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Climat : l’Université de Delft montre que le nombre d’inondations reste stable, démentant l’Académie européenne des sciences

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Les prédictions alarmistes sur le climat promettent une hausse des épisodes météorologiques violents, en particulier des inondations. Selon une récente étude scientifique, il apparaît pourtant que ces dernières étaient plus destructrices autrefois. Le nombre de décès et le coût global liés aux précipitations majeures en Europe a diminué depuis les années 1950, indique une équipe de scientifiques de l’Université technologique de Delft aux Pays-Bas, pays particulièrement concerné par la question. Ces chercheurs ont établi que le nombre annuel de crues dévastatrices en Europe durant cette période de quelque soixante années est demeuré stable malgré les effets supposés des évolutions du climat. Le nombre de décès qui leur sont liés a chuté de 5 % par an depuis les années 1950 et les pertes financières de 3 %. Ces données contredisent l’alarmisme de l’Académie européenne des sciences dans un rapport publié en 2013.
 

L’équipe de l’Université de Delft analyse pourquoi les inondations sont moins dévastatrices

 
C’est la première fois qu’une équipe universitaire analyse la totalité des données concernant les inondations en Europe. Selon ces chercheurs, l’amélioration du taux de survivants et la baisse du coût global des crues dévastatrices serait corrélé à l’exode rural qui a vu les villes, mieux protégées que les villages, se développer aux dépens des campagnes. Les habitations modernes seraient plus résistantes que les anciennes et les digues ont été significativement améliorées depuis six décennies. L’invention de l’hélicoptère et les moteurs à explosion ont aussi facilité l’évacuation des populations durant les épisodes catastrophiques. Selon le responsable de l’équipe de l’Université de Delft, Dominik Paprotny, « la chute de la mortalité peut être liée à une meilleure information, avec le développement des prévisions météorologiques et les systèmes de prévisions avancées ». Il évoque aussi « les meilleurs systèmes d’évacuation et de secours » ou « la création d’organismes de gestion des crues » et bien sûr « l’augmentation du taux de population urbaine », les villes étant « mieux protégées que les zones rurales ».
 

La fréquence des inondations reste stable, montrent les chercheurs de l’Université de Delft

 
Or parallèlement la fréquence des épisodes d’inondations reste stable. Pour leur étude, les chercheurs ont superposé des données des 1.564 crues dévastatrices survenues en 150 ans (1870-2016), aux distributions et à la richesse des populations de 37 pays d’Europe sur la même période. Dans un premier temps, les chercheurs ont relevé que si à la fin du XIXe siècle on recensait en moyenne trois grandes crues annuelles, ce nombre atteignait une vingtaine au début du XXIe siècle.
 
Mais cette évolution supposée est faussée par le fait que les inondations de moyenne amplitude étaient peu répertoriées jusqu’aux années 1950. Après avoir ajusté leurs données, les chercheurs de l’Université technologique de Delft ont donc pu établir que la fréquence des crues extrêmes avait au contraire baissé au cours du XXe siècle, et ce en dépit du supposé « réchauffement global ».
 
« L’augmentation de la fréquence des inondations et de leurs conséquences est une impression due au manque d’informations sur les pertes liées aux épisodes jusqu’aux dernières décennies », explique Dominik Paprotny, car « plus on remonte loin dans le passé, moins les données sont complètes, surtout sur les épisodes d’importance moyenne ». Prudent, le chercheur ajoute que si le « réchauffement global » a accru certains risques d’inondations, il en a réduit d’autres, tels que les dégels soudains.
 

L’Académie européenne des sciences, alarmiste sur le climat

 
Cette étude vient relativiser, pour le moins, les recommandations alarmistes émises en 2013 par le Conseil consultatif de l’Académie européenne des sciences dans le cadre de la « protection des populations contre le changement climatique ». Ce Conseil prônait de travailler sur la modélisation des effets du réchauffement global sur les épisodes extrêmes, affirmait que les vagues de chaleur pourraient avoir des effets considérables et prônait de pousser leur étude. Il demandait que les protections contre les inondations et les alertes soient améliorées et que soit mieux étudié le « réchauffement » pour définir « une stratégie robuste et flexible d’adaptation au changement climatique », débouchant sur des politiques publiques adéquates. L’étude de l’Université de Delft devrait modérer ces emportements.
 

Matthieu Lenoir