Pour le cardinal Brandmüller, la synodalité est protestante

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Dans un texte publié par InfoCatolica, le cardinal allemand Walter Brandmüller relève qu’« au sens catholique classique, un synode est une assemblée d’évêques réunis pour l’exercice collégial de leur charge magistérielle et pastorale ». Il estime que « pour les organismes récemment créés qui, outre les évêques, regroupent des prêtres et des fidèles des deux sexes, appelés à représenter l’ensemble du peuple de Dieu », on ne devrait pas « parler de synode, puisque ni les prêtres ni les laïcs ne peuvent exercer le ministère magistériel et pastoral conféré uniquement aux évêques par le sacrement de l’ordre ».

Et de dénoncer : « Mais cela revient à introduire dans le monde catholique une forme de synode s’inspirant notamment du modèle protestant, dans lequel les membres sont élus démocratiquement parmi les pasteurs et parmi des hommes et des femmes issus des milieux professionnels et culturels les plus divers, tous jouissant des mêmes droits de parole et de vote. C’est Luther lui-même qui a formulé ces idées dans ses écrits polémiques de 1520. En niant catégoriquement que l’institution du sacrement de l’ordre remonte à Jésus-Christ, il affirmait que le baptême suffisait à faire de tout homme ou de toute femme un prêtre, un évêque et un pape. Il est évident qu’une telle conception de la synodalité est incompatible avec l’ecclésiologie catholique. »

Plus loin, le cardinal Brandmüller dénonce l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François, qui entend conférer aux conférences épiscopales « une certaine autorité doctrinale authentique ». Ces conférences épiscopales, qui « répondent à des modèles politiques », ont, depuis la fin du XIXe, remplacé les synodes traditionnels, ce qui « traduit la sécularisation croissante de la conception de l’Eglise », et « révèle un néo-arianisme ecclésiologique qui, sans nier explicitement le caractère surnaturel de l’Eglise, le relègue plus ou moins à un rôle secondaire, parce qu’il n’y voit plus qu’une simple entité sociale ».