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La Chine veut renforcer ses liens avec le Zimbabwe et promouvoir l’intégration africaine

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A la veille de sa première visite d’Etat au Zimbabwe, le président Xi Jinping a publié une tribune dans un journal de la place, The Herald, pour dire sa volonté de renforcer les liens de la Chine avec le pays et avec d’autres « nations amies » d’Afrique, qualifiant ces relations de « pierre d’angle » de la politique étrangère chinoise. En renforçant les liens de la Chine avec le continent africain, le président Xi s’inscrit dans la continuité de l’œuvre du parti communiste chinois qui a cherché de longue date à assurer son approvisionnement en matières premières et à étendre sa zone d’influence par sa présence en Afrique noire. Par ces liens, la Chine veut clairement promouvoir l’intégration africaine.
 
Aussi Xi Jinping évoque-t-il une « amitié traditionnelle » entre la Chine et le Zimbabwe, qui a résisté aux vicissitudes du temps « depuis 35 ans ». Avec Robert Mugabe, le président chinois espère ouvrir une nouvelle ère de liens renforcés à la fois sur le plan commercial et industriel et dans le champ des relations internationales.
 

Xi Jinping et Robert Mugabe, rapprochés par les liens « traditionnels » entre la Chine et le Zimbabwe

 
Robert Mugabe, 91 ans, règne sur le Zimbabwe depuis la mise à l’écart violente d’Ian Smith qui avait pourtant le soutien d’une bonne part de la population noire de ce qui était encore la Rhodésie. Devait s’ensuivre une période de violences et de génocide où périrent des dizaines de milliers de Ndebele et une période de tyrannie au cours de laquelle les fermiers blancs du pays furent brutalement chassés – avant d’être timidement invités cette année à revenir, pour quelques-uns d’entre eux, histoire de faire fonctionner les exploitations d’« importance stratégique ». Le départ des Blancs avait été suivi d’une période de famine…
 
En février, Mugabe, soutenu à la fois par Pyongyang et Pékin, a pris la tête de l’Union africaine où son arrivée a été saluée par Ban Ki-moon avec d’autant plus d’enthousiasme qu’il est favorable à une plus grande intégration africaine et à la lutte contre le réchauffement climatique.
 
Il y a un peu plus d’un mois, Robert Mugabe recevait de la part de la Chine le « prix Confucius de la paix » qui se veut une alternative au prix Nobel : Vladimir Poutine et Fidel Castro l’ont précédé dans cet honneur, en 2010 et en 2014 respectivement.
 
On comprend mieux dès lors l’empressement de Xi Jinping qui s’est dit heureux de pouvoir mener des discussions approfondies avec son homologue zimbabwéen. Comme l’explique Liu Haifang, directeur des études africaines à l’université de Pékin, la Chine « a aidé, à travers son gouvernement et ses hommes d’affaires, à stabiliser l’économie du Zimbabwe dans le contexte des sanctions occidentales ».
 

Des liens renforcés entre la Chine et l’Afrique au service de l’intégration mondialiste

 
La Chine soutient « fermement » les efforts du Zimbabwe en vue de sauvegarder sa souveraineté nationale, sa sécurité et son développement à travers « un chemin » qui soit conforme à ses conditions nationales, a précisé Xi Jinping, qui veut voir la Chine et le Zimbabwe coopérer en vue de défendre les « droits et intérêts légitimes des pays en voie de développement ».
 
La démarche du président chinois ne se limite pas aux relations avec le Zimbabwe ni même avec d’autres Etats africains pris individuellement. Xi présidera de mercredi à samedi le Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC) à Johannesburg en Afrique du Sud, donnant ainsi une dimension continentale au rapprochement.
 
Liu Haifang a assuré que la Chine n’y recherchait pas une « position dominante », puisque l’Afrique du Sud – sous la coupe d’un gouvernement de coalition entre l’ANC et le parti communiste sud-africain – a pris l’initiative de la rencontre et en a fixé l’ordre du jour… Il a cependant souligné l’aspect symbolique de la tenue du Forum, assurant que la Chine continuera de promouvoir l’« intégration régionale » en Afrique.
 
Voilà qui s’inscrit parfaitement dans les grandes tendances mondiales – ou plutôt, mondialistes.
 

Anne Dolhein