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Censure : l’OMS propose l’interdiction des films montrant tabac, cigarettes et acteurs en train de fumer aux moins de 18 ans

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Quelle indécence, nos vieux acteurs !


 
On peut tout montrer, au cinéma, sauf le tabac. L’Organisation mondiale de la santé propose d’interdire aux mineurs les films où l’on voit des scènes où les acteurs sont vus en train de fumer. La lutte contre le tabac, les cigarettes et autres engins du diable – mais de cette sorte uniquement – passe par cette censure, selon l’OMS qui qualifie le l’industrie cinématographique de « dernière frontière » à conquérir. Il paraît que c’est là que les moins de 18 ans acquièrent le vice du tabagisme.
 
Avec son rapport Smoke-Free Movies, publié ce lundi en anglais uniquement, l’OMS ne craint pas de se voir taxé de pudibonderie ou de promotion de l’ordre moral. Fumer, c’est mal. Montrer des gens qui fument (même des méchants ?), c’est donc très mal. Il faut cesser de donner un mauvais exemple à la jeunesse ! Il y a, en 2016, des comportements inacceptables dont nos aïeux du XXe siècle ne savaient pas protéger leurs enfants, victimes des prédateurs de l’industrie du tabac.
 

L’OMS veut l’interdiction des films avec cigarettes, tabac et fumée aux mineurs

 
Le Dr Douglas Bettcher dénonce « l’imagerie tabagique sans restriction » qui constitue une « promotion forte du tabac » auprès des enfants qui risquent ainsi de contracter une habitude susceptible de les conduire à « l’addiction, à la maladie et à la mort », rien moins. Il propose non seulement d’imposer un accès restreint à ces films mais de les assortir d’avertissements, étant donné que selon des études menées aux Etats-Unis « 37 % » des nouveaux fumeurs adolescents auraient contracté l’habitude après avoir vu « fumer à l’écran ».
 
Pire, en 2014, 44 % des films de Hollywood, et 36 % de ceux accessibles aux jeunes contenaient encore des scènes où les acteurs fumaient ; entre 2002 et 2914, 59 % des films affichant les plus gros chiffres d’affaires étaient également dans ce cas.
 
Parmi les mesures proposées, le rapport Smoke-Free Movies verrait bien la fin de toute subvention publique aux productions comportant des scènes où l’on voit des acteurs fumer.
 

La censure pour les moins de 18 ans porte sur le tabac – pas sur le reste !

 
Il ne pousse pas le ridicule jusqu’à interdire l’accès des jeunes aux films anciens – auxquels d’ailleurs ils ne s’intéressent guère, puisque « la plupart des films vieillissent vite » assurent les rédacteurs. On pourrait se contenter de labels et de mises en garde sur les DVD de films anciens, et appliquer les mêmes restrictions à la vidéo à la demande sur internet. Pour les personnes historiques, les scènes autorisées avec pipe, cigare ou cigarette seraient réservées à celles qui ont effectivement existé et qui effectivement, fumaient – comme Winston Churchill.
 
On ne peut qu’admirer une telle sollicitude pour la moralité, la santé et le bien-être des jeunes. Ceux d’entre eux qui échappent à l’avortement font l’objet de toutes les attentions… Ou non ? A quand des mises en garde contre le leitmotiv de tant de comédies qui leur sont destinées : quand on tombe amoureux, on couche ? A quand des restrictions qui prennent en compte l’effet incitatif à la violence, à l’activité sexuelle, au rejet de l’autorité paternelle ? A quand l’interdiction des films qui font la promotion de la magie ou qui ridiculisent la morale de papa ? Combien de jeunes ne contractent-ils pas des infections sexuellement transmissibles pour avoir voulu faire « comme au cinéma » ?
 
L’hypocrisie de cette traque réside en cela, précisément : dans la sélectivité d’un moralisme qui subsiste plus fort que jamais malgré le slogan soixante-huitard. Il est interdit d’interdire, sauf quand les pouvoirs publics en décident autrement.
 

Anne Dolhein