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Bernard Beauzamy, le mathématicien qui conteste les calculs sur les particules fines et la circulation alternée

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Le professeur Bernard Beauzamy, qui dirige la Société de Calcul mathématique, bureau d’étude d’aide à la décision, critique frontalement la modélisation des pollutions aux particules en région parisienne et la campagne contre l’augmentation des taux de particules fines supposées issues des moteurs à explosion. Il conteste les mesures qui en découlent, en particulier la circulation alternée et la fermeture des voies sur berges, ces axes de circulation créés dans les années 1970 le long de la Seine.
 
Certes, admet le mathématicien, « Les particules fines, à forte concentration, peuvent être nocives pour la santé ». Il rectifie tout de suite : « Mais l’atmosphère ordinaire comporte habituellement des particules de toute taille, sans que l’homme n’y soit pour rien : action du vent sur les sols, feux divers, en particulier. L’homme s’en accommode fort bien. » Selon lui, « L’origine naturelle des particules n’a jamais été prise en considération par la Mairie de Paris, qui considère d’office que c’est l’automobile la coupable. »
 
Les autorités franciliennes utilisent, pour mesurer les concentrations de particules fines, une série de capteurs qui fournissent des relevés eux-mêmes modélisés par un logiciel, Aria Impact, qui en déduit une carte des concentrations. Bernard Beauzamy met en cause la validité de cette modélisation. « En 2012, à la demande de la Mairie de Paris, nous avons procédé à une analyse critique du logiciel », explique-t-il, poursuivant : « Notre conclusion a été formelle : ce logiciel souffre de tels biais méthodologiques qu’il ne peut en aucune façon servir d’appui à la décision publique. »
 

Le mathématicien Bernard Beauzamy conteste la circulation alternée

 
Il insiste sur le fait que les données sur lesquelles s’appuient la Mairie de Paris et l’association Airparif, chargée du contrôle de la qualité de l’air en région Ile-de-France, « ne sont pas publiques et n’ont jamais fait l’objet d’une analyse critique. » « Le processus de décision est non-fondé scientifiquement et absolument contestable sur le plan juridique », affirme Bernard Beauzamy.
 
L’enjeu est de taille. La région Ile-de-France compte 11,9 millions d’habitants soit près de 1.000 habitants au kilomètre-carré. La ville de Paris, avec 21.154 habitants au km2 affiche une des plus fortes densités humaines au monde après Kowloon (38.000 h/km2) ou Manhattan (27.800 h/km2) mais loin devant Londres (5.518 h/km2). La ville de Paris et sa proche banlieue disposent d’un réseau de transports publics ferroviaires – non polluants – parmi les plus denses au monde et appelé à être encore densifié, en particulier avec le projet du Grand Paris Express.
 

Le calcul de la concentration de particules fines contesté

 
Pour Bernard Beauzamy, qui ne nie pas dans son communiqué que le moteur à explosion, diesel en particulier, émette des particules fines, la contestation porte sur leur concentration et leur circulation : « Les particules viennent de très loin et circulent au gré des vents. Il n’y a aucune indication permettant de penser que des restrictions de circulation dans Paris ou la banlieue en réduiront la concentration. » Ces jours derniers, la circulation alternée a aussi été imposée à Lyon. Pour le scientifique, qui estime que « nous n’avons aucun problème de santé publique lié à l’environnement » et que la France « est l’un des pays au monde où l’on vit le plus vieux », « les décisions prises par la Mairie de Paris : interdire la circulation à certains véhicules, ou en certains lieux (comme les voies sur berge) sont de nature dogmatique et entièrement dépourvues de fondement scientifique. » Notons que la ville de Paris affiche une surface réduite de 105 km2, soit deux fois et demie inférieure à celle de Marseille (240 km2), ce qui rend la mesure d’autant plus contestable, au vu de la volatilité des particules.
 
Bernard Beauzamy est connu pour contester les positions du GIEC sur le climat. « Il est légitime de dire que le climat du globe n’est pas convenablement connu et encore moins la concentration en CO2 », déclarait-il sur le site kernews en octobre 2013, dénonçant le monopole du GIEC sur les questions climatiques. Le mathématicien estime que les monomanies scientifiques constituent des substituts religieux, dans une époque qui prétend nier Dieu.
 

Matthieu Lenoir