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Des chercheurs britanniques ont demandé la permission de modifier les gènes d’embryons humains

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Interdite dans le principe, la recherche qui passe par la modification du génome humain peut faire l’objet de dérogations sur avis de la HFEA (Human Fertilisation and Embryology Authority) britannique : celle-ci vient d’être saisie d’une première demande émanant du Francis Crick Institute. La chercheuse Kathy Niakan l’a présentée alors que des scientifiques chinois ont été fortement critiqués pour avoir – selon leurs dires – modifié l’ADN d’embryons humains.
 
La HFEA a confirmé avoir reçu cette demande et s’est engagée à l’étudier ; la presse britannique estime probable que l’autorisation sera donnée.
 
Kathy Niakan a publié un communiqué assurant qu’elle ne cherchait nullement à utiliser ces embryons à des fins de reproduction mais pour comprendre le développement normal d’un embryon humain, afin notamment de rechercher les causes des fausses couches et ainsi « aider » les femmes et les couples.
 

Modifier les gènes d’embryons humains : des chercheurs britanniques veulent se lancer dans cette recherche destructrice

 
Il n’y a aucun risque de voir cette recherche fondamentale « glisser » vers la modification génétique des êtres humains, a-t-elle assuré au Guardian, puisque la réglementation britannique est « très stricte », n’autorisant la recherche que pendant les 14 premiers jours de développement de l’embryon qui doit ensuite être détruit.
 
Cette recherche ne va pas sans difficultés pratiques : Kathy Niakan a ainsi souligné qu’il lui faudra peut-être beaucoup de temps avant de pouvoir lancer sa recherche car il lui faudra un nombre « suffisant » d’embryons surnuméraires transmis par des cliniques de fécondation in vitro. Autant de petites vies humaines soufflées à leur tout débuts : cette difficulté-là, d’ordre moral, n’est soulevée ni par la scientifique ni par la grande presse britannique.
 
Le procédé de modification du génome lui-même ne présente guère de difficulté, et il ne coûte pas cher. Crispr-Cas9, développé il y a trois ans à peine, permet d’apporter des changements très précis à l’ADN en activant ou en désactivant des gènes : son utilisation s’est développée « à une vitesse vertigineuse » parmi les chercheurs, selon The Guardian, qui souligne l’intérêt de ses applications, notamment pour corriger des gènes défectueux.
 

Kathy Niakan obtiendra probablement la permission de modifier les gènes d’embryons « surnuméraires »

 
Le quotidien britannique de gauche souligne cependant que nombre de scientifiques réclament un moratoire sur la manipulation génétique des embryons humains, y compris à des fins de recherche, parce qu’ils « craignent le retour de bâton de l’opinion publique qui pourrait aboutir à empêcher jusqu’aux utilisations les moins controversées de l’“édition” génétique, pourtant prometteuse en termes de recherche de nouvelles thérapies ». Pour l’heure, on ne connaît pas les risques et dangers de telles utilisations.
 
L’une des possibilités les plus inquiétantes concerne la modification génétique des cellules reproductrices. Et puisque cela est possible, il faut bien envisager que cela se fera quelque part – avec ou contre la loi.
 

Anne Dolhein