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Cellules souches de l’embryon : la France aux premières loges

Cellules souches de l'embryon, une première en France
 
On a parlé d’une première mondiale. On a crié victoire dans certains media. La secrétaire d’État à la Recherche, Geneviève Fioraso, a elle-même salué cette « avancée prometteuse » qui « démontre une fois de plus le niveau d’excellence » de la recherche française – ou sa négation de l’être humain. Depuis la mi-janvier et les 25èmes Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie, le Pr Menasché n’en finit pas de passer dans les media. Pour justifier encore et toujours l’autorisation officielle – les équipes se contentaient jusque-là d’une officieuse – de juillet 2013, de la recherche sur l’embryon humain et sur les cellules souches qui le constituent.
 

Cellules souches d’embryon sur une insuffisante cardiaque

 
C’est sur une patiente atteinte d’insuffisance cardiaque que le professeur a réalisé en octobre dernier une greffe de cellules embryonnaires, en « patch ». « Pour cette greffe, nous avons utilisé des cellules souches embryonnaires humaines car elles sont capables de se transformer en n’importe quelle cellule de l’organisme. Ces cellules proviennent d’embryons conçus par fécondation in vitro, collectées en l’absence de projet parental (entre 5 et 6 jours après la fécondation) ».
 
Trois mois après, il observait un bon état de la patiente dont la partie abîmée du myocarde s’était remise à fonctionner. Il n’en fallait pas moins aux partisans de l’utilisation des embryons dits « surnuméraires »
 

Sans avancée réelle, la France persiste

 
Ce que les media ont moins précisé c’est que ces cellules souches embryonnaires ont été greffées lors d’un pontage coronaire et qu’il est difficile, voire impossible de distinguer leurs effets respectifs. Le professeur le confirme lui-même : « Il s’agit là d’un signal encourageant, mais il faut rester prudent car cette greffe a été réalisée en même temps qu’un pontage. Et on ne peut pas tirer de conclusions à partir d’un résultat obtenu chez un seul malade. »
 
En définitive, aucune preuve d’une thérapie cellulaire gagnante. Et qu’en est-il de la recherche sur les autres types de cellules souches, les « adultes » découvertes chez l’homme, il y a maintenant plus de quinze ans ? Des équipes de recherche japonaises nous ont appris ces dernières années que des cellules adultes spécialisées pouvaient être reprogrammées en cellules souches pluripotentes, les fameuses cellules iPS. En évacuant le risque d’apparition de cancer, lié à l’utilisation des cellules souches embryonnaires…
 
Le gouvernement japonais soutient activement ces recherches. En France, on continue avec les embryons. Certains parlent d’une « obstination » à la française dans cette volonté persistante de prouver, si ce n’est l’efficacité supérieure des cellules issues de l’embryon, au moins leur plus grande facilité d’utilisation. Quoiqu’il en soit, axer la recherche en ce sens, même si les autres sont moins avancées et plus coûteuses, est une prise de position qui fait évidemment fi de toute préoccupation éthique.