples : les socialistes ont besoin de clarté.
 
« Le problème n’est pas de savoir si François Hollande est candidat ou pas, c’est de savoir si les dirigeants du Parti socialiste sont pour qu’il soit candidat ou pas. » En s’exprimant ainsi sur le plateau d’iTELE, Jean-Christophe Cambadélis a sans doute ramené, quoique involontairement, la primaire de gauche à son vrai niveau : celui de l’éventuelle succession de François Hollande par lui-même.
 

Jean-Christophe Cambadélis appelle les socialistes à la clarté

 
« Donc maintenant, a poursuivi le patron du PS, la question que je vais poser à chaque dirigeant du Parti socialiste c’est : “Etes-vous favorable à la candidature de François Hollande ?” (…) Il faut répondre à cette question, parce que si on est favorable, on se bat pour, on crée la dynamique pour, si on est défavorable, on peut se présenter devant les Français. »
 
« Il faut de la clarté maintenant », a-t-il ajouté.
 
Il est vrai que, en ce qui concerne la clarté, les socialistes ont du pain sur la planche. Mais, en s’exprimant ainsi, Jean-Christophe Cambadélis appuyé en réalité là où ça fait mal : la perte de popularité de l’actuel président de la République au sein même de son électorat naturel.
 
Il insiste d’ailleurs en dénonçant « ce jeu » à gauche « qui vise à faire comme si on était candidat tout en sachant qu’à la fin ça sera François Hollande ». « Ça abîme la totalité du dispositif de la gauche », affirme-t-il.
 
C’est le moins que l’on puisse dire. Mais en s’exprimant ainsi, le patron du PS rend inutile la primaire. Ou du moins semble-t-il la confisquer au profit final de François Hollande.
 
En effet, son discours veut explicitement faire la part des choses entre ceux qui sont pour une candidature de l’actuel président de la République, et ceux qui se présenteraient eux-mêmes. Qu’advient-il de la primaire dans ce nouveau schéma ?
 

Le patron du PS en bisbille avec les socialistes !

 
Le premier secrétaire du PS ajoute : « Nous faisons tout pour que cette primaire réussisse, mais enfin nous sommes un peu seuls dans le moment présent. » Si on le comprend bien, la réussite de la primaire consiste à ce que François Hollande soit candidat. Et que les autres se débrouillent…
 
La démarche n’a évidemment pas plu à un certain nombre de… socialistes. Le député frondeur Christian Paul l’a commentée assez vivement : « Cet appel intervient à un moment étrange, alors que le processus de discussion avec l’ensemble des organisations de gauche avance plutôt bien sur les règles et sur le calendrier. » De fait, une réunion a eu lieu jeudi entre des membres du PS, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste pour décider du calendrier à tenir pour cette éventuelle primaire. A quoi sert-elle si François Hollande doit être LE candidat ?
 
« Personne ne peut préempter le fait que François Hollande décide ou non d’y participer », déclare de son côté Marie-Noëlle Lienemann, sénateur de Paris, qui dénonce vivement la démarche de Jean-Christophe Cambadélis. « Il n’est pas le surveillant général pour savoir qui est apte à être président de la République ! », se moque-t-elle.
 
A ce rythme-là, François Hollande, qui n’a jamais vraiment réussi à être le président de tous les Français, risque de ne jamais plus être le candidat de tous les socialistes, et encore moins de toute la gauche…
 

François le Luc